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II. Des dessins microscopiques

Après l'installation de la chambre claire, on procède à la confection du dessin ('). A cet effet il est nécessaire de se servir d'un papier à pâte fine, parfaitement lisse, et d'un crayon très dùr. Le papier Bristol et les crayons HHH de la maison Faber conviennent parfaitement. Le crayon doit être taillé à biseau long et effilé, et porter une pointe très fine C), car il s'agit de reproduire des détails d'une grande délicatesse.

On dessine à la chambre claire tout ce qui peut être dessiné de cette façon ; puis on achève le dessin, toujours incomplet et tremblé, à main levée, en regardant au microscope. Pour tracer certains détails et donner les coups de force, on se sert d'un crayon plus tendre et plus noir. Si l'on désire faire à la plume la mise au net du dessin, on se servira de préférence des plumes anglaises à bec fin qui se montent sur une hampe spéciale.

Nous regardons comme peu utile, nous allions dire nuisible, en biologie cellulaire, de recourir à l'estompe, au pinceau et aux couleurs à l'eau.

On ne peut se dispenser de noter, au bas du dessin, le grossissement sous lequel il a été exécuté.

Or, on indique ce grossissement de plusieurs manières :

Il s'indique directement par la notation suivante : gr = 400 fois ;

ou, gr = -^^; ou encore, gr = 400 diamètres.

Aujourd'hui, on préfère marquer le grossissement d'une manière indirecte, en spécifiant l'oculaire et l'objectif employés, et en notant le nom de leur constructeur. On dit, par exemple, gr = obj D, ocul. 2, (Zeiss). C'est cette dernière notation que nous avons adoptée.

Pour éviter les redites, nous dirons donc dès maintenant que nous nous sommes servi exclusivement, pour la confection de nos dessins, des instruments de C. Zeiss, et que nous désignons les objectifs et les oculaires par les lettres et les chiffres de son cata-

(') Nous n'avons à parler ici que des dessins cytologiques,

(2) Pour obtenir une pointe effilée , on la frotte légèrement à plat contre du

papier de verre, OOO ; ou, à son défaut, contre du papier ordinaire à grains

rugueux.

logue. Ainsi, la notation gr : DD, 1, signifie que la figure a été dessinée au microscope de Zeiss armé de l'objectif DD et de l'oculaire 1,

Le grossissement d'un dessin dépend non seulement des systèmes optiques que l'on a employés, mais de la distance à laquelle on la exécuté. Pour rendre ses dessins comparables, il faut au moins que le micrographe les prenne tous à la même distance de l'oculaire. Pour cela, on a l'habitude de placer le papier sur lequel on dessine à la hauteur de la platine. Dans les instruments de Zeiss, cette hauteur, prise verticalement, est de i8 centimètres environ. Pour d'autres instruments, cette hauteur est différente. Il devient donc nécessaire, de ce chef encore, d'indiquer le nom du constructeur du mimicroscope dont on se sert , si l'on veut rendre ses dessins comparables avec ceux des autres micrographes.

Il y a encore une donnée dont il faut tenir compte. L'amplification de l'image et , par concomitance, du dessin dépend aussi de la distance â laquelle on dessine, à partir de la platine. Évidemment, un dessin pris contre la platine sera moins grand que celui qui est exécuté à lo centimètres plus loin. Nous avons pris tous nos dessins le plus près possible de la table du microscope.

Une dernière observation trouvera ici sa place naturelle. Le punctim proximum d'accommodation, comme l'a démontré Ch. Robin ('), n'est pas le même pour l'œil nu, et pour l'œil armé d'une lentille, pour l'œil qui regarde au microscope, par exemple. Ce punctum proximum varie même avec les divers systèmes optiques qu'on emploie. Toujours, il est plus rapproché quand on se sert d'une lentille; en outre, il est d'autant plus rapproché que l'objectif dont on se sert est plus faible. Conséquemment, la dimension réelle de l'image, vue au microscope, est plus petite que celle de la figure qu'on en prend à i8 — 22 centimètres. Avec notre objectif AA et l'oculaire 1, nous devrions dessiner à 10,7 centimètres pour que le dessin ait les mêmes dimensions que l'image du microscope. Avec l'objectif F et l'oculaire 1, nous devrions dessiner à 16,7 centimètres, c'est-à-dire beaucoup plus bas, à peu près au niveau de la platine. Si l'on voulait donner aux dessins les dimensions exactes de l'image du microscope, il faudrait se servir d'un pupitre qu'on élèverait ou abaisserait à volonté, suivant les systèmes employés. Pratiquement, personne ne le fait : on se contente de prendre les dessins au niveau de la platine. Il faut se souvenir qu'ils sont, en réalité, beaucoup trop grands.

Nous reviendrons sur les dessins microscopiques au livre III.

(1) Traité du Microscope, a"" édition, 1877, pp. i35 et suiv.

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