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I04 PRÉPARATION ÉLOIGNÉE

4° Fixation directe par les réactifs. — Les méthodes qui précèdent ne peuvent s'appliquer qu'aux objets de petite dimension. Pour fixer ceux qui sont plus volumineux, on les traite directement par un réactif dont on les arrose, ou dans lequel on les plonge, ou bien enfin qu'on introduit à leur intérieur, par injection. Au fond, ces procédés sont identiques; ils le sont d'autant plus qu'ils emploient les mêmes fixateurs. Ces fixateurs sont : l'acide osmique, l'acide chromique et ses dérivés, les liquides picriques, ceux qui sont à base de bichlorure de mercure.

On utilise ces réactifs aux doses suivantes. L'acide osmique se prend de i pour loo à i pour 5oo et même à i pour looo. Nous avons coutume de l'employer à la dose de i pour 200, cette dose nous paraissant la plus appropriée à la généralité des objets. La solution d'acide chromique doit être faible, de i pour 400 à i pour 1000. Merkel , dans la liqueur qui est connue sous son nom , ajoute à l'acide chromique une égale quantité d'une dissolution de chlorure de platine, faite à la même dose (i pour 400).

Au lieu d'employer l'acide chromique , on se sert souvent de bichromate de potassium , ou d'amrnonium et de la liqueur de Mûl- LER , dont le premier forme la base. On emploie la dissolution de bichromate à la dose de 2 à 5 pour 100.

L'acide picrique. est utilisé en solution aqueuse, saturée à froid. Mais il est bien préférable , en cytologie du moins , d'user d'acide picrique mélangé avec l'acide sulfurique ou avec l'acide nitrique. Le premier mélange constitue , comme nous le savons , la liqueur de Kleinenberg. Avant de s'en servir on dilue cette liqueur de trois fois son volume d'eau.

Quant au bichlorure de mercure il est appliqué de diverses manières : d'abord en solution saturée dans l'eau, ensuite en solution aqueuse, additionnée d'un peu d'acide acétique ou de sel marin, d'après les formules du docteur Lang ('), formules que nous avons quelques peu modifiées pour notre usage (*). Enfin, on peut aussi employer le bichlorure en solution saturée, mélangée avec la liqueur de Kleinenberg seule, ou additionnée d'acide acétique à la dose de 2 à 4 pour 100.

La préparation des pièces que l'on veut fixer est fort facile. Lorsqu'on a affaire à de petits animaux, on peut les laisser dans leur intégrité. Mais en général, comme on n'a pas besoin de grosses pièces en cytologie, on les dissèque pour en enlever ce qui est utile, et même, lorsque les tissus sont volumineux, on débite ceilx-ci en petits rnorceaux dans le but de faciliter l'imprégnation. Il est bon aussi parfois, surtout lorsqu'on traite des animaux à carapace ou à cuticule épaisse et chitineuse, d'y donner quelques coups de scalpel ou de

(') Lang, Zool. Au^. 1876 et. 1878.

(2) Voir, plus haut, le tableau des réactifs, n» 64.

DES MATÉRIAUX

les ouvrir pour faciliter l'introduction des réactifs, particulièrement

de l'acide osmique. , >

Il est assez difficile de fixer la dt^rée du temps nécessaire à l'imprégnation : elle dépend du réactif qu'on met en œuvre, mais surtout de la nature et du volume des pièces. Ce temps varie de quelques minutes à plusieurs heures et plusieurs semâmes. La règle générale qui doit nous guider est la suivante : il faut enlever les objets aussitôt qu'ils sont imprégnés. Quand les objets sont petits, mous et délicats, à cellules jeunes, comme dans les- embiyons, les larves du premier âge, etc., lo à 20 minutes suffisent amplement. Pour les objets plus âgés ou plus volumineux, il faut plus de temps : on les laisse dans le réactif de i à 6 heures, parfois jusqu'à 10 heures. Il n'y a d'exception que pour les bichromates et la liqueur de Muller. Ces réactifs agissent avec une lenteur extrême ; plusieurs semaines sont nécessaires pour obtenir un durcissement complet, du moins lorsque les pièces ont un certain volume.

Il faut se laisser guider, ici, avant tout par l'expérience personnelle : quelques tâtonnements sont toujours nécessaires pour arriver à laperfection. Cette remarque a d'autant plus de valeur que les mdi cations données par les auteurs sont loin de pouvoir être généralisées , comme on est porté à le faire trop souvent; habituellement elles ne sont strictement valables que pour l'objet qu'ils ont étudié. Nous ne connaissons qu'un seul moyen pratique de constater l'imprégnation; c'est de sacrifier l'une ou l'autre pièce en la coupant en quatre. Il est assez facile alors de voir sur les sections fraîches si le réactif a pénétré jusqu'au centre.

Lorsque l'imprégnation est achevée, on procède à la mise en conservation. Le liquide dont on se sert à cet effet est presque toujours l'alcool éthylique. Mais il y a quelques précautions à prendre pour réussir. D'abord, abstraction faite des objets traités par les réactifs picriques, il est toujours nécessaire de laver à grande eau — eau distillée — les pièces, au sortir du bain fixateur, pour enlever l'excès du réactif. Cette précaution est surtout indispensable pour les objets qui ont été traités par les réactifs chromiques, sans cela les colorations ultérieures seraient rendues difficiles. On est souvent obligé de laver pendant 24 heures les pièces durcies. Nous avons dit que les réactifs picriques faisaient exception. En effet, d'abord ils fixent sans durcir notablement : les lavages à l'eau ne pourraient donc que détériorer les objets; ensuite l'alcool enlève facilement l'excédant de ces réactifs.

Après que les objets ont été purifiés par les lavages prolongés, on les transporte dans l'alcool, faible d'abord, 40° à So», puis moyen, 60° à 70°, et enfin dans l'alcool fort, de 92° à gS». Les pièces picriques sont placées en premier lieu , avec beaucoup de précaution , dans l'alcool à 70°, et ensuite dans l'alcool fort ou dans l'alcool absolu.

Il y a encore quelques observations à faire sur ces différents réactifs. On sait que l'acide osmique est peu diffusible. A part les objets

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