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PROTOPLASME NUCLÉAIRE
3° Nucléoles plasmatiqnes.
C'est ici le lieu de parler de ces productions que avons déjà mentionnées plusieurs fois.
Nous savons que les auteurs ont confondu sous la dénomination de nucléoles les corps les plus disparates, p, 2o3.
Chemin faisant, nous en avons déjà rencontré de deux espèces :
a) Des nucléoles micléiniens , qui sont eux-mêmes de plusieurs sortes. Tantôt ce sont des sphérules libres, dérivant de la scission du boyau nucléinien, comme dans les œufs (taches de Wagner), p. 223; tantôt se sont de simples épaississements, ou des nœuds, formés aux points de croisement des circonvolutions ordinaires de ce boyau, p. 219.
b) Des nucléoles-noyaux, ou noyaux en miniature, renfermant tous les éléments du noyau normal, p. 236 et 237.
Il nous reste à parler d'une troisième catégorie de nucléoles , de ceux-là mêmes que nous nommons nucléoles plasmatiques, pour rappeler leur origine et leur nature. Ces corps sont en effet bien différents des nucléoles précédents, car il ne renferment pas de nucléine ('). Ils sont formés exclusivement de substances protéïques. Le réactif de Hartig leur imprime une coloration bleue, qui ne le cède guère en intensité à celle que prennent les corps amylogènes, dans les mêmes circonstances. On peut s'en convaincre, en traitant les jeunes organes des végétaux par le ferrocyanure de potassium et le perchlorure de fer (^). La digestion artificielle, le chlorure de sodium au 10^, les alcalis dilués, et en général les dissolvants des albuminoïdes , leur enlèvent une certaine portion de leur masse , et alors ils ne bleuissent plus par le réactif précédent. Le résidu, nettement réticulé, se montre identique avec la plastine du réseau plasmatique du noyau. Ainsi , les nucléoles plasmatique sont formés d'un reticulum renfermant dans ses mailles un enchylema protéîque, à la façon dont le reticulum des globules rouges
Fig. H3. — Gr.
Cellule parenchymateuse du Phajits grandifoUus.
boyau nucléinien continu, deux nucléoles plasmatiques, non colorés par le vert de méthyle. On remarquera la membrane du noyau.
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(') C'est l'emploi de certaines matières colorantes, telles que la safranine, etc. et leur application exclusive sur des matériaux durcis, qui a fait prendre ces corps pour des sphérules de nucléine. Voir p, 242.
(2) Zacharias : Ueber Eiweiss, Niiclein und Plastin; Bot. Zeit., i883. — Nous avons suivi dans nos recherches les indications fournies par ce savant.
NUCLÉOLES PLASMATIQUES
■rin
Fig. 114. — Gr. : L, 1.
oArcella vulgaris (rhizopode).
m : la membrane vue en coupe optique.
rm : la membrane vue de face, avec son reticulum. p : protoplasme renfermant de nombreux granules irréguliers, xg, la plupart formés de carbonate calcique. detal : inclusions : diatomées et algues vertes.
)i : Les trois noyaux portant un filament pelotonné vu en coupe optique ; au milieu de chacun d'eux brille un gros nucléole plasmatique.
des mammifères renferme l'hémoglobine, et celui des corps chlorophylliens , la chlorophylle et diverses autres substances. Il nous a semblé que la quantité de plastine renfermée dans les nucléoles augmente avec l'âge : on dirait que les albuminoïdes, que le réseau renfermait primitivement, s'y transforment peu à peu en cette substance. Dans ces conditions , on pourrait dire avec Zach ARIAS qu'ils ne sont plus que des sphérules de
plastine.
Les nucléoles plasmatiques se rencontrent communément dans les •noyaux de tous les tissus. On les trouve également dans les protoorganismes, fig. 114, 96 et 135.
Les corps dont nous parlons sont une dépendance de la portion plasmatique du noyau ; toutes leurs réactions le prouvent. Ils n'ont donc aucun rapport avec l'élément nucléinien. Aussi est-ce sans fondement que Strasburger (') les considère comme des imcleomicrosoma qui ont grandi, et qui ont fini par sortir du boyau nucléinien.
Nous avons toujours trouvé les nucléoles plasmatiques libres et indépendants du boyau de nucléine, même dans les insectes. Balbiani(*) a vu, chez les Chiyonomus, le boyau implanté par ses extrémités dans les nucléoles ; mais ce savant ne s'est-il pas trouvé en présence d'une exception, peut-être même d'un accident de préparation ?
Quoi qu'il en soit, ces corps constituent une sorte de réserve du plasma nucléaire. De même que le protoplasme utilise ses dépôts , le noyau utilise ses nucléoles. Il les utilise en particulier au moment
(') Strasburger : Ucbei- den Thciluugsvovg. d. Zcllkcrns, etc. ; yVrchiv f. mik. Anat,, 1882, p. 570, etc.
(2) Balbiani : Zool. Anz.; 1881, n'" 99 et 100.
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de la division, car ils disparaissent alors, tôt ou tard, pour concourir avec les autres éléments plasmatiques du noyau à l'établissement du fuseau nucléaire. Ensuite leur nombre est indéterminé et changeant Ici, on en trouve un ou deux, là, dix et plus. Ils varient numériquement, d'une cellule à l'autre, dans un même organe, fig. 34 et 35, p. igo; et d'une époque à lautre, dans une même cellule. On les voit disparaître pour se reformer ensuite en nombre variable. Ils font même souvent totalement défaut. Tous ces caractères concordent avec le rôle de réserve plasmatiqiie qu'on doit leur attribuer.