‹ La biologie cellulaireChapitre 126 sur 152 · CONSTITUTION CHIMIQUE DU NOYAU · texte numérisé non relu

CONSTITUTION CHIMIQUE DU NOYAU

Littérature.

T. Hartig : Ueber das Derfahren bei Behandlung des Zellkerns mit Farbstoffen, et : Die Functionen des Zellkerns; Bot. Zeit., 1854; •pms. : Entwickel. der Pflan^^en^elle, i855, ibidem. — W. Flemming : Beitrâge ^ur Kenntniss d. Zelle; Archiv f. mikr. Anat., 1879, 1880 et 1881. — Miescher : Ueber d. chem. Zusammey\set\iing der Eiter:^ellen ; Hoppe-Seyler, med. chem Unters., 1871, Heft 4,

— Le même : Die Spermato:{oén einig. Wirbelthiere; Verhandl. d. nat. Gesellsch. zu Basel, t. VI, 1874, Heft, i. — F. Hoppe-Seyler : Physiologische Chemie, p. 84. — Voir aussi sa Zeitschrift f. pfiys. Chemie, où l'on trouvera plusieurs travaux sur la nucléine. — Kossel : Untersuch. iiber die Nucleine u. ihre Spaltungsproducte, Strassburg, 1881. — E. Zacharias : Ueber die chem. ^eschaff. d. Zellkerns, Bot. Zeit., 1881, p. 169. — Le même : Ueber die Spermato^^oîden , Ibid., p. 827, 846.

— Le même : Ueber den Zellkern , Bot. Zeit, 1882, pp. 611, 627, 65i. Cet article donne l'historique de la biochimie du noyau et la bibliographie concernant la nucléine, p. 642. — Le même : Ueber Eiweiss, Nuclein iind Plastin; Bot. Zeit., i883, i3.

Nous savons déjà que le noyau, loin d'être une masse homogène, est formé de plusieurs parties distinctes : la membrane , la portion protoplasmatique dans laquelle on distingue un reticulum et unjnchylema, et le boyau ou filament nucléinien, fig. 50, 51 et suivantes.

Ces divers éléments ont une constitution chimique déterminée.

I . La membrane et le reticulum protoplasmatique du noyau se rapprochent par leurs caractères des éléments correspondants du protoplasme cel^aire. Ils sont formés d une substance analogu* sinon identique, à la plastine de Reinke. Cette substance est insoluble dans l'eau , l'alcool et l'éther , dans le chlorure de sodium au iqc et dans l'acide chlorhydrique dilué à I — 3 pour 1000; en outre elle est difficilement attaquable à froid par les bases et les acides forts, ainsi que par la pepsine et le suc digestif artificiel. Néanmoins il faut dire, qu'avec le temps, la membrane elle-même finit souvent par disparaître sous l'influence prolongée des réactifs, spécialement du suc

Fig. 50. - Gr. : L, 2.

Cellule d'un jeune embryon d'Hydrophthis piceus.

me : membrane cellulaire.

pc : protoplasme.

mn : membrane du noyau.

bn : boyau nucléinien avec son gros filament strié, plongé dans un plasma finement granuleux.

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Fig. 51. — Gr. : D, 1.

Cellule de la glande génitale larvaire d'une mouche parasite sur la lan'e du

Liparis dispar.

m : membrane cellulaire,

pr : reticulum plasmatique. On a représenté trois genres de réseau, pris sur trois

cellules différentes. 7. : enchylema remplissant les mailles du réseau, représenté à part. n : noyau.

mn : membrane du noyau.

pn : plasma du noyau avec reticulum et enchylema.

bn : boyau de nucléine continu, bosselé, pelotonné, à circonvolutions très nombreuses (on en a omis quelques-unes pour plus de clarté).

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gastrique et de l'acide chlorydrique concentré. Il faut distinguer du reste, sous ce rapport, entre les noyaux jeunes et les noyaux plus âgés. Lorsqu'une cellule se divise activement, les noyaux sont à peine ébauchés qu'ils entrent de nouveau en division. La membrane peut difficilement se fixer dans ces conditions; elle disparaît avec la partie plasmatique, ou- devient insaisissable après l'action des dissolvants ordinaires des albuminoïdes. Nous pouvons citer comme exemples les noyaux des spermatoblastes et ceux des jeunes cellules des embryons. Mais il n'en est plus de même lorsqu'on expérimente sur des noyaux plus anciens : par exemple, sur les noyaux des parenchymes végétaux, des glandes salivaires et des tubes de Malpighi des insectes, et sur ceux des œufs. Ici le reticulum et la membrane présentent tous les caractères de la plastine. Après une digestion de 12 heures, si l'on enlève la nucléine par l'acide chlorhydrique, on peut constater qu'ils se sont maintenus, fig. 51, pn et mn. Du reste on sait depuis longtemps que la membrane nucléaire persiste dans les tissus végétaux mis a macérer pendant plusieurs semaines. Kleinen- BERG (') a fait observer que la membrane du noyau de l'œuf de l'hydre présente tous les caractères d'une espèce d'élastine ou de chitine, tant elle est réfractaire vis-à-vis des réactifs,

II. Uenchylema renferme beaucoup d'eau tenant en dissolution des albuminoïdes, et en suspension des granules de nature diverse. Nous y avons trouvé des globules graisseux dans les noctiluques, les insectes, les crustacés, etc. Dans les gros noyaux des insectes et ceux des œufs, où la portion protoplasmatique est considérable, on peut constater facilement que l'enchylème disparaît par la digestion artificielle et l'action du chlorure de sodium au lo^ : il se comporte donc comme Yenchylema cellulaire. Nous réserverons les détails pour le chapitre suivant dont le second article sera consacré à l'étude du cavyoplasma.

III. L'élément caractéristique du noyau, au point de vue chimique comme au point 'de vue organique, c'est le boyau nucléinien fig. 51, bn. Il renferme en eflfet un corps chimique spécial, la nucléine.

1° La nucléine, nous l'avons vu, p. i85, a été découverte par Miescher, en 187 1, dans les globules du pus, et, un peu plus tard , dans les spermatozoïdes de divers

Fig. 52. — Gr. : DD, 1.

Cellule d'un tube de Malpighi de la chrysalide d'un hyménoptere .

m : membrane d'une cellule dont le protoplasme a été enlevé par l'aiguille.

p : protoplasme dont Yenchylema est chargé de granules bruns, produits de la désassimilation.

;i ; boyau nucléinien, nettement strié, et plongé dans un plasma peu apparent.

(') Kleinenberg, Hydra. Eine anat.-entwick. Untersuc/i .; 1872.

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animaux. Ce chimiste distinguait une nucléine soluble et une nucléine insoluble dans les alcalis dilués. Nous allons parler de la nucléine soluble, la seconde n'étant peut-être, comme le fait obserser Zacha- RiAS (') , qu'un corps analogue à la plastine de Reinke, dérivant des membranes des noyaux et des débris insolubles des cellules qu'il employait pour extraire la nucléine. Du reste Miescher lui-même a signalé une certaine ressemblance entre sa nucléine insoluble et les substances élastiques. Mais il se peut aussi que la nucléine soluble se transforme en nucléine insoluble sous diverses influences (^).

^. , . , . , La nucléine soluble, extraite des

tinu a circonvolutions lâches . . . , . . ,,

et peu nombreuses, ^1^^"^' J^^^^ propriétés suivantes. Elle

p : protoplasme. , se gonfle dans l'eau sans s'y dissoudre

/■ ; granules bleus contenant pro- sensiblement ; elle est insoluble dans l'albablement de l'indigo. cool et l'éther. Les alcalis et l'ammoniaque,

même très dilués, la gonflent et la dissolvent totalement. Les sels alcalins la gonflent aussi, et plusieurs, le carbonate potassique et le phosphate bisodique en particulier, finissent par la dissoudre. La nucléine forme une masse gélatineuse en présence du chlorure de sodium au lo^. Les acides dilués ne l'attaquent point , les acides concentrés , spécialement l'acide chlorydrique, l'enlèvent entièrement. Elle ne se digère pas. Pour le reste elle présente les caractères des albuminoîdes vis-à-vis de l'iode , du réactif de Millon, et même de l'acide nitrique, au moins à chaud. Suivant Zacharias ('), l'élément nucléinien se colorerait en bleu, par l'action successive d'une solution diluée de ferrocyanure de potassium et de perchlorure de fer, à la façon des albuminoîdes. Il nous a semblé plutôt que le boyau de nucléine demeure incolore au milieu des albuminoîdes bleuis de l'enchylème nucléaire.

2° La nucléine in situ dans les noyaux vivants jouit de toutes les propriétés que nous venons de mentionner ; seulement, d'après les recherches microchimiques de Zacharias, — recherches qui n'ont malheureusement porté que sur un petit nombre de noyaux — , elle présente les deux particularités que voici : elle se dissout dans le chlorure de sodium au io<=, et elle paraît se digérer en partie. Ces deux faits sont de nature à suggérer l'idée que la nucléine existe dans le noyau à l'état de nucléoalhmine{*), sorte de combinaison de la nucléine avec les substances protéiques.

(1) Zacharias, Bot. Zeit., 1882, p. 648 et suiv.

(2) Voir p. 210, 3".

(3) Zacharias, Bot. Zeit., i883, p. 209-212.

(•*) Voir Plôsz, Ueber die eiweissart. Subst. der Leber^^elle ; Pflûger's Archiv, 1873.

Fig. 53. — Gr. : DD, 1.

Cellules épithéliales de l'intestin de la larve de l'Eristalis tenax.

n : noyau muni d'un boyau con-

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