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DE LA PENSÉE. SO

fibres tactiles non spéciales. Enfin, le quatrième est le centre récepteur des fibres acoustiques, le centre acouitique. Le rûle spécinl de ces centres nerveux est établi : 1° par l'anatomie comparée, qui montre chacna d'eus d'autant plus volumineux que le sens correspondant est plus développé dans telle ou telle espèce animale; 2° par l'anatomie pathologique, qui constate la coïncidence de leur atrophie isolée avec la disparition du sens dont ils reçoivent les ébranlements sensitifs ; 3* par l'expérimentation, puisque M. E. Fournler a pu, en faisant dans la trame de la couche optique des injections irritantes, détruire à volonté telle ou t«lle catégorie d'impressions sensitives.

A ces centres récepteurs optiques répondent, dans la substance corticale des hëmisphferes, des départements percepteurs de sensations et d'impressions. Sur le cerveau d'individus amputés depuis longtemps, le docteur Luys a constaté des atrophies locales de circonvolutions (1). Dans ces derniers temps, le docteur Ferrier (2) a vu qu'en excitant par l'électrisation telle ou telle région de l'écorce grise cérébrale chez les animaux, on faisait contracter tel ou tel groupe démuselé;; que l'on pouvait à volonté faire mouvoir les yeux, la langue, etc. M. Robert Batholon, professeur au collège médical d'Ohio, a obtenu les mêmes résultats en expérimentant sur un homme dont le cerveau était dénudé par une large perte de substance osseuse. De son c&té, le professeur Schiif a vu, que, sur des animaux, la substance cérébrale s'échaufi'ait dans telle ou telle localité, suivant qu'elle était ébranlée par telle ou telle catégorie d'excitations sensorielles (3). On peut com-

(1) Luys, Revw *ciinUfique, n- ST, 1S7S.

(î) Perrier {Progrii médlml, 1878, n» Î8, et i87*, n» 1), RtehercAw eaipérimtnlaltt tur la phytiotogit et la fOthokigiê eiribraUt. (I) M. Sohiff, ArMvtt d* phytiologie, 1870.

parer ce mécanisme nerveux à un piano, dont les fibres sensibles périphériques seraient le clavier, les centres isolés de la concbe optique les marteaux, et les diverses régions corticales les cordes.

A chaque touche répond une note physiologique : ici une sécrétion, là une palpitation, une contraction ou une dilatation de vaisseaux capillaires ; ailleurs une sensation, telle ou telle sensation; ailleurs, par action réflexe, tel ou tel mouvement.

Plus les cordons nerveux périphériques seront volumineni, plusles noyaux des couches optiques seront développés, plus alors le courant des sensations et des impressions sera fort, et plusles centres percepteurs corticaux, les éléments nerveux qui ont conscience des sensations, qui les pÈseot, les comparent, les enregistrent, seront fortement ébranlés; pi us par conséquent leur travail pondérateur sera difficile. Si en même temps ces couches corticales ont peu de surface et de profondeur, en d'autres termes, si les hémisphères cérébraux sont peu développés, l'animal ou l'homme sera surtout instinctif; il obéira sur-le-champ et aveuglément h l'impression actuelle. Si, au contraire, les centres percepteurs dominent, alors l'ëlre sera intelligent, réOécbi, maître delui-mSme. C'est en vertu de cette loi que les vertébrés inférieurs , chez qui les vésicules nerveuses intracrûniennes, olfactives optiques, etc., sont aussi volumineuses que les vésicules cérébrales (cerveau antérieur, voir flg. 87-88), ont une intelligence rudimentaire.

On s'explique aussi facilement pourquoi tel homme, peu intelligent d'ailleurs, est doué pourtant de telle ou telle aptitude sensitive. Il sufSt que l'oreille externe soit bien conformée, lu noyau de la couche optique qui lui correspond volumineux, la fraction de substance corticale en rapport avec ce noyau riche en cellules, pour que l'individu, fût-il d'ailleurs fort mal doué, ait des aptitudes mu-

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