QUANTITÉS DIFFUSÉES EH DES TEMVS EGAUX
Chlonire de Bodium 58,61
Sulfate do nagnéiie 27,41
Nitrate de soude S1,B6
Aoide ButTurique 69,38
3m™ amài ïe,7*
SlMW'dïgf'B*. 36,H
Cîoogic
Mèlasfe de aucre de cuDe SI,SS
Sucre d'«n]ldoa Sfi,ei
Gomme arabique lS,Si
En outre, ces colloïdes, si lents Jt se mélanger, à se diETuseï', se laissent facilement pénétrer par les criatnl-
loïdes. tandis que leurs analogues ne les peuvent traverser qu'en prenant, par modiQcation isomêrique, un état tout spécial de solubilité. Nous verrons, par exemple, en parlant de la digestion animale, que les substances albuminoldes des aliments ont besoin, pour passer daDS le système circulatoire, de se transformer, au préalable, en albuminose soluble.
11 faut encore se rappeler que deux substances incapables de se combiner cbimiquement, et possédaot différents degrés de diffusibllité, se séparent jusqu'à un certain point, lorsqu'elles sont mises, à l'état de mélange, dans un bocnl h diffusion ; car alors la plus difTusible passe au dehors plus vite que l'autre.
L'application des données précédentes k la nutrition se fuit pour ainsi dire d'elle-même. En effet, au point de vue simplement physique, les êtres organisés ne sont que des amas de substuncHs colloïdes, tenant en dissolution des substances cristalloîdes. Cette définition est strictement vraie pour nombre d'organismes rudimentaires, tels que les amibes, la plupart des iofiisoires ; en général, pour tous ces 6tres ni végétaux ni animaux, dont Hsckel u fait son groupe des montres. Elle s'applique même à nombi'e de zoopfaytes, et aussi à chaque élément histologique des organismes supérieurs isolément considéré. Prenons k petite masse amorphe de substance albuminoïtle contractile, qui constitue une amibe, un rhizopode, ou bien des Êtres monocellulaires, comme le protococcus nioalU, nombre d'infusolres, enfin les globules
DE LA NDTRITION. 8»
du sang des inammi(%res et même les cellules et fibres groupées en tissus pour Tonner )e corps des végétaux et des animaux supérieurs; nous voyons qu'en résumé tout élément vivant, ultime, isolé ou associé k d'antres éléments analogues, n'est qu'une petite masse de substance colloïde. Mais, comme tous les corps colloïdes, cette substance est capable de s'imbiber d'eau ou de solutious aqueuses ; elle en est en quelque sorte avide ; aussi s'établit-il entre ses molécules un courant aqueux, incessant, qui leur apporte des substances solubles, crislalloldes ou albumiioïdes modifiées, qui, en même temps, leur reprend d'autres substances ordinairement cristalloldœ, devenues impropres à faire partie du corps vivant.
Les pbénomènes de diffusion ne sont, du reste, ilullement propres fi l'état liquide. Vans un milieu gazeux, la diffusion des liquides est simplement remplacée par une diffusion gazeuse direct*; ou indirecte. Nous avons vu, d'autre pnrt, que des phénomènes analogues se produisent même au sein des liquides vivants, dans le sang et la lympbe des animaux supéneurs.
Hais, si la condition physique de la nutrition est la diffusion simple, chez les êtres amorphes, non encore composés de cellules ou de fibres, elle est un peu plus complexe chez les autres, à partir des organismes monocellulaires jusqu'aux mammifères supérieurs constitués par des libres et des cellules soudées ou groupées en tissus. Ici, la diffusion s'accompagne du pnssage des liquides k travers une membrane, c'est-à-dire qu'il y a lamoK, et nnturellement osmose à double courant, de debors en dedans et de dedans en dehors, endosmoie et
n nous faut aussi faire pour l'osmose ce que nous avons fait pour la diffuHon, c'esl-à-dire en rappeler brièvement les faits principaux. L'osmose, découverte par Dutro-
W- LIVBB II. CHAPITRB 1.
ch«t (1), pnisétudiéeMirtout par Grahsm, qui Ini dflant le uom de dialyêe, Mt, comme on le sait, le mélui^ â» deux solutions d'inégales densités, séparées par une mea»brane-EodéfiDitive, c'est de la dlffuBion dans desconditioB» mécaniques spéciales, qui permettent de superposer 1m liquides, en mettant, par exemple, le plus dense au-de»sus du moins dense. Puisqu'il j a, au fond, une tièsgrande analogie entre la diffusion et l'osmoEe, il v& de soi que les substances les plus lentes k l'osmose doivcat être les substances colloïdes; c'est tumsi ce qae l'^périence confirme. Dans l'osmose, la i^îson membraneuse, ordinairement o^nique, qui sépare les liquides, est traversée simultanémenl p^r un double couraut ; et d-babkiide le courant le plus fort va du liquide le moins dense v»s le plus dense. U est d'aiUesrs des exceptioBs; par exemple, ^ de l'eMi et de l'aleo^' sont séparés pu un fragment, de vessie, l'cou passotti en girande quantité' du côté de l'alcool. On a supposé qne, dens ce nta, la direction du courant tient à l'inégalité des attractions capttlajres entre les liquides et les deoi faces de la membrane. L'eau, mouillant la memlvane mieux que l'alcool, s'^èvoFait par capillarité dan» ses pores, et, an contrsnv si l'on remplace la vesâ» pur une ooache de collodit»* lequel est mieux mouillé par l'alcool qu? par l'eau, la direction de l'osmose sera renversée. Tonte» les memlffaDC» avec, lesquelles on a fait des expérienees osmotiques sçiit, e n effet, percées da véritables trous (vessie, collodion, p»pier, parchemin, etc.). Muis cette e:^ication ne saunU csnvenir h tous les cas, et. ^écialenient aux cas d'osmoa* àitravers les membranes viwtDtes. Bb ^et,. autant qM nos microscopes les plus puissants uous permettent ds
(1) S.-B. Dntroehet, De rtndûtmose, dans Mémoires pour lercir à FMKolr» anatomfqm et phytiologiiw de» végétaux et <tw 1. 1. PulB, U»7j
DR LA EiGTRtnOM. 9)-
iMSsen asiaier, le» surfaces des cellules et de» fibres aBÙnsles et vestales soDt d'um homogénéité absolm^ Oaia';f Irottve nulle tracs de pores. Porœ est bien, sans* dnte, d'admettre des intmiatlea molécolaires et ato- TnîqiMs, à travers lesquels le passage des solutions doit s'efTectuer ; mais dans ce cas l'osmose s'acoompa^e d'uneaction chimique exercée snr la meoibrane dialysfuite. Lea liquides, gaz oo'. vaiteors, qni traversent les parois cellulaves ou fibnllaires, s'uoissent, chemia faisant, niolé<cale k molécule, aux tiémeots chimiques constituant cett* paroi; puis, oODime de l'autre cété de la membrane ils se trouvent en contact avec un ffuide nouveau, ils abaodonnent alors les éléments de la paroi pour se combinw avec ceux du fluide qu'ils rencontrent. Cette explication, proposée par M. Gh. Robin, rendrait raison, si elle était fondée, d'un fait extrêmement important. Elle ferùt coBiprendre pourquoi, au sein des organismes, la compositioa du fluide absorbé n'est plus, en deç& de la membrane ou delà paroi vivante, ce qu'elle était au delà; pbénomène particulier à l'osmose biologique et ne se produisant jamais dans les endoemomètres et afqoareils k dialyser.
Mais, fondée ou non, cette explication ne nous semble nullement nécessaire pour rendre raison des changements occaaonués dans la composition des fluides par l'absorption physiologique. 11 suffit, pour expliquer cette métamorphose, de tenir compte des phénomènes chimiques en même temps que des. phénomène» physiques. Jusqn'ici, presque toutes les expériences osanotiqnes eiTectuées dans les laboratoires ont porté sur des liquides miscibles, mai» n'«eri;ant Vaa sur l'autre aucun* action chimique. Ce n'est pas évidemment ce qni arrive dans les tissus vivants. Là les fluide^ qui ont traversé une paroi vivante, tiennent en dissolution des substances instables qui se trouvent, par le fait de l'osmose, en contact avec d'autres fluides
ei LIVBE II. CHAPITRE [.
composés de substances de complexité nn&logue et de composition difTérente. Il y a évidemment , Jors de ce conflit, des échanges de molécules, des réactions chimiques; les substances nouvelles venues réparent l'usiire des anciennes, et, pour cela, force leur est bien de s'allier, de se combiner avec elles. Le résidu de ces opérations et celui de l'usure des substances préalablement oi^nisées sont un mélange de divers corps cristalloîdes , qui est promplement entraîné hors des éléments bistologiques, flbreg et cellules, pour être ensuite expulsé déGnitivement de l'organisme. Nous avons vu que rien n'est plus facile que de séparer, avec un dlalyseur, une substance cristallolde d'une substance colloïde. Il est bien évident, néanmoins, que la paro icellulaire n'est pas inerte d^ns tout ce travail de mutation moléculaire. Elle est vivante, tout aussi bien que son contenu, et doit, par conséquent, participeraussi aux phénomènes de transformation.
On pourrait sûrement, dans les expériences osmoliques, se rapprocher beaucoup plus de ce qui se passe dans les corps organisés, en faisant réagir sur des substances colloïdes des corps oxydants, capables de donner ainsi naissance à des corps cristalloTdcs, etc.
Les curieuses expériences de Traube sur les cellules artificielles nous ont appris qu'il était déjà possible d'imiter, dans une certaine mesure, les phénomènes physiques et chimiques de la vie (1), Certes, on est loin d'avoir copié, dans la mesure du possible, les phénomènes do physique animale et de physique végétale qui forment le fond , le support des actes vitaux. Sans doute, le peu d'initiative dont ont fait preuve à ce sujet les expérimentateurs doit, pour une large part, être attribué aux idées métaphysiques et mystiques que l'on s'était faites de la vie. Tant que les
(1) ExptrtiMnttiurThioriederZtilbtlàungund Endoimoii (Archio fur AnaU>mif,elB.,-voa Reichert uad Dubois-Re^moiid, ISeT, p. HT.)'
DE LA NCTRinON. 93
phénomènes ■vitaux ont été considérés comme d'un ordre (out à fait à part, comme n'ayant nul rapport uvec les phénomènes physiques ou chimiques ; tant que l'on a cru devoir invoquer, pour expliquer ce qu'on appelait « le miracle de la vie » , des entités directrices, indépendantes des corps, des sortes de dieux immatériels, préposés au gouvernement physiologique de chaque organisme, des archêes, un principe vttiil, etc., il était naturellement presque impossible que l'idée de reproduire iirtificiellement les principaux actes physico-chimiques de la vie vint aux expérimeutateuFS. Il en est heureusement tout autrement de nos jours; aussi voyons-nous les savants s'engager enOn dans des voies où ils n'auraient jamais songé h entrer il y a un demi-siècle.
M. Traube a basé ses expériences sur deux faits principaux. Le premier de ces faits a été établi par Grabam : c'est que les colloïdes dissous sont incapables de se diffnser à travers des membranes, colloïdales. Le second fait est que les précipités des substances colloïdales sont euxmêmes colloïdaux. Parlant de ces données, M. Traube a pu faire artiGciellement des cellules, dont la paroi était formée de tannatc de gélatine. Il prend une goutte de gélatine qui, par une ébuUilion de trente-six heures, a perdu sa coagu]abilité. U la laisse se dessécher à l'air pendant plusieurs heures, et, à l'aide d'une baguette fixée dans le bouchon d'un flacon à demi rempli d'une solution de tannin, il la plonge dans ce liquide. Alors ta petite quantité de gélatine, qui se dissout à la surface de la goutte, se combine avec le tannin, et il en résulte une membrane cellulaire fermée. Mais cette membrane est homogène, imperforée, comme les mEmbranes organiques. Aussi la diffusion, qui s'établit entre son contenu et le liquide extérieur, doit s'effectuer osmotiquementà travers les interstices moléculaires. L'i^mose se produit très-énergique-
•i UTBC U. <»AnTU I.
ment. La moubraïae m distend de plus en plos; pw«aite, ME molécules oonetituanles s'ëcarteot les aaes des autres; àiin moment donne, quand l«s molécules des deux liqaideB «1 présence peuvent CBoileiiieiit s'introduire dans le»intCF- «tices moléculaires de la nembnoe et s'y rencontrer, Ht y forment, de DonTeai],<iies molécules de tanoate de gâ^ tine. Par conséquent, la membrtme s'aecroît par mOatmteption. En ^et, il sufSt, pour airëter tout acoroiaBement, de remplacer la solution de tannin par de l'eau.
H.,Traube forme aussi, de ta même manière, des îoamfamnes «ndosmoUiiues lort cunemes , imperméables A certaines «ibslanoeB, trËs-perméables à d'antres, «o mi mot, ezer^nt sur les substances en contact avec elles une action élective, comme le font les membranes Tivantes.
fi«Ion'M. Traube, tout précipité dont les intersliees mo^ léculaires sont plus petits que les molécules de ses couposants, doit {n^ndre la tonne d'une membrane.
Enfin l'endosBoee h travers les membranes dépendndt uniquement de l^ttraction du c«|)b qui se dissout psnr 'Son dissolvant.
Ces expériences «ont infiniment curieuses; pourtant elle copient bien imparfaitement encore ce qui se paew dans les cellules vivuites. C'est quelque cbose d'avoér obtenu par de simpleB procédés chimiques une meMbran« qui s'accroît par intussiisceptioa, puisque oe mode d'«ccroissem«it est, depuis unt«mps imménioriBlftBiiûdéré comme parlicolier aux corps vivaats ; mais dans k cellule vivante il y a plus encore : le contenu n'est pas plus inerte que la membrane d'enveloppe ; il se modifte et«e renouvelle sans cesse, molécule à molécule, sus m détruire.
Dans les phénomènes prJmordiaax de la nutrition, il y a, en effet, deux actes, on plutM deux foces principales d'an mtaie phénomène, l'aEshnilationot la désassimîlaUon.'A.
DE U «DTRlTVHr. tti
llnnmflatianMTappDrteDtles faits d'iAsorptionet d'eu- ^iMRiese ; à U âésassimilalloa sont li& les bîls àe eéevétiOQ el â'ezosfflQse. li faut bien ee BCOYenir que ladétu- «imilation a pour réiullaL de transfbnser les suhilaaeeB cdloides des cwps TÎr&ats en substanoBS criBtaUtsaUtg, lenant en qiielque aorte le milieu «être les substaoKS «ganiqueB et les substances miaérales.
Il est aujourd'hui bien démontré que ces faits primordiaux de la nutrition sont identiques dansloat l'univers vivant, aussi bieu dans te monde animal que dans le nonde végétal. On sait, en outre, que le principal agent de toutes ces traQsrormations, de tous ces échanges, est l'oxygëne de l'air.
ChezlesètreslesplusFudioientaireE, amorphes ou mo- Docellulaires, l'oxygëne se diffuse directement au milieu 4es molécules de la substance vivante ; iî oxyde cette sabstance par une sorte de combustion lente, et déter- ^ne la formation de divers corps organiques cristallisa- Ues et d'un gaz, r«eide carbonique ; le tont est ensuite expulsé.
Chez l'ôtre dont la structure est plas complexe,là où il y a agrégation de cellules, de fifores, en un mot d'éléments îiistologiques divers, ayant chacun leur forme, leurs fonctisns spéciales, étHut de plus groupés en tissus pailienliers, Toxygène de l'air, ei, plus généralement toutes tes subituces qui pénètrent dans l'oi^ganisme et en sortent, ont k subir une sorte de stage avant d'ëte assimilées on «erétées. Dans les cas les pins simples, quand l'orgaiisiDe «Bt seulement constitué par des é^ments histologiques de -mime nature, plus ou moins étroitement soudés et bai- {(nant dans un liquide interstitiel, sans qu'il y ait eneoite «i système circulatoire, ni système respiratoire, ni système digestif, alors les substances nutritives et les substances désassimilées se dissocient dans le bla^me inter-
cellulaire. C'est dans ce liquide, imprégné aussi d'oxygtee et d'acide carbonique dissous, que les éléments hlslologiques choisissent les matériaux qui leur agréent et rejettent ceux qui ne sauraient plus leur convenir. A un degré plus élevé de slnicture, il se surajoute des appareils spéciaux, des systèmes plus ou moins ramifiés de canaux, dans lesquels circulent les liquides et tes gaz. Mais, même alors, le liquide interstitiel, intercellulaire, ne cesse pas d'exisler; seulemen t il se renouvelle, se revivilie et s'épure sans cesse en puisant dans les fluides circulatoires, en s'y débarrassant à son tour des substances destinées à l'élimination.
En résumé, le liquide intercellulaire se coraporle visà-vis des Quides circulatoires comme les éléments histo- Ic^ques se comportent vis-à-vis de lui.
On le voit, c'est par un artiUce de construction que la presque totalité des êtres organisés vit dans l'air. En fait, tous les éléments hlstologiques constituant les organismes complexes sont aquatiques; ils ]>aignent dans un liquide spécial, dans un milieu vivant, qui est en même temps leur raison d'être et le résultat de leur fonctionnement nutritif. Cl. Bernard a beaucoup contribué, dans ces dernières années, à propager cette heureuse idée des milieux intérieurs, tels que le sang des aniaiaux, la sève des végétaux, etc., « cet ensemble de tous les liquides interstitiels, cette expression de toutes les nutritions locales, source et conQuentàla fois de tous les échanges élémentaires (1). » On peut admettre, avec l'éminent physiologiste, sauf quelques restrictions pour les êtres vivants tout à fa^ rudimentaires, qu'il n'y a pas de nutrition directe, et que, par exemple, un fragment de polype d'eau douce, quand il se reconstitue et se complète au point de redevenir
(1) IUmuKimlifiqw,iiH.
DE LA NDTR[T10N. 97
nn polype entier, se sert principalement du fluide nutritif interstitiel ^i imprégnait d'avance le fragment séparé.
Donc, pour tout Être organisé complexe, il y a trois milieui superposés : le milieu cosmique, aérien ou aquatique, mais, dans ce dernier cas, tenant de l'air en dissolulioD ; le milieu sanguin ou séveux ; euGn le milieu inler- Btitiel, intercellolaire. Naturellement les milieux internes ont besoin, comme les milieux externes, de se maintenir dans ce que nous appelons un état de pureté convenable, c'est-à-dire dans un état de composition assez bien équilibré, pour que les éléments histologiques y trouvent à chaque instant leur p&ture. Nous verrons, dans le cours de cet exposé, que, dans les organismes complexes, des appareils spéciaux d'exhalation, de sécrétion et d'excrétion sont châtiés d'entretenir incessamment, à travers ces milieux, des courants rénovateurs, de mémo que d'autres appareils, par exemple l'appareil digestif et certaines glandes, y versent des nutriments convenables.
Ces données générales établies, nous pouvons maintenant analyser les actes, les phases de la nutrition. Nous savons que cette propriété biologique s'exerce dans toutes les substances vivantes, figurées ou non, aussi bien dans les plasmas et les blastëmes que dans les éléments ligures. Dans les uns et dans les autres, elle dépend : d'une part, des conditions physiques d'endosmose, d'exosmose et de diffusion; d'autre part, des affinités physiques des substances mises en présence. Dans tout cela, pas la moindre place pour un (^ent métaphysique. Il s'agit simplement de phénomènes physiques et chimiques se produisant dans -des conditions de complexité et de simultanéité toutes spéciales, mais étroitement liées d'ailleurs aux variations du milieu ambiant. On voit, en effet, ces phénomènes s'exagérer ou s'affaiblir suivant que l'air est plus
9t LIVBB IL CBAPITM I.
on màns os^éné, Baivant que la teropénton est (dos cm
moins haute, etc.
Quoique les phénomènes nutrilir» soient simultanés et ininterrompu a, on peut, pour la CMUmodité de l'exposition, les diviser eii phénomènes d'assimilation et phénomènes de désassimilation.
C'est par endosmose que les principes immédiats arrivent dans la substance des éléments anatomiqnes ou dans les liquides vivants. Les principes de la premifere classe, c'est-à-dire tes substances minérales, y parviennent bodvent sans modification, par simple dissolution, comme le font, par exemple, les chlorures et les sulfates alcalins. Certaines d'eutre ces sobstauces se eombinent avec les maliËres oi^auiques, comme le phosphate de chaux, par exemple, se combine à l'osséine dans les os; mais alors, contrairement aux lois de la chimie non vivante, la combinaison ne semble pas se faire en proportious déGaies. C'est une sorte d'alliage.
Chez les végétaux, le pouvoir d'assimilaticm paraît plus énei^que. C'est dans le milieu minéral, en effet, que le v^étal doit puiser directement ses aliments; anssi voiton les parties vertes des plantes assimiler d'emblée le carbone de l'aeide carbonique aérien et l'ineorporet immédiatement à des substances organiques complexes, Unnalres et quaternaires. Le même pouvoir synthétique est exercé, dans de certaines circonstances, sur l'azote de l'air et normalement sur l'azote des sels ammoniacaux puisés par les racines dans le sol.
Chez l'animal, les vrais phénomènes d'assimilation s'exercent généralement aux dépens de substances albominoïdes déjà élaborées. Un fait important à noter, c'est que les sutûtances organiques assimilées n'ont jamais, aa préalable, la même eompositîon'qoe celles qui fonneot les éléments anatomiqnes aasimilalenrs : la masealine,
DE LA NDTRrnOH. 99
réIaMicine, etc., propres k chaque espèce de eellnle, de Sbre, etc. , ne se rencontrent, en effet, nolle part en dehors des éléments qa'eika constitaent et reeonstilnent iecesaamment; elles se forment dons l'organisme animal «n dépens des liquides vivants, par catalyses isomériqnes (1).
Les éléments anatomiques peuvent s'assimiler na gnoi nombre de substances, mais ils ont nécessairement leurs afûnités propres, tout à fait analogaes k celles des corps de la chimie minérale. De là résulte un choix, un triage, qui ont longtemps paru intelligents, qooiqo'O n'y entre pas plus d'intelligence que dans l'aiSnité dn chlore pour l'hydrogène, de l'acide sulfurique anhydre pour l'eau, etc. Ces combinaisons chimiques, formées dans la substance des éléments anatomiqaes, ont pour caractère d'être très-instables, et d'autant plus inslaUes que la vie s'est élevée à un degré plus supérieur, qu'elle est plus animulisée. Ainsi l'instabUité chimique est beaucoup plus grande chez les éléments anatomîqnes animanx que chez les éléments végétaux (2). On ae dissocie, chez ces derniers, les combinaisons chimiques qu'avec l'aide d'agents chimiques énergiques. Aussi est-il beaucoup moins facile d'interrompre le mouvement vital chez le végélal que chez l'animal. Mais, chet l'un et chez l'antre l'instabilité chimique, à des degrés divers, est la condition même de la vie. Toute combinaison trop stable éqoivant à la mort.
L'assimilation nutritive a' naturellement ponr condition nne désassimilation correspondante. Pour que des substances nouvelles s'incorporent à un élément anatomique, il faut de toute nécessité que d'autres substances leur cèdent ta place. £n effet, incessamment, nne portion des
(1] Cfi. Robin, AnatomU mi'croicopi'quc iu iUmtnls analomiquei.
iD-S". Paris, 1868. • -,
(8) Ch. RoblD, ioe. cil., p. 6S. ; ] :
substances, gui faisaient partie de l'élément anatomiqae, cessent de ressembler aux substances foudamentales, et elles s'en séparent. ËUes n'ont point pour cela cessé d'être des substances albuminoldes complexes, mais généralement elles se sont oxydées davantage et sont passées à - l'état de matières cristallisables ; elles ont fût un pas pour retonnier au monde minéral.
Quant aux substances minérales expulsées de l'élément anatomiqub, certaines n'ont fait que le traverser sans s'altérer. Ainsi font certains sels, l'azote, l'eau, etc. D'antres composés minéraux, cependant, s'y sont formés par combinaison directe, comme ils l'auraient fait dans une cornue. C'est ainsi que se produisent, chez tes animaux, les carbonates alcalins, les lactates, le pbospbate ammoniacomagnésien , les phosphates de chaux , les urates, l'acide carbonique, etc.
L'échange nutritif ne s'effectue pas dans tous les tissus avec la même énergie. En général, c'est dans la cellule proprement dite ou dans les tissus formés par des agrégations cellulaires, que ce double courant atteint son maximum de puissance. La nutrition peut souvent alors s'effectuer sans le secours d'appareils circulatoires spéciaux. Le troc des matériaux nutritifs s'opère dans ce cas de proche en proche avec une suffisante rapidité. Les choses se passent ainsi chez certains organismes inférieurs, simplement poîycellulaires, dans le cristallin de l'œil des mammifères, etc.
Si un tissu est à la fois constitué par des cellules et pourvu d'un riche réseau vasculaire, il est alors dans des conditions particulièrement favorables et la nutrition y est rapide et énergique ; c'est ce qui a lieu, chez les mammifères, dans le tissu médullaire des os, dans la substance grise du cerveau, etc.
- ^près l'exposé des quelques données générales, aux-