AQUARIUMS. CELLULES
animaux aquatiques. Ces petits êtres se cultivent facilement. Tout le monde connaît les infusions. On fait une décoction de foin, de courge, de navet, etc., qu'on place dans une cuvette en verre exposée à une température suffisante. Au bout de quelques jours les organismes les plus divers y pullulent ('). Mais, abstraction faite des infusoires, on peut cultiver aussi nne foule d'êtres inférieurs dans les mêmes conditions. Le meilleur moyen de réussir est de les transporter au laboratoire, dans l'eau même où ils vivaient en liberté, et de les déposer dans de grandes cuvettes en verre , qui remplacent très bien les aquariums plus coûteux f). A mesure que l'eau s'évapore on la remplace par de l'eau puisée au même endroit. Ces petits êtres sont pour la plupart fort capricieux, ou plutôt fort délicats, et la moindre modification qui survient dans leur milieu les fait disparaître sans retour. C'est une pratique excellente que celle qui consiste à placer dans les vases une ou deux plantes aquatiques qui végètent naturellement dans les eaux où les animaux ont été trouvés ; elles empêchent la putréfaction et elles leur servent de support ou de nourriture. Les lemna , ou lentilles d'eau , répandues en petite quantité à la surface des bocaux, nous ont toujours donné de bons résultats.
On nomme cellules des cadres appliqués sur le porte-objets, à l'effet d'y circonscrire une cavité plus ou moins profonde que le couvreobjets achève de clore entièrement. Ces cadres se font en caoutchouc, en gutta-percha, en verre, etc. Aujourd'hui on n'emploie plus que les cellules en verre. On en trouve, chez les opticiens, de toutes les profondeurs. On les colle, à l'aide de la glu marine ('), sur le porteobjets placé sur une plaque métallique chaude.
On peut aussi, à l'exemple de Goadby, fabriquer des cellules, au moyen de porte-objets. On les perce de part en part de trous de diverses grandeurs, et l'on colle une lamelle mince de chaque côte des trous. Les porte-objets présentant de simples dépressions circulaires d'une certaine profondeur remplissent le même but. Enfin, lorsqu'il s'agit de cellules peu profondes, il suffit pour les obtenir de tracer sur le porte-objets avec le pinceau un cadre de baume du Canada, de bitume dissous dans l'essence de thérébenthine, de gomme laque dissoute dans le naphte, — liquid glue des anglais , — de glu marine, de blanc de plomb ou de zinc préparé à l'huile, etc.
Ces cellules diverses ont un double usage. D'abord elles servent à inclure hermétiquement, sans les presser ni les déformer, les objets et les coupes que l'on veut conserver indéfiniment soit à sec,
(') Voir les ouvrages qui traitent des Infusoires.
(■2) M. WiLLiQUET, rue de l'Étuve, Bruxelles, fabrique des cuvettes en verre d'une seule pièce, et ayant jusqu'à 3o et 60 centim. de diamètre et 3o centim. de hauteur, au prix de 5 à 10 francs.
(3) Mélange en parties égales de gomme laque et de caoutchouc dissous dans la benzine.
soit dans un liquide conservateur approprié ('). En second Heu on les utilise, comme les verres de montre et les petits baquets en verre, pour les cultures sur porte-objets. Ce mode de culture est souvent nécessaire, tantôt pour observer les micro-organismes ou les cellules des autres êtres, pendant leur vie , tantôt pour suivre le développement des œufs et des jeunes embryons, des grains de pollen, des spores de champignons, des zoospores, des infusoires enkystés, etc., etc.
B. Objets divers.
Un mot encore sur les divers ustensiles qui doivent figurer dans le laboratoire. Un des plus indispensables est la lampe à alcool. Elle doit être accompagnée de quelques trépieds en fer, portant des anneaux de différents diamètres, destinés à recevoir les capsules en porcelaine et les verres de montre, dont on se sert pour soumettre les liquides à l'action de la chaleur. Il est bon aussi de -posséder une plaque métallique qu'on pose sur l'anneau, lorsqu'on veut chauffer les préparations et les objets qu'on ne peut déposer dans les capsules.
On ne pourrait noi? plus se passer d'un bain-ntarie. Dans une foule de circonstances il est nécessaire de soumettre les préparations à une température déterminée, constante ou variable. Nous croyons inutile de décrire cet appareil. Le micrographe aura soin de se le faire construire de façon à ce qu'il réponde aux exigences particulières de ses travaux. Il est de toute nécessité qu'il puisse être maintenu à une température constante; il faut aussi qu'il puisse recevoir à la fois un certains nombre de préparations, et qu'il permette d'interdire tout accès à la vapeur d'eau dans la chambre où l'on dessèche les objets et les coupes. Le modèle décrit par Withman réalise bien ces conditions ("2).
Une des choses les plus importantes pour le cytologiste c'est de posséder de bons instruments de dissection. Il a besoin d'aiguilles fines, de pinces droites et courbes, à bec uni; il a besoin surtout d'instruments tranchants minces et délicats : ciseaux droits et courbes, scalpels de toute forme, tous bien acérés. Le petit ciseau à majiche et à ressort, lui est des plus indispensables. Pour rendre les services, qu'on en attend ces objets doivent être faits sur ordre ou sur modèle, par un habile fabricant d'instruments de chirurgie (•').
Les dissections se font généralement dans de petites cuvettes^ en zinc, en porcelaine ou en verre, dont le fond est garni d'une épaisse couche de cire noircie avec du noir de fumée pour fane mieux ressortir les objets. Ces cuvettes doivent avoir peu de profondeur : la dissection est alors plus facile et plus sûre. Elles ne
(1) Voir plus loin, Livre IL .
(2) O Withman, dans Pelletan Journal de Micrographie, ife83 p. 192. ^
(3) M. GEORGES Clasen, rue de l'Hôpital, 34, Bruxelles, nous en fabrique d irreprochables.