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CHAPITRE VII

DES SENS DD GODT ET DE l'odOHAT.

Le Tait de l'extraordiDaire seoEibilité tactile de la pointe de la langue prouve bien que les corpuscules cntanés dits taciiks ne sont point des appareils sensitifs spéciaux. En effet, ces corpuscules ne paraissent pas exister dans la muqueuse linguale.

l-e sens du toucher n'a donc point chez l'homme, où il a été surtout étudié, de localisation bien définie, de spécialisation bien nette. Nous le voyons aussi sur la langue se transformer, passer graduellement au sens du goAt ; car les saillies papillaires de la pointe do la langue, qui sont si tactiles, sont en même temps gustatives ; il suffit, pour s'en convaincre, de les exciter avec un faible courant électrique. L'effet est d'ailleurs le même, alors qu'on excite seulement les parties de la pointe de la langue dépourvues de papilles.

Nous'ne savons rien de positif encore au sujet du siège et même de l'existence du goût chez les invertébrés et même chez beaucoup de vertébrés. La muqueuse buccale des poissons est couverte de petites dents pointues, crochues, et semble bien mal organisée pour la gustation. La langue, qui, chez les vertébrés, semble être le siège spécial ou le plus spécial du goût, est rudimentaire et sèche, chez beaucoup de reptiles. Pourtant les chéloniens et les lézards, qui mâchent leur nourriture, ont une langue chai^ nue, molle, riche en papilles.

Les oiseaux semblent fort mal pourvus du côté du goût; ils avalent probablement sans goûter ; car leur langue,

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ordinairement dépourvue de tissu musculaire, est sfeche et carlitagineuse.

C'est chez les mammifferes que le sens du goût se développe, mais fort inégalement, suivant les espèces. Les rougeurs, qui se nourrissent de fruils ou de substances animales, ont une langue molle, sans appendices. Ceux, au contraire, qui rongent les racines et les écorces, ont sur la langue un tégument dur, parfois même garni d'écailles dentelées. Certains carnassiers, surtout des genres Felii et Hyœna, ont aussi la langue parsemée de papilles coniques, volumineuses et revêtues d'un étui corné.

Chez les chiens, les singes, l'homme, la langue est volumineuse, musculeuse, flexible, A la surface supérieure et sur les bords, la membrane muqueuse qui la recouvre est hérissée de saillies dermiques riches en lilets nerveux. Ces papilles dénommées, d'après leur aspect, caliciformes, fottgifortnes, coroUi formes, hémisphériques. semblent avoir pour résultat et pour fonction de multiplier les surfaces de contact avec les corps sapides. Ces derniers n'agissent qu'à l'état de dissolution ; il faut que leurs molécules dissociées, et en nombre suffisant, se mettent en contact intime avec les papilles gustatives. La sapirfit^ a des degrés d'énergie fort différents suivant les substances. De l'eau contenant en dissolution un centième de sucre de canne est insipide, tandis qu'une solution de sel marin au huit-centième a eucore de la saveur et qu'il suffit à une solution de renfermer un millionième d'acide sulfhydrique ou de sulfate de quinine pour être encore sapide. On peut toujours, on doit même rapprocher le sens du goût de celui du toucher ; mais le goût est un toucher spécial, moins grossier, plus varié aussi, car le nombre des saveurs perceptibles par l'homme est extrêmement nombreux. La division du travail sensitifestpour le goût plus évidente que pour le toucher. 11 semMe bien

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