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II. Biitologie des végilaux

Les fonctions vitales sont moins nombreuses, moins spécialisées chez )e végétal que chez l'animal, en exceptant, bien entendu, les organismes les plus inférieurs dans lesdeux règnes. On est donc endroitde supposer, à prion, une spécialisation moins accusée dans la forme des éléments. C'est en effet ce qui a lieu. Tandis que chez l'animai supérieur on trouve des types histologiques variés, se distinguant très-nettement les uns des autres; chez le végétal, au contraire, les formes élémentaires sont moins tranchées, moins dissemblables, et parfois elles peuvent se suppléer physiologiquement.

C'est de l'analomie. microscopique des végétaux qu'est sortie la théorie cellulaire, si conteslée aujourd'hui en France, mais généralement admise en Allemagne, el suivant laquelle tout élément anatomique, végétal ou animal, aurait pour origine directe une cellule simple. C'est qu'en effet, dans le monde végétal, c'est le type utricu- Uire, cellulaire, qui prédomine de beaucoup. Tout végétal, du plus simple au plus complexe, est formé par une agrégation de cellules ou de fibres dérivant manifestement de cellules.

CONSTtT. ANATOHIQUE DES -CORPS ORGANISES. 49

Tout élément anatomique végétal complet est une cellule formée d'une double paroi, d'un cootenu et d'un ou pla> sieurs noyaux.

L'enveloppe cellulaire externe est constituée, chimiquemeut, par une substance ternaire unie à quelques sels; c'est la celluiose, composée de carbone, d'hydrogfene et d'oxygène. La formule chimique de la cellulose est analogue k celle des sucres. Ce serait C"H"'0"'. Quand l'élément histologique est complet.cette membrane externe est, intérieurement, doublée d'une autre vésicule très-mince; mais celle-ci contient de l'azote ; elle est a1bdmino!de. Celte membrane azotée englobe une substance semi-liquide et un on deux petits corps sphériqucsou ovoïdes, azotés aussi. Ce sont les noyauï, dans lesquels sont souvent inclusun ou deux nucléoles. Ces portions azotées de la cellule paraissent être le siège d'un mouvement nutritif plus intense que les autres. Elles se relient aussi àlapériode de développement; car, dès que la cellule a perdu son contenu fluide ou protoplasma, elle devient incapable de croître et de se multiplier.

Le contenu des cellules végétales est normalement liquide ou solide. Liquide, il peut être formé d'huile ou d'eau contenant en suspension soit des granulations moléculaires azotées, soit des grains de fécule, soit des gouttes d'huile ou de résine, soit enfin de petits corps verts, trèsiuléressants, appelés corps chlorophylliens. C'est h ces derniers corpuscules que les parties vertes des plantes doivent leur couleur.

Lecontenuliquide, non huileux, estgênéralementappelé protoplasme par les botanistes. Suivant certains d'entre eux, ce protoplasme serait la partie vraiment importante de la cellule; il sécréterait les membranes enveloppantes, et les noyaux en proviendraient par différenciation.

Quoi qu'il en soit, ce protoplasme, est sûrement alhuminoïde, car il précipite par les agents chimiques qui firé-

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cipitent ralbumine, et l'iode loi eonunomqne la color»tkm jaune qu'il doone xux sobataoces organiques azcAéca.

La vésicule inlerne, le protoplasme et les noyiux forment donc un tout alhuminoïile, que Dutrachet ««t par- Tenu le premier àisoler,endétruiEantlaineinbraQeextenie par l'acide nitrique ou des aloalig caustiques étendus.

Pour constituer les divers tissus végétaux, les erilules revêtent des formes variées. Parexensple, les vaisseaux végétaux, par lesquels circiileat, surtout dans les plante», les liquides et les gaz, soul formés au débst decellules juxtaposées bout à bout. Après avoir pris cet arraugeraent linéaire, les cellules se sondent, et leurs parois se résorbent dans les points où U y a contMt. Une Ebis la commun»cation établie, )e contenu des eelloles disparaît à son tour, et le canal est formé. Si le fatse«au vascubtire est pHrfmt, toute trace de sondure cellulaire a complètement dispani ; mais, dans les cas ott la fuBioo des éléments a été moins {omplëte, le Taissenu reste noueux, modelé en chapelet ; il est dit alors utriculettx. D'autres fois, an lien d« se juxtaposer en séries linéaires, les cellales formatrices se disposent en réseau vascnlaire.

Suivant M. Ch. Robin (1), on pourrait, dans les tissas végétaux, distinguer tout aussi sûrement que dans In liaaiB animaux un petit nombre de types histologiqnes. Ces types spécifiques auraient tons poar origine une cellilei nuis, dès leur appfffition, ils auraient une pbyBionomic distiDcle, et jamais on ne les verrait se transTocmer les uoa d«» ks autres.

Le premier do ces tjpes serait celui des celluiei pnipn^ ment dites, offrant d'ailleurs un certain nombre de variétés, snivant qu'elles sont spbériques, ovoïdes, fibroMes,, étoilées, cylindroldee. Il faudrait ranger dans cette clasw

(1) Ch. Robin, Élémmtt anatomiquet.

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ka cellules de i'épiderme des plantes, celles du llége, du <aunbîum, de la moelle. On y ajouterait naturellement les p4tntes monocelluleires, comme les utriculeg ronges, qui enlorent parfois en rouge la neige des Alpes (jtrotoceçctis Mtwalis de Saussure), comme les diatomées.

Le second type serait celui des celluks filamenttmei, tontes plus ou moins parfaitement cylindriques, et huit mi dix fois plus longues que larges. On peut citer comme «mmple de cellules filamenteuses les cellules formant le Mycélium de« cryptogames et aussi certains infusoires mono cellulaires, comme les bactéries et les vibrions, en admettant que la botanique puisse revendiquer comme étant de son domaine ces organismes indécis.

Toute plante uniquement composée des deux types histologiques précités est une plattie eelbdaire.

Les cellulet fibrmta représenteraient le troisième type. Ce aont elles qui, juxtaposées linéairement, forment les Blxres ligneuses du bob et du liber.

Enfin les cellules tiasculaires formeraient le quatrième typé. Ce sont celles qui, par leur juxtaposition bout à bout et la rësarptiou partielle de leur paroi, constituent des canalicules, des vaisseaux. Au type des cellules vasculaires qipartiennent le^ cellules trachéennes à filament spiral, les cellules ponctuées, les cellules laticifères.

Qu'il faille admettre dans toute son inflexible rigueur cette classification à vives arêtes , nous ne le pensons pas; mais on la peut accepter comme donnant une bonne Tue d'ensemble, comme groupant sous un petit nombre de chefs la grande variété des éléments histologiques végétaux.

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CONSTIT. ANATOHIQUE DES CORPS ORGANISÉS. !» III. Hitlologie da animimc.

Les élémente anatomiques animaux diffèrent en général des éléments végétaux au triple point de vue de la coQipositioa chimique, de la structure et de la forme.

En effet, tandis que chez les végétaux l'élément anatomique est constitué en mojeurepartie par une substance ternaire non azotée, la cellulose, les éléments animaux, uu contraire, sont formés surtout par des substances albuminoldes quatenudres. Sans doute on rencontre chez les animaux des substances ternaires analogues à l'amidon et à la cellulose des végétaux, mais partiellement, secondairement, en faible quantité. C'est ainsi que l'on trouve dans le tégument des arthropodes et même dans toutes les classes des invertébrés une matière très-analogue ï ]a cellulose végétale, k chitine, qui peut se transformer en glucose ; mais ces points de détail ne sauraient inOnner la valeur du grand fait général énoncé ci-dessuB.

Les différences générales déstructure sont peut-être en rapport avec les diEFérences de composition chimique. Les substances albuminoldes sont en effet essentiellement colloïdales, et par conséquent doivent tendre à une morphologie plus indécise. Aussi, tandis que, dans la cellule végétale, on trouve généralement une membrane enveloppante bien délimitée, cette membrane fait souvent défaut chez les éléments anatomiques animaux. L'élément est alors un petit glomérule figuré, se rapprochant plus ou moins du type fibre ou du type cellule, et muni ordinal^ rement d'un ou de plusieurs noyaux et nucléoles.

An point de vue de la forme^ la différence entre les éléments histologiques animaux et végétaux est plus accusée encore. Les types hUtologiqiies végétaux sont peu nombreux, et tous se rattachent directement et visiblement à

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la cellule. Mais les Élëmenis nDatomiqnes animanx ont des formes beauooap pins variées. Chez ceux d'entre eux qui méritent le nom de fibres, il n'y a souvent plus de tnce de la fomie eellulaire, et Im fibres animaln ne seraient mCme pas dérivées d'éléments cellalaires originels, si Ton admet, avec M. Ch. Robin, la genèse spcuitsnée des éléments analomiques dans les blastèmes.

Cette fltéorie de l'apparition spontanée des éléments ■nitonriques dans les liquides vivants est josqu'à présent reponseée en Allemagne, oii l'on adopte dans tonte sa rignenr l'aiiome de M. Tirtho* : Omtai etlhtla t eHluta.

Aux termes de M théorie c^lhilaire aUemande, tout élément anatomiqne, qnel qu'il mil, aurait poitr origine noe cellule; il en dériverait par gemmation ou segmentation, et tout élément qei s'écRrte de la forme cellulaire serait simplement une cellule métamorphosée. On cobïprend diffleilement que des assertions anssi directement opposées soient soutenues de part et d'antre avec acharnement par des observateurs également habiles. Force est bien d'admettre qu'il y a de chaque cAté une part de vérité. Noos varans, en traitant de la génération, que l'école française entend reléguer lu reprodvction par divirâon et gemmttk)n dans le règne végétal, dans la période initiale de la vie embryonnaire animale et chez certains étémests pFOihiiU. Suivant cette école, la plupart des éléments dits emUittiantt, c'est-à-dire formant vraiment la charpente de r<H^nisme animal, naîtraient spontanément par synthèse, par genèse, dans les liquides vivants, et cda aosn bien chez l'embryon q«e chez l'adulte.

Quoi qu'il en seit, la théorie cellulaire est commode J)our elaseer les étëmente anatomiqnes. En effet, tandis qœ les partisans de la genèse spontanée, n'admettant aseun hen de parenté directe entre la plupart des éléments anatomi^iuee, s'attachent surfont h noter les dis-

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semblftBces et à multipiief les espèces, les partisans de la tbéorîe eellukire, préoccupés de l'idée d'une commune origine, songent surtout, aux ressemblances et arrivent ûnû à former un Irbs-petit nombre de groupes histologiques élément&irea. D'après eus, il y aurait seulement quatre types d'éléments aoatoniiques et de tissus animaux, savoir ; 1° les éléments du tissu cellulaire ou conneotif; 2<> les cellules restées nutonomes, c'est-à-dire les épUliéliums et les cellules glandulaires . auxquelles on poarrait réunir les globnles du sang; 3° les éléments du tiasB musculaire; 4* les éléments du tissu nerveux.

Le pramîer d« ces tissus, le tissu cellulaire, forme la gangoe générale, le soutien de tous les autres tissus el éléments. 11 est essentiellement composé de cellules, dites eetkilei étoilèn, ayant de 0<"',OS(t à 0",060 de diamètre. Ces cellules renferment un noyau contenant un nucléole. BUes émettent des prolongements m>rillaires, concourant à former les fibres du tiasu cellulaire, et qui souvent sembleiit s'anastomoser entm eux. D'autres fibres, dites filire$ Imminentes, parce qu'elles sont légèrement aplnlîes, se forment dans oe même tism cellulaire aiUour de aoyam aUoDgés, dits aoyaux embryoplattiquet. L'ensemble ressemble i BU ICHig fuseau étiré. Les fibres lamineuses émanant de ces cellules forment la majeure partie du tissu cellulnire. Eîlles sont très-longues, groupées en faisceaux, et larges, en moyenne, de (>"",(KH .

On range aussi, snivant cette théorie, dans le tissa celkikire les cellules eartih^ineuses et les cellules osseuses. Toutes ces cellules sont & noyaux. Les premières sont rondes ou ovoïdes, les secondes sont irrégulières et émettent dans tantes les directions des prolongements filifonnes, qui s'.inastamosent entre eux. Ces dernières cellules, qsi forment la trame vivante du squelette osseux, ont été qipelées «)r/>tueu/ej oœux étoiUs (Qg. 2).

Les cellules dîtes autonomtt comprennent les globules du sang, que nous décrirons plus loin, et les ép-

- théUums. De ces derniers -^ éléments, les uns servent cà tapisser, en les protégeant, les me mb ranes animales, la peau et les mu-

- queuses, tandis que les autres jouent dûis les sécrétions un rôle extrè-

^'^' *' mement important et sur

GorpuKulea MMuï^éto^. Enymm leqagl noug auroOS OCCa-

sion de revenir.

Les épithéliums se divisent en épithéliumt pavimenleux, larges cellules aplaties et d'ordinaire polyédriques, parce qu'elles se compriment mutuellement. Elles renferment Royao et nucléole, et leur ensemble rappelle beaucoup un pavé de briques hexagonales. Elles revêtent la muqueuse de beaucoup de conduits chez les animaux et jouent surtout le rAle d'un vernis protectenr. On peut en rapprocher les cellules épidermiques. D'antres cellules épithéliales sont cylindriques, ou plutflt cylindro-coniques. Parfois alors la surface libre de ces cellules est munie de cils Uns et mobiles ; l'épîtbélium est dit dnns ce cas épithélium vibra-

fig.3. /iVtr (fig. 3).

^™n t™ "'«ànT "]^ïii ^^ outre, il nous faut mentionne r èpithéiuiai (b). Enrimn l'épblthélîum ^obuleux,8pbériqne. 500 diamèt™. Qu Ic reocontrc surtout dans les

glandes, où sa fonction est de former, aux dépens des

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[4asnias et blastèmes, des liquides spéciaux destinés à

être sécrétés.

Enfin nous signalous ici , pour mémoire, les éléments musculaires, distingués en fibres-celluies et en fibres proprement dites; puis les éléments du lissu nerveux, fibres et cellules. Nous aurons à décrire ailleurs en détail la fonne, la siructure et les Touchons de cea éléments, que l'oB peut qualifier â^ari$locratiques.

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