DU SE5S DE LA VUE
Déjà nous avons noté, comment, en allant du toucher au goût, du goût à l'odorat, de l'odorat à l'ouïe, les excitants des sensations spéciales, les modes suivant lesquels le milieu extérieur impressionne les organes des sens, allaient toujours s'atténuant. Au début, c'est le choc, le contact grossier, puis c'est la particule sapide; après vient l'efUuve odoriréraote ; enliu la vibration simple, l'onde sonore. De l'ouïe à la vue, la série se continue. 11 ne suffit plus, en elTet, pour exciter le nerf optique, d'une ondulation de molécules gazeuses, liquides ou solides. L'excitant normal du sens de la vue est le plus impalpable de tous ; c'est la vibration de l'éther, d'un corps non pas sans doute pénétrable, comme on l'a cru longtemps, car tout ce qui est matériel est étendu et impénétrable, mais au moins d'un gaz tellement raréfie, léger, que, pour nos grossiers instruments de physique, il n'a pas de poids appréciable.
L'œil, quel que soit le type de sa structure, peut être considéré, dès qu'il est muni de ses parties essentielles, comme un appareil transparent et réfringent, propre à concentrer les rayons lumineux sur les expansions du nerf optique. Mais l'œil est loin d'être toujours complet, et il est bien curieux de le voir se perfectionner peu à peu en remontant la série animale. Que de pages empreintes d'une admiration ampoulée on a écrites pour vanter la structure soi-disant merveilleuse de l'œil chez l'homme et les vertébrés supérieurs 1 C'était un instrument parfait, œuvre nécessaire d'un constructeur intelligent, sou-