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ÉDUCATION DE L'ŒIL DU MICROGRAPHE

Il y a quelque chose de plus insaisissable encore à l'homme que l'infini de la distance : c'est l'infini de la petitesse. Plus merveilleux que le télescope lui-même, le microscope est aussi beaucoup plus difficile à manier. Les causes ordinaires d'erreur s'y compliquent d'une foule d'autres; plus loin il étend notre vue; plus grand il rend aussi le danger des illusisions et la difficulté de leurs corrections.

Pour bien voir au microscope il faut s'exercer beaucoup. S'il est vrai, comme le dit Is. G. S.vlnt-Hilaire, qu'il y a déjà si peu d'hommes qui voient bien de leurs yeux, même lorsqu'ils ont développé en eux, par une longue habitude, le sens de l'observation, à plus forte raison doit-il en être ainsi pour ceux dont l'œil est armé du microscope. Mais cela est surtout vrai pour ceux qui s'adonnent aux études cytologiques. D'abord tout ce qui frappe leurs regards est

VISION MONOCULAIRE

inconnu; ils n'ont jamais vu ces objets, ils n'ont même jamais rien vu dans le monde visible qu'ils puissent comparer avec ce monde nouveau. A chaque pas ils rencontrent de nouvelles figures, tout aussi inconnues, tout aussi étranges que les premières; et ce qui complique singulièrement leur situation, c'est qu'ils ne peuvent rec^arder ces nouveaux personnages que d'un œil et pour ainsi dire pièce par pièce, sans pouvoir jamais les saisir dans leur totalité à la fois. Le micrographe doit donc faire à nouveau l'éducation de son œil, et pour cela il faut qu'il prenne du temps et qu'il se donne de la peine.

ARTICLE PREMIER

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