V. Dei globuleà rouget imgttini
Si l'on examine sous le microscope une gouttelette de sang, on y trouve des petits corps flottants extrêmement nombreux, serrés les uns contre les autres, et dont chacun semble être une cellule isolée. Un examen plus attentif montre bientôt que ces corps sont plutôt des gloiiiérules que de vraies cellules, car ils n'ont ni noyaux ni membranes d'enveloppe. Ce sont de petits disques aplatis, déprimés au centre sur leurs deux faces, disposition qui simule souvent un noyau. Leur diamÈtre est de û'^'.OOe à 0°"°,007 chez l'homme adulte. Mais leur forme varie dans la série des vertébrés et aussi chez l'homme et les mammifères, si l'on remonte aux premiers temps de [>i vie embryologique. En effet, à l'époque où l'embryon n'a encore que O^.oa à O^fiS de long, quand les globules viennent d'npparattre, ils sont blancs et ont un véritable noyau; suivant quelques auteurs, ils se multiplieraient alors par segmentation. Ils sont, en outre, beaucoup plus gros et leur diamètre atteint 0""°,OIO àO"",©!!.
Dans la série animale, on observe aussi de très-notables
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différences dans la forme, le volume et la s^ucture des globules sanguins. Tant que l'on ne .
sort pas de la classe des mammi-
fëres, ces difTérences sont légères; pourtant les globules saoguins du I chameiu et du lama out une forme > ovalaire, ellipsoïdale, et ressemhlent, sous c« rapport, à ceui des oiseauxetdesreptiles.ChezI'élépbaat | et le paresseux à deux orteils, on voit aussi que les globules sanguins sont très-notablement plus gros que chez les autres mammifères.
Dans les autres dusses de vertébrés, les dilTérences s'accentuent déji. Chez tous les vertébrés, le8cm,Diaji«.oeii,t.eeeiprofli globules sonticomme chez l'homme, à<ta giobuie «uge; c. giode couleur rouge par réflexion, et j™™. det<, tiMei"™fli c'est à eux qae le sane doit sa teinte ''''"' Bif*"'» «nguio; f. pUe rutilante. En général, les globules biaii«:/i.iésii:uiettrauuuae pouges des mammifères sont moins ^" "''''''■ *"" ^"""''^'^'■ volumineux que ceux des autres classes des vertébrés ; ils sont eiMptiques et à noyaux dans les classes des oiseaux, des amphibies, des poissons; elliptiques seulement dans. la classe des reptiles. Nulle règle absolue pourtant. Le fait de l'existence des globules rouges dana le sang d'un animal est fort important; mais leur forme l'est beaucoup moins. Nous avons vu que certains mammifères ont des globules sanguins elliptiques comme ceux des. oiseaux. En revanche, les plus humbles des vertébrés, des poissons d'ordre inférieur, comme les genres myxine et pelnmyxûn, voisins du célèbre amphiorus ianceolatug, ont, comme l'homme, des globules sanguins circulaires et à double dépression. EnQn, comme second anneau de
Is chaîne, entre le brancliioiioma awis globulng (1), comme un invertébré, et les poissonB & soa^ globulaire, se place un poisson à globules Uancs, inc44oru, le leptoixphaUu. Mais, en résumé, en dé^t de -quelques exceptions, les globules rouges ou hématie» se rencontrent daus le sang da la presque totalité des vertébrés ; ils sont le signe auatomique et physiologique d'une orgaaisalion plus complets, d'une respiration plus active, d'une vitalité plus haute.
Dans le sang de lliotniiK et des mammifères, les gl»bules sanguins sont en nombre immense. Suivant Schumann, Andral et Gavarret, les globules rouges, à l'tiat humide, formeraient, an volnuM, la moitié de la masse du sang (S). D'antre part, Vieronlt acompte, dans \ millimètre cube de sang, de i 180000 à 5{ffîl 000 globides.
La proportion des hémMies est d'autant plus forte qna l'individu est plus jeune. Le sang de l'homme adulte en renfermerait 303 millièmes, d'après Gh. Robin (3). Il y en aurait beaucou|i plus chez les jeunes sujets, et, dam le sang du noureau-né, la pn^ortion s'élèverait à 600, & 680 et même à 300 millièmes. Un anthropologiste aile-, mand, le docteur Welcker, a démontré qu'au point de vue des formes et des proportioDa dn n&ne et de la faoe, la femme ef4 un (Ire intermédiaire à l'homme adulte et à l'enfant. Or il en est de même sous le rapport de la pn^ portion desîiteiUies, qui s'élève cheE la femme i 330 et k 400 millième!.
Les hématies sont de véritables éléments histologiqiM flottent dans le plasma sanguin. Comme tout oe qui vit, riles assimilent et dé^assimilent incessamment. Chacune d'entre elles n'a vraisemblablement qu'une brève durée. Suivant la doctrine oelluhiire allemande, elles naîtraient,
(1} Retziua, 3. MUller, de Quatrerages.
^) G. Ste, Du tang tl des anémka, p. IB. (B) Cb. RobiD,
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chez l'embryoD, de cellules préeiistaotes et se multipU»raient enanile pus^nenUtioii, pkrdiviskNi cellol&ire; mais c'est un point que n'a pas enoore élucidé l'obeervation directe. Il est oertùn d'ailleurs que les hématies m refoDt dans le sang, piàsqu'il suHlt de quelqoea «emaiiMB oa un mois pour guérir l'asémie causée par une nignée trop copieuse eu une bêfnorrhagie abondante. Chez ua animal soumis à l'abstinence, les globnles diminuent de nombre, se déforment et se ratatinent. 11 est pnrfnbl» qu'incessamment les plus âgées d'entre les hématies tt dissolvent dans le sang et sont remplacées par des hématies de nouvelle formation. Ces recrues naissent soit dan* les glandes lymphatiques, soit dans des glandes spécialet (oorps thyroïde, rate, etc.).
Le caract^e physiologique des hémaiies est la pr6priété qu'elles possèdent d'absonber l'oxjgfene avec un» grande énergie. Cette propriété est inhérente à leur mVstance infime, indépendamment de leur forme. En effet, une solution de cette substance rougit au contact ât l'oxygène et devient moins rutilante au contact de l'acide carbonique. L'affinité de la substance des globules pour l'oiyg&ne est tout à fait comparable à celle de la matière verte des feuilles de la chlorophylle poor le carboDO de l'acide carbonique aérien, C'est à cause de cetta puissante afiînité pour l'ox^^ne que, dans la transfuûoD sanguine pratiquée chec l'horams et les nuinmiftresi l'inj«ction des globules seuls euffit à provoqoer de véritables réwrreotions. Le sang extrait des vaisseaux oontinae enosre à se obarger d'oxygène et à exhaler de l'atàde carbonique. Au contact de l'oxygène, les hématies se goufleot, teodent à perdre itmT double dépressioD. Au contraire, l'adde carbonique les rapeliase.
De mSme, dans les organismes vertébrés, la fonction des hématies est de s'imhîbtF de ^usîeurs vînmes d'oxygène
80 LEVRE I. CHAPITU VI.
durant leur passage à travers les organes respiratoires. Une fois imprégnés d'oxygène, les globules donnent au sang une teinte rutilante, vermeille. Le sang est dit alors artérwt; puis les globules sont charriés avec leur provision d'oxygène dans l'appareil circulatoire. Bientfit ils arrivent dans les plus fins vaisseaux de ce système, oti ils sont presque en contact avec les éléments anatomiques des tissus. Là s'établit entre les globules et les éléments anatomiques un échange de gaz, qui est un des actes primordiaux de liL nutrition.
En efTet, la condition vitale par excellence pour toat élément anatomiqae est de s'oxyder plus ou moins lentement; mais ce travail d'oxydation produit, entre autres composés chimiques, du gaz acide carbonique, qui, s'il n'était éliminé au fur et à mesure de sa formation, entraînerait bientôt la mort de l'élément anatomique. La fonction des globules rouges du sang est précisément de reprendre cet acide carbonique et de céder en échange lear oxygène vivifiant.
Le signe visible de cet échange gazeuK est le changement de coloration du globale, qui devient noirâtre alors qu'il a abandonné son oxygène pour se charger d'acide carbonique. Ce sang noir ou veineux contient beaucoup moins d'oxygène que le sang artériel. D'après Magnns, il y aurait dans le sang artériel 38 d'oxygène pour 100 d'acide carbonique, et la proportion ne serait plus que de S2 pour 100 dans le sang veineux. Le sang veineux est dn sang appauvri par la nutrition ; il renferme moins de globules, moins de fibrine, et au contraire plus de sels, dont un certain nombre sont des résidus nutritifs (1).
Tout élément anatomique transforme de l'oxygène en acide carbonique par le seul jeu de la nutrition ; mais il
'. (1) LODgel, TraiU d« physiologie, t. t, p. SU.
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en consomme en beaucoup plus grande quantité quand il eserce une fonction spéciale, et alors l'absorption d'onygène est rigoureusement en rapport avec le degré d'activité de l'élément chimique. Que si, par exemple, on coupe tous les nerfs qui se distribuent à un muscle, toute contraclion volontaire lui devenant alors impossible,' le sang artérielle traverse, en ne perdant qu'une très faible partie de son oxygène, et il passe rouge dans les veines (Cl. Bernard). Que l'on vienne ensuite à faire contracter le muscle en excilant l'un de ses nerfs par un courant électrique, aussitôt une'certaine consommation d'oxygène répond h la contractiun ; les globules se chargent au passage d'acide carbonique; ils noircissent; ils deviennent veineux. Des phénomènes analogues s'observent pour la même raison durant le sommeil hibernal, durant la syncope, et il .doit en être de mSme pour le sang traversant le cerveau pendant le sommeil sans rêve.
Claude Bernard a montré qu'on peut à volonté provoquer les changements de coloration du sang dans les glandes par la section et l'excitation de certains nerfs.
Au fond de tous ces cas parliculiere d'atonie organique,' il y a un phénomène commun : c'est l'inaction ou ]a moindre action des tissus, des organes; d'où surabondance d'oxygène dans le sang. On volt donc qu'il suffit en quelque sorte de poDvoir doser l'absorption d'oxygène d'un tissu pour mesurer le degré de son activité fonctionnelle.
L'échange de gnz entre les tissus et les globules se fait vraisembliiblement par osmose et difTusiou. Il faut pourtant noter que l'oxygène est probablemeut à l'état de combinaison avec la substance du globule, avec i'hématoglobuline. En effet, un acide organique, l'acide pyrogallique, qui est avide d'oxygène et l'absorbe surtout facileinent quand il est en dissolution dans des liquides noLoeiE. 6
Coogk
n LITRE 1. CHAPITRE VI.
«lealins, ne réussit pourtant pas i en priver eomplétencot les globules du eang. Ces gl<^ul«6 ont d'aiUeuie pour l'oxygène un« telle a%oité qoe, dans le sang artériel, ils l'absorbent presque eu totalité et «it dépouillvnt à peu près complètement le plasma. Comme tous les phén(H&ëaes chimiques, la comtHnaison des globules et de l'oxygène est influencée par la température. A une basse température, elle cesse de s'effectuer : par exemple, dans le corps refroidi d'nn mammifère en état de sommeil hibernal. Au contraire, qutind la température s'é)è¥e, la fixation de l'oxygène devient plus f»eite, jusqij'à 40 >à 4S degrés. Au delà, l'oxydation des globules s'exag^ ; il y a combinaison stable, quelque cèose d'aualogee à ce qtii se passe quand les globules sont en contact avec l'oxyde de (nri}one, leur peisou spécial -, le globule perd aleie «es précieuses qualités osmotiques ; il est tué (1).