DD TACT
Le tact est le plus simple de tons ks sens, le moins différencié. Les sensations tacLiies résultent d'un choc, d'une pression, d'un ébranlement portant presque directement sur les extrémités des Bbres sensitives. Là où ces fibres sont très-nombreuses, la sensibilité tactile est très-développée. C'est habituellement en certains points des téguments, peau ou muqueuse, que se trouvent ces agglomérations de terminaisons nerveuses sensibles.. Ordinairement alors ces extrémités terminales sont revêtues d'une enveloppe, d'une sorte de capuchon ; parfois elles se terminent par une cellule nerveuse. Il y a alors ce qu'on appelle des corpuicules du tact.
Le sens du tact est répandu un peu partout ch^z les mammifères supérieurs; mais il existe, plus ou moins développé, dans toute la série animale. Comme il est le moins parfait des sens, il est aussi celui qui offre le moins de variétés dans les différentes classes animales , comparées entre elles.
On considère comme organes tactiles, chez les polypes hydraires et les anthozoaires, les tentacules qui entourent la bouche.
Les annelés, les hirudinés auraient pour oi^anes du tact des cellules tégumentaires ayant la forme de soies, de baguettes, en conoexion avec des fibres sensibles. Suivant Leydig, ces organes cutanés tactiles seraient parfois, chez les hirudinés, rassemblés en grand nombre au fond de dépressions cupuli formes.
Chez les écktnodermes, on considère comme organes
tactiles des tentacules situés dans le voisinaf^ de l'oriflce buccal et recevant des nerfs.
Les mollusques auraient pour instruments du tant des cellules cutanées à prolongements sétiformes, diBsémiaées là où le corps n'est pas recouvert de pièces dures (1).
Quand on peut suivre les nerfs cutanés des mollusques, cheE les espèces transparentes, par exemple, on voit que ces nerfs sont clairs, pâles, offrant çà et là des renflements ganglionnaires. Il semble donc qu'ici Je sens du tact soit exercé par des fibres grises.
Les appendices articulés ou palpes situés dans. le voisinage de la bouche chez les crustacés, les arachnides, les insectes, seraient des oignes tactiles. Chez les crustacés, ily aurait, sur les antennes et les autres appendices, des prolongements filiformes, «des baguettes tactiles», qui existeraient aussi chez les myriapodes, les insectes (3). Outre ces organes spéciaux, force est bien d'ndmettre chez les crustacés, arachnides, insectes, des organes sensibles disséminés dans la peau. En effet, malgré l'enveloppe, le vernis de chitine, qui les recouvre, ce^ animaux sentent très-bien le contact des corps extérieurs sur un point quelconque de leur corps. La membrane molle, qui double cette couche de chitine est donc sensible, comme l'est d'ailleurs le derme sous-unguéal de l'homme.
La structure générale de la peau est sensiblement la même chez tous les vertébrés, mais pourtant le mode de terminaison des fibres nerveuses y est divers. Souvent les fibres aboulisseot à des renflements appelés les uns corpuscules de Paccini; les autres, corpuscules du tact. Les premiers s'observent chez l'homme, les oiseaux, etc. Dans le corpuscule du tact, la libre sensible aboutit à un noyau ovoïde. Les corpuscules du tact, chez l'homme, auraient
(1) Gegenbaur, toe. cit., p. 13S, soi, 479. (I) Gegenbaur, loe. eU., p. 361.
472 LIVRE Vr. CHAPITRE VI.
une forme spéciale, qui se retrouverait pourtant dans la main du singe et dans les papilles liDgaoles de l'élépbant. Tout le monde soit que ces corpuscnles sont extrèmemeat nombreux, aux faces palmaire et plantaire de la main et du pied de l'homme, oCi, par leur juxtaposition ils dessinent dee lignes courbes pressées et régulières. A la face palmaire de la phalange unguéale de l'index , Meissner a compté cent huit corpuscules du tact, dans un espace d'une llgoe carrée.
Ces corpuscules sont de forme ovoïde et chacun d'eux est conslitué pHF une couche dermique, recouvrant une petite masse de tissu conjonctif. Un tilet nerveux sensible pénètre dans le corpuscule par sa base. Il est certain que ces corpuscules tactiles sont des appareils, qui renforcent !a sensation, mais n'y sont pas indispensables. Les différentes sensations tactiles sont encore perçues par la peau, dans ies régions où font défaut les corpuscules; mais elles le sont bien moins nettement. Les surfaces internes des phalanges terminales des doigts, par exemple, sentent les deux poiales d'un compas h une dislance de sept dixièmes de ligne, tandis qu'an niveau de l'épine dorsale il faut une distance de 2i lignes, pour que les deux sensations ne se confondent pas {!). A la pointe de la langue, au contraire, les deux sensations sont encore perçues à une distance d'une demi-ligne.
(1) E. J. B. Weber, De tuhtilitatt tactut, ddns l'ouvrage initulé : Ih pujju, ritorpliont, audilu il taetu. Annotalionti anal, tt phytiol, Lîpsis, 1834.
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