III. Ustensiles
Les travaux micrographiques nécessitent l'emploi d'une foule d'ustensiles et d'appareils accessoires. Nous ne saurions les énumérer tous. Dans maintes circonstances on devra soi-même en construire de nouveaux, suivant les observations et les expériences que l'on entreprend. « Un observateur patient et minutieux, dit très judicieusement M. Chevalier ('), n'est pas embarrassé, quand il lui manque un de ces riens qui assurent souvent la réussite des expériences, et à l'aide de quelques outils usuels il a bien vite construit le petit appareil qui lui est utile. » Il convient néanmoins d'indiquer les plus indispensables aux débutants.
A, Verroterie.
Parlons d'abord des accessoires en verre, tout-à-fait nécessaires.
76X26 mm.
Fig. 23.
Il en est qui sont
Telles sont en premier lieu : les lames ou porte-objets et les lamelles ou couvre-objets.
Les premières sont en verre à glace très pur, à faces parallèles et parfaitement polies.
Leur épaisseur varie de I à 2 mm. On leur donne divers formats : le meilleur est le format anglais 76X26 mm., fig. 23. Il se vendent tout faits, chez les opticiens, au prix de 5 fr. le cent.
Les couvre-objets, fig.
24, sont destinés, comme leur nom l'indique, à recouvrir la préparation avant de l'examiner. Ces verres sont très minces : de 0,2 à 0,1 mm. d'épaisseur. Il en existe de beaucoup plus
21 mm.
18 mm.
i5 mm.
Fig. 24.
minces encore pour les objectifs à court foyer. Leurs dimensions en surface varient beaucoup. Il est prudent de se servir de lamelles assez larges, de 18 mm. de côté par exemple. Les couvre-objets coûtent de 3 à 6 fr. le cent.
(') L'étudiant micrographe, 3" édition, p. i58.
Outre ces lames et lamelles, on doit se munir de verres de montre de différents diamètres, mais assez profonds, et de petits baquets en verre peu élevés ; ils servent à maintenir les préparations dans l'eau, l'alcool, les matières colorantes, les réactifs, etc. On les utilise aussi pour opérer certaines réactions à la lampe à alcool, et pour installer les cultures que l'on veut suivre sous le microscope. Les tubes à essai rendent des services analogues dans d'autres circonstances ; on ne peut s'en passer.
On doit avoir aussi sous la main un certain nombre de cloches en verre, petites et grandes, pour recouvrir les préparations et les préserver de la poussière.
Ces cloches se transforment d'ailleurs facilement en chambres humides qui sont de première nécessité. A cet effet, on prend une soucoupe en porcelaine ou en verre, une assiette large, etc., dont le fond est recouvert d'une mince couche d'eau. On y dresse une étagère propre à recevoir un certain nombre de préparations, et qu'on recouvre d'une cloche qui baigne dans le liquide. Par ce moyen, l'air intérieur demeure constamment saturé de vapeur d'eau et les préparations ou les cultures sur porte-objets peuvent y être laissées à l'abri de la dessiccation et des corps étrangers aussi longtemps qu'on le désire. Nous ne connaissons pas de meilleur système de chambre humide que celui qui est réalisé par cette disposition si simple.
Au besoin , ces chambres humides peuvent se transformer en chambres sèches. Il suffit pour cela d'enlever l'eau et de déposer sous la cloche un baquet renfermant du chlorure de calcium ou un autre corps déshydratant.
Il est parfois indispensable d'observer les objets dans une atmosphère saturée. A cet effet, chacun peut se construire un petit appareil , sur le modèle de celui de Recklinghausen (') : une lame de verre assez large sur laquelle on installe la préparation, un anneau en verre de 4 à 5 centimètres de diamètre qu'on dépose sur cette lame, de façon à ce que la préparation en occupe le centre; une bourse en caoutchouc ou en taffetas imperméable, qu'on fixe, à l'aide d'un cordon, sur l'anneau d'une part et sur le nez de l'objectif de l'autre, telle est l'installation complète.
Quelques verres coniques, à fond très étroit, sont souvent utiles. Les corps que l'on y précipite s'accumulent sur un point restreint, où il est plus facile de les saisir avec la pipette.
Les pipettes en verre, à bec fin, sont nécessaires pour puiser les petits êtres qui vivent dans l'eau; les pipettes à large ouverture servent à humer les coupes qui ont été déposées dans un liquide et à les transporter, sans les blesser, sur le porte-objets.
On a souvent besoin, dans les recherches de cytologie, de tenir à sa disposition des protozoaires et des protophytes, ainsi que de petits
(1) Voir Frey, Das dMikroskop, 7» éd., p. 65; — et Ranvier, 1. c, p. 43-