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L APPAREILS A DESSINER. — DESSINS MICROSCOPIQUES

I. Les appareils à dessiner sont désignés sous le nom de chambres clair es (^).

Les systèmes de chambres claires, imaginés par les constructeurs de microscopes, sont nombreux. Le prisme de Nachet et la chambre claire Abbe nous paraissent être les plus simples et les meilleurs de ces appareils.

1° Prisme de Nachet.

Ce petit instrument, fig. 19, se compose de deux prismes sertis dans une monture métallique, et disposés de manière à ce que l'œil qui regarde par le trou de la monture, puisse voir à la fois le papier, le crayon et l'objet à dessiner. En effet, les rayons émanant du papier et du crayon sont réflé-

(') M. J. Thoulet, Contrib. à l'étude des prop. phys. et chim. des miner, microsc. p. 17, donne une méthode relativement facile. — Bertrand en décrit deux autres dans les Compt. rend., décembre 1877 II a construit aussi un microscope pétrologique très perfectionné, qui permet de prendre toutes les mesures avec une grande précision. (Bertrand, directeur du Comptoir minéralogique , rue de Tournon , Paris).

(*) Voir les ouvrages cités p. 65.

(^) On peut lire dans Chevalier : Conseils aux artistes et aux amateurs sur l'application de la Chambre claire à l'art du dessin, Paris i838, les premiers essais de WoLLASTON, de Bate, d'Ainicx et de Chevalier sur l'application de ces instruments au microscope.

Fig. 19.

Chambre claire de Nachet.

chis par l'un des prismes et amenés en coïncidence avec les rayons émis par l'objet. Il est donc facile de tracer les contours et les détails de ce dernier, sans regarder directement ni la main, ni le crayon.

L'installation du prisme de Nachet est des plus faciles. Après avoir enlevé l'oculaire, on fait glisser l'anneau de la monture sur le tube du microscope ; on replace l'oculaire et on amène le trou de la monture dans l'axe de l'instrument. On dispose ensuite le papier à dessiner sur un pupitre incliné, placé à droite du microscope èt à la hauteur de la platine. Quelques tâtonnements suffisent pour donner au prisme la position la plus convenable pour l'exécution du dessin.

Une chose importante, lorsqu'on se sert de cet instrument, c'est de régler l'éclairage de l'objet et du papier, de façon à ce que l'image de l'un n'absorbe pas celle de l'autre, par un excès d'éclat. A l'aide de la main, d'une feuille de papier, d'un livre, d'un verre coloré servant d'écran , on établit facilement l'équilibre dans les intensités lumineuses.

Cette chambre claire est excellente et permet de dessiner, sans trop de difficulté, sous ^es plus forts grossissements.

2° Chambre claire Abbe.

Le professeur Abbe vient de faire construire par M. Zeiss une petite chambre claire dont le maniement est plus facile encore, et qui est également très bonne; fig. 20.

Fig. 20.

Chambre claire du professeur Abbe.

Le papier à dessiner est placé sur une surface horizontale à la hauteur de la platine, dans la direction 52- Les rayons émis par le papier et le crayon, réfléchis d'abord par le miroir, Sp , sont renvoyés vers le prisme, W, où ils subissent, sur une surface argentée, une seconde réflexion qui les transmet à l'œil situé en 0. L'œil perçoit directement l'image du microscope par une ouverture circulaire pratiquée dans le miroir d'argent

t Cet appareil vient coiffer l'oculaire; on le fixe à l'aide de la vis de gauche. Il suffit de donner au miroir, Sp, l'inclinaison voulue pour pouvoir dessiner. Deux petites lamelles de verre enfumé, qui sont

nortées par la monture du prisme, permettent de régler, en un clin d'œil, l'intensité lumineuse des images du papier et de l'objet. Bien que cet appareil soit spécialement ajusté pour l'oculaire 2, on s en sert encore très bien avec l'oculaire 4. En employant l'oculaire 2, cet appareil l'emporte évidemment sur le prisme de Nachet, par la netteté et l'éclat des images. Un de ses avantages est de laisser la tête libre dans ses mouvements pendant la confection du dessin, et d écarter ainsi la fatigue qui est inhérente à tout travail soutenu avec la chambre claire précédente.

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