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I06 PRÉPARATION ÉLOIGNÉE

mous et tendres, il pénètre difficilement à l'intérieur des tissus. Heureusement, on a trouvé le moyen de le rendre plus osmotique en le mélangeant avec l'acide chromique, l'acide picrique, la liqueur de RiPART et Petit, dont nous parlerons bientôt, et en général avec un autre fixateur. Nous le mélangeons en dissolution très diluée, I pour 5oo à I pour looo, avec presque tous les liquides que nous employons pour fixer et durcir nos pièces.

Dans la liqueur de Kleinenberg, il est nécessaire de remplacer l'acide sulfurique par l'acide nitrique, lorsque les objets renferment de la chaux ou des corps qui en contiennent ; le sulfate de calcium, étant insoluble, se dépose dans la trame des tissus sous la forme de cristaux de gypse, tandis que le nitrate calcique reste dissous. Il en est de même lorsque les cellules sont gorgées d'enclaves albuminoïdes, comme il s'en présente fréquemment dans les œufs. A part ces cas exceptionnels, il vaut mieux se servir de l'acide picro-sulfurique, parce qu'il s'enlève beaucoup plus facilement et plus complètement des préparations. Nous avons déjà fait observer que les réactifs mercuriques rendent les objectifs très cassants dans l'alcool. Il faut donc avoir soin de ne pas tarder i à les enrober dans la paraffine, de façon à ce qu'on n'ait plus qu'à y pratiquer des coupes à loisir. Notons encore qu'on doit se garder de toucher aux objets ainsi traités, avec des instruments en fer. On les dissèque avec des aiguilles en platine, avec des piquants de porc-épic, de cactus, etc. ou avec des plumes d'oie finement taillées.

Ajoutons encore une remarque importante. Les réactifs bichromiques, la liqueur de Mùller surtout, ne peuvent jamais servir pour l'étude du noyau cellulaire. Il faut savoir en effet que les sels alcalins gonflent et dissolvent , ou du moins altèrent considérablement la nucléine et, par conséquent, la structure du boyau nucléinien (') et du noyau lui-même.

Nous avons dit plus haut, qu'au lieu d'immerger les objets dans les réactifs fixateurs, on pouvait aussi y introduire directement ces derniers. On use à cet effet d'une pipette en verre, terminée par une boule en caoutchouc, ou de la seringue de Pravaz. Pour se servir de la pipette, on ouvre l'animal et on chasse le liquide, en comprimant la pomme en caoutchouc, sur les organes qu'on veut fixer. L'usage de la seringue de Pravaz est connu. Il est facile d'injecter un invertébré à l'aide de cet instrument. On le pique sous la peau et on appuie lentement sur le piston : grâce au système lacunaire, le réactif finit par pénétrer dans tout l'animal. Il est bon cependant de répéter l'opération à un ou deux endroits différents. On se sert aussi de ce procédé pour fixer sur place certains tissus, spécialement les tissus musculaire et nerveux, dans les animaux supérieurs : nous verrons, dans la suite, plusieurs exemples de ce genre de fixation sur les animaux vivants.

(1) Voir plus loin : Étude du noyau.

DES MATÉRIAUX

§ IL Coloration des objets.

La préparation éloignée des matériaux ne se borne pas toujours à leur fixation et à leur conservation. Dans certains cas, en effet on les colore in gloho avant de les employer. Il nous reste donc à donner quelques indications générales sur ce sujet.

On colore parfois des objets entiers avant d'en faire des préparations par dissociation. Nous verrons plus loin que la solution de vert de méthyle peut s'employer de cette manière. Toutefois, dans ce cas, le vert de méthyle est un agent fixateur délicat, autant quun moyen de coloration.

Ce procédé s'applique surtout aux objets que l'on se propose d'enrober dans la paraffine, afin d'y pratiquer des coupes.

L'objet que l'on veut colorer dans son intégrité est plongé dans la solution colorante, qui doit le recouvrir entièrement. Le temps que doit durer cette immersion varie d'après le volume et la nature des objets, et aussi d'après la nature de la solution colorante. Les solutions alcooliques pénètrent les objets beaucoup plus vite que les solutions aqueuses.

Il est beaucoup d'objets qui ne sont jamais pénétrés complètement par la matière colorante, à moins d'avoir été divisés en fragments. Plus ceux-ci seront petits, plus l'imprégnation sera rapide et complète. C'est le cas pour certains tissus compacts et certains objets dont les membranes, chitineuses et autres, opposent aux matières colorantes une barrière infranchissable. C'est alors surtout qu'il est utile d'employer les matières colorantes en solutions alcooliques, qui diffusent plus facilement.

Lorsqu'on veut éviter de découper l'objet, on favorise l'imprégnation par des incisions ou des ponctions pratiquées dans les tuniques imperméables : le liquide pénètre alors directement dans les cavités internes. Il sera parfois utile d'injecter le réactif au moyen de la seringue de Pravaz.

En général, on ne colore un objet qu'après l'avoir soumis à l'action d'un agent fixateur. Si cet agent a été la chaleur, on peut colorer l'objet en le plongeant directement dans la matière colorante, sans autres précautions que celles que nous venons d'indiquer. Mais après l'action des autres fixateurs, il est nécessaire de laver d'abord l'objet à grande eau, pour enlever jusqu'à la dernière trace de ces corps. A cet effet on le plonge dans un large vase plein d'eau que l'on a soin de renouveler de temps en temps. L'irrigation continue est aussi un bon moyen d'arriver au même but. Un objet sortant de l'alcool devra être lavé à l'eau distillée, avant d'être plongé dans une solution aqueuse de matière colorante. L'emploi des solutions alcooliques ne nécessite pas cette dernière opération.

Les solutions aqueuses, employées pour la coloration d'objets entiers, sont : les divers carmins , certaines couleurs d'aniline , le

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