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DE LA PENSÉE

toujours précédé d'un contraction vasculaire à la périphérie du corps.

Un fait général ressort de ces observations, c'est qu'il y a alternance ou plutôt antagonisme entre le fonctionnement du cerveau et celui des autres organes. La congestion active du premier entraîne l'anémie relative des autres et cela nous donne la raison de quelques faits notoires : par exemple, de l'action sédative des occupations intellectuelles sur les instincts et les fonctions physiques, de l'influence débilitante des travaux de l'esprit sur la constitution générale, delà difficulté qu'il y a d'être à la fois homme d'action et homme de pensée.

On le voit, le procédé psychométrique que nous venons de décrire est une application des plus heureuses de la physiologie à l'étude des fonctions cérébrales. Ce procédé sera sûrement perfectionné, largement utilisé, et l'on peut prédire qu'il n'a pas porté tous ses fruits.

Comme nous l'avons déjà remarqué, l'excitation sensorielle sur les terminaisons des nerfs sensitifs ne fait que provoquer une rupture d'équilibre, mettre en liberté des forces qui se contre-balançaient. C'est l'étincelle qui met le feu aux poudres. Sans doute il est fort hasardé de dire, avec M, Wundt, que la sensation croit comme le logarithme de l'excitation qui la produit (1). Les faits de la biologie, avec leur diversité, leur variabilité infinies, se prêtent fort mal à l'inflexibilité des formules mathématiques. Mais, laissant de côté les logarithmes, il est constant, que la sensation n'est pas contenue dans l' excitation périphérique, et que son intensité croit plus vite que celle de la cause externe qui l'a provoquée.

La sensibilité est donc une propriété inhérente àla cellule nerveuse, et les sensations, ou, pour parler plus géné- (1) Wundt, Memehm und Thurutl* (tnalysé psr Th. lUbot, in Revue teientifiqut, 1875, d' 31).

SOS UVRE VI. CHAPITRE a.

ralement, les faits de cotucience, sont des phéQomëaes, qui s'interposent entre les couranls afférents et efférentsde l'action réflexe, et qui, une fois produits, persistent, ont une sorte d'eiistenca propre, peuvent se revivifier, se eomblner, s'agréger k des impressions, k des sensations nouvelles, se réveiller suivant l'impulsion des désirs, former enfin un amalgame mental, qui constitue le moi psychique. Mais, en définitive, malgré l'extr&me complication du microcosme mental, les mouvements musculaires qui suivent nos volitions ne sont que le dernier terme d'une série réflexe, dont l'origine directe ou indirecte est toujours une excitation portant sur les extrémités des nerfs sensibles.

C'est sûrement un des plus importants services rendus par la physiologie moderne , que celui d'avoir ramené i une formule générale tellement simple tout l'écheveau si emmêlé en apparence des phénomènes psychiques; mais on a poussé plus loin encore le travail d'analyse, et après avoir démontré, que tout mouvement conscient était le résultat d'une action nerveuse réflexe, on a établi, qu'il y avait dans le cerveau une localisation des propriétés réOexes.

La division du travail s'accuse déjà dans la couche optique, oCi, chez l'homme, on peut isoler quatre amas de cellules nerveuses, quatre centres récepteurs (1). Le premier de ces noyaux, l'antérieur, est le centre olfactif, trës-développé chez les espèces animales qui possèdent de gros nerfs olfactifs. En arrière est le noyau optique, le phis volumineux de tous chez l'homme, et très-peu développé au contraire, chez les espèces qui vivent habituellement dans l'obscurité, comme la taupe. Le troisième noyau, d'avant en arrière, on centre médian, reçoit les.

(1) Arnold, lamet eênbri ri medvtke ïpwioB». Turici, 1858.— Lnya, Revut ictnttifigiM, nP 37, 187B.

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