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VISION MONOCULAIRE. - COUPES OPTIQUES

Parmi les difEcultés qu'il doit vaincre il en est deux qui attirent tout d'abord son attention : ce sont la vision monoculaire et la vision en coupes optiqties successives.

lo Vision monoculaire :

Tout le monde sait que la vision monoculaire ne nous permet pas de juger du relief ni de la forme des objets sous les trois dimensions. C'est ce qui fait qu'il est tout d'abord difficile de se rendre un compte exact de la forme réelle d'un grand nombre d'objets microscopiques, si on ne les connaît pas d'avance. Heureusement, avec le temps et grâce à certains expédients qu'il emploie, l'observateur arrive à se former l'œil. Comme nous allons le voir, la vis micrométrique lui permet de lire aux diverses profondeurs des objets. Lorsque ceux-cî sont isolés, il peut facilement les déplacer, les faire rouler dans le liquide de façon à ce qu'ils viennent lui présenter leurs diverses faces. C'est ainsi que peu à peu il acquiert l'habitude de juger de leur forme et de leur relief.

Néanmoins l'observateur le plus exercé est toujours frappé lorsqu'il emploie, au microscope, la vision binoculaire. Il existe en effet des appareils qui permettent de regarder au microscope avec les deux yeux : tels sont les microscopes binoculaires et l'oculaire stéréoscopique de C. Zeiss, fig. 26. Nachet, de Paris, construit de bons binoculaires : seulement il ne peuvent s'employer qu'avec des grossissements peu considérables , ce qui est un grave inconvénient dans l'étude de la cellule. L'oculaire stéréoscopique du professeur Abbe (') réalise un grand progrès sous ce rapport ; car il peut encore servir avec les objectifs très forts. Comme son nom l'indique, il s'installe en place de l'oculaire ordinaire : avec un peu d'exercice et en suivant les indications de la notice qui l'accompagne, on parvient bien vite à se le rendre familier. Il nous a aidé plus d'une fois dans nos études,

(') Zeitsch. fUr Mikroskopie, 1880, p, 207, — Journal of thc R. Microsc. Soc. y 1881, p. 203.

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en particulier dans l'étude du reticuhm plasmatique et du boyau nucléinien, pour en saisir la trame enche vètrée ou les circonvolutions multiples.

2" Coupes optiques :

La seconde chose qu'il faut se rappeler dans l'étude au microscope , c'est que les images qu'il fournit ne représentent que des plans mathématiques, des coupes optiques de l'objet, selon le langage habituel ; les parties qui ne sont pas au point n'existent pas pour l'observateur , ou ne sont perçues que d'une manière confuse.

Cette séparation des divers plans se fait d'autant mieux que les objectifs ont un plus grand angle d'ouverture. Il suit de là que, pour se faire une notion exacte des corps qui sont dans le champ du microscope, il faut, en manoeuvrant la vis micrométrique, faire passer le foyer de l'objectif

Fig. 26.

Oculaire stéréoscopique.

par tous les plans qu'ils contiennent. C'est là un inconvénient, mais c'est là aussi un avantage inappréciable du microscope composé. Comme le fait remarquer Ch. Robin ('), il nous permet de disséquer les objets par tranches, et de nous arrêter au niveau de chacune des dispositions de structure véritablement intime qu'ils présentent. Pour être embrassés d'un seul coup d'œil, tous les détails à étudier devraient se présenter dans le même plan. Mais, en réalité, les coips qui offrent ce degré de minceur sont excessivement rares. Il faut synthétiser une suite, d'examens pour nous représenter l'objet observé. L'image ainsi formée sera d'autant plus fidèle que l'observation aura été plus minutieusement faite. Et voilà pourquoi la main du micrographe ne peut abandonner . la vis pendant toute la durée de l'observation ; sinon, il ne peut apprécier ni la forme des cellules, m les accidents de leur surface : stries, mamelons, épines, cils, mailles

ouvragées,

etc., ni les détails si variés de leur structure interne.

(i) Traité du microscope, p. 368.

ARTICLE SECOND

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