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DU NOYAU

Ces composés sont en effet solubles dans le sel marin et, en présence du suc digestif, ils se scindent, l'albumine est digérée et la nucléine reste seule comme résidu.

La réaction franchement acide de la nucléine avait du reste été constatée par MiESCHER ; ce chimiste a trouvé que dans la laitance du saumon la nucléine est combinée avec un corps azoté qu'il appelait protamine.

Nous devons faire quelques réserves au sujet des observations précédentes. Un certain nombre d'expériences nous donnent lieu de penser que le sel marin ne dissout pas toujours la nucléine des noyaux vivants. Ainsi dans les cellules testiculaires du cloporte et dans les cellules épithéliales de plusieurs insectes, tenues en expérience pendant quatre jours, le boyau nucléinien n'existe plus comme tel, il est vrai, mais il est remplacé par une masse amorphe , remplissant tout le noyau gonflé, et se colorant encore inten-

Fig. 55. — Gr. : DD, 2.

Tissu graisseux d'une chrysalide de muscide.

p : protoplasme.

bn : noyau muni d'un boyau régulier et finement strié.

h', h" : diverses étapes de la formation des enclaves graisseuses.

sèment par le vert de méthyle. D'un autre côté, après une digestion artificielle prolongée , le boyau des mêmes cellules ne paraît nullement désagrégé; il se montre au contraire aussi continu et aussi homogène qu'à l'état frais, fig. 41, pourvu qu'on ait opéré avec les précautions voulues pour ne pas modifier son état naturel. Il importe d'ailleurs assez peu, semble-t-il, que la nucléine soit libre ou combinée avec une autre substance du noyau.

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CHIMIE DU NOYAU

3° A la suite du durcissement opéré à l'aide des acides fixateurs, la nucléine seiuble subir peu à peu de profondes modifications, tout en conservant l'intégrité de sa forme filamenteuse : elle devient, pour ainsi dire, insoluble dans l'ammoniaque; la potasse, le phosphate sodique, etc.; seul, l'acide chlorhydrique la gonfle et la dissout encore, quoique difficilement. C'est ainsi qu'en traitant par la potasse ou l'ammoniaque, des lambeaux de tissus, pris sur des lai-ves de Salamandm maculata durcies depuis deux ans, on voit tous leurs éléments se fondre et disparaître en mettant les noyaux et les figures caryocinétiques en liberté. A part

les globules sanguins et les cellules pigmentaires, c'est le boyau nucléinien qui se maintient le plus longtemps sous l'influence de ces réactifs, bien que ces derniers le dissolvent si facilement pendant la vie. La nucléine soluble se seraitelle transformée, dans ces conditions, en nucléine insoluble? Il se peut. Quoi qu'il en soit, ce fait prouve une fois de plus la nécessité de recourir à des matériaux frais dans l'étude du noyau (').

4° La substance caractéristique du noyau a une grande affinité pour les matières colorantes : les anilines , les carmins , l'hématoxyline, etc. Cette propriété remarquée d'abord par Hartig (^), a été utilisée depuis par tous les micrographes pour distinguer le noyau à l'intérieur des cellules et pour en débrouiller la structure. Nous avons signalé à plusieurs reprises, p. 114, 144 à 148, le vert de méthyle comme méritant à tous égards la préférence pour remplir ce double but.

5° Il est de la plus haute importance de se rappeler, en faisant l'étude du noyau, les principales propriétés de la nucléine."

a) On comprend maintenant pourquoi nous avons tant insisté dans la technique sur la nécessité d'éviter l'emploi des sels alcalins, des bichromates et de la liqueur de Mùller, dans les opérations du durcissement; ainsi que l'emploi du sel marin ou des liqueurs qui en contiennent, et des réactifs renfermant des traces d'ammoniaque et d'alcali, dans le traitement des préparations fraîches, qui sont faites dans le but d'élucider la constitution intime du noyau : si ces réactifs ne dissolvent pas la nucléine ils la gonflent et la modifient profondément dans son aspect et dans son

Fig. 56. — Gr. : D, 1.

Jeune trachée à'asticot.

la cuticule externe vue de face.

la même en coupe optique, protoplasme des cellules, noyaux de ces cellules avec un boyau irrégulier, bosselé, strié et plongé dans un plasma évident.

ci : cuticule interne avec la spirale trachéenne.

ce

ce' P

(1) Voir ci-dessus, p. i56 et iSy.

(2) Consulter le Tableau des réactifs, p, 91.

ANATOMIE DU NOYAU 211

état normal. La nucléine étant acide et insoluble dans les acides dilués , c'est à ces derniers qu'il faudra toujours recourir pour la confection de semblables préparations. C'est là, du reste, une déduction que l'expérience confirme de plus en plus

b) L'observation précédente s'applique également aux réactifs colorants du noyau. On évitera soigneusement tous les carmins ammoniacaux pour ne se servir que de liqueurs acides : on ajoutera i à 2 % d'acide acétique glacial au vert de méthyle, à la safranine, au violet de gentiane, au brun Bismark, à la nigrosine, etc., etc.

c) La propriété que présente la nucléine fraîche, ou fixée sur l'heure, de se dissoudre dans l'eau alcalinisée et dans les acides concentrés est précieuse pour le micrographe. C'est grâce à elle qu'il peut contrôler l'action des liquides colorants sur les divers éléments du noyau ; qu'il constate, en particulier, si ses liquides agissent exclusivement sur la nucléine, comme le vert de méthyle, ou s'ils teignent également les nucléoles, la membrane, les substances albuminoïdes, comme les carmins et surtout la safranine. En outre, sans enlever la nucléine par un de ses dissolvants, il se trouve presque toujouie dans l'impossibilité de pénétrer la structure intérieure du noyau, les circonvolutions nombreuses du filament nucléinien venant masquer ses autres parties constituantes. On aurait sans doute élucidé depuis longtemps plusieurs questions encore pendantes, si l'on était entré plus tôt dans cette voie.

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