III. Préparation â l'aide de la dissociation
Les opérations qui précèdent ne sont pas toujours praticables pour soumettre les cellules vivantes à l'observation. On recourt alors à un autre moyen , à la dissociation proprement dite.
La dissociation se fait de diverses manières , suivant les objets ; ici encore, chacun doit faire son apprentissage et inventer de nouveaux moyens pour réussir.
Les organes parenchymateux massifs, comme le foie et les glandes en général, se dissocient facilement : on en détache un fragment qu'on malaxe sous le pinceau en appuyant le moins possible ; après quelques instants on trouve une quantité de cellules isolées. On choisit pour l'observation celles qui n'ont reçu aucune lésion.
Pour dissocier le tissu graisseux , celui des insectes surtout , et le tissu conjonctif des animaux , il suffit d'en étaler une portion avec les aiguilles en opérant à sec sur le porte-objets. Les cellules se collent au verre et ne peuvent plus revenir à leur position première ; ce qui se ferait si l'on dissociait sous l'eau , à cause de l'élasticité de ces tissus.
Cette dessiccation à sec réussit également bien pour le tissu nerveux frais, tandis qu'il est détestable pour les fibres musculaires.
On empêche la dissociation des cellules, chose très importante, en les humectant constamment avec l'haleine pendant toute la durée de l'opération.
Lorsqu'il s'agit de dissocier des éléments disposés parallèlement les uns aux autres, les cellules nerveuses, les cellules musculaires, etc., on opère à un bout en écartant les fibres une à une et d'un côté seulement, pendant que la main gauche maintient l'objet fixe. La
A l'aide d'objets vivants ii3 méthode de Ranvier, (') consistant à débiter l'objet en deux, puis en quatre portions, etc., nous paraît peu recommandable , car, lorsque les fragments deviennent petits, on ne peut plus les dissocier sans léser les cellules.
IV. Préparation des objets vivants à l'aide des coupes minces.
Les coupes minces nous fournissent un dernier moyen d'exécuter les préparations microscopiques dans les objets vivants. Ce mode est malheureusement d'une application fort restreinte en zoologie. Les tissus animaux, mous et délicats, sont difficilement débités en lames minces et transparentes, à l'aide du rasoir. Il n'y a guère que les cartilages et certains tissus conjonctifs qui fassent exception. A la rigueur, une main exercée pourrait réussir aussi sur certains parenchymes massifs, comme le foie. Ces sortes de coupes sont utiles dans les cas particuliers où l'on veut vérifier un détail sur le vivant , chose qui peut très bien se faire sur des coupes imparfaites.
Dans le règne végétal, il en est tout autrement. La solidité des tissus, permet d'exécuter d'excellentes coupes sur les organes les plus délicats. Aussi, est-ce à ce procédé qu'on a habituellement recours pour observer les cellules végétales en vie. Nous donnerons, dans quelques instants, la manière d'exécuter ces coupes minces.