DES SENS DU GOUT ET DE L'ODORAT. 47S
y avoir des filets nerveux spéciiux pour certaines saveurs. Beaucoup de corps sapides, surtout des sels, produisent des sensations difTérentes, suivant qu'ils sont appliqués sur la |Htrtie antérieure ou sur la partie postérieure de la langue (I).
La structure infime des papilles gustatives est ma! connue encore. Pour certains aflatomistes, les fibres nerveuses se terminent librement dans les papilles. Pour d'autres, elles s'anastomoseraient avec de fins prolongements filamenteux émanant de cellules épithéliales. Celte disposition aurait été observée sur la langue de la grenouille (Billrolb), animal chez qui le goût d'ailleurs est vraisemblablement fort peu développé.
Dans le toucher, la sensibilité est mise en jeu par le simple choc ou contact des corps. Le sens du goût, an contraire, n'est impressionnable que par des solutions, des molécules dissociées dans un liquide. Mais l'odorat exige une matière plus atténuée encore. En effet, des liquides imprégnés de substances odorantes n'éveillent aucune sensation olfactive, du moins chez l'homme, quand ils baignent l'oigne de l'odorat. Seules, des substances à l'état de gaz, de vapeurs, ou de fines particules suspendues dans l'atmosphère, peuvent provoquer des sensations olfactives, du moins chez les mammifères supérieurs.
Dans la série animale, le sens anatomique de l'odorat est un peu mieux connu que celui du goût. Leydiga trouvé, chez les hirudinés, au fond de fossettes cupuliformes, des faisceaux serrés de prolongements rigides, analogues ans baguettes tactiles. Il a rencontré des organes aoalogaes chez les mollusques céphalopodes. Croyant y reconnaître des organes olfacteurs, il a appelé ces prolongements
(1) J, Gnyot et AdmyrsQlt, Arriva ginéraln i» méiietiu, i' «ér., t. XUI,p. 51.
bagwHa olfactive». Il a donné le même nom et attribué la m£me fonction à des faisceaux analogues existant sur la paire d'antennes antérieures de certains crustacés (I).
Chez tous les rertébrés, oi!i le sens de l'odorat est mieux et pins sûrement connu, il est aussi constitué par des fossettes de forme, et de volume divers, situées sur la tête. Ces cavités sont ordinairement revêtues d'épithélium vibratile. Chez l'amphioxus, l'ot^ne de l'odorat semble exister, en dépit de l'absence de cerveau. 11 est représenté par une ou deux fossettes k épithélium vibratile (2).
Dans toute la classe des vertébrés, sans en excepter l'homme, les filets nerveux olfactifs sont composés de fibres pâles, finement granuleuses, sans enveloppede myéline ; en somme, de fibres grises, qui, toutes, chez les vertébrés erâniotes, émanent de deux renflements nerveux spéciaux et intra-crâniens »ppelés bulbes olfactifs. Ces amaa de substance nerveuse, très-peu développés chez rbomme, le sont beaucoup plus chez les autres vertébrés. Chez beaucoup de mammifères et de vertébrés, d'ailleurs, le sens de l'odorat est bien plus développé que chez l'bomme. Il contrôle le sens de la vue, souvent lui vient enaide, et parfois le supplée. Les bulbes olfactifs de beaucoup de mammifères sont trës-volumineux, situés en avant du cerveau ; souvent ils sont creux, et communiquent avec les ventricules latéraux. La taupe, qui est presque aveugle, a des bulbes olfactifs énormes. Chez beaucoup d'oiseaux et de reptiles, les bulbes olfactifs forment aussi une importante expansion céiébrale. Le bulbeolfactifdes poissons est souvent aussi gros quele loi» cérébral proprement dit. Parfois même il est beaucoup
(i) Gegenbaur, AnaUmU comparée, p. IBB. — Leydig, Hitlologir compara, p. S50,S61.
(S) Huxley, AnaUmia amparata M vartrbratt. Tr, iUl. de E. Gîglioli. — Gegeabaar, Anat. comparée, p. 709.