Formaft'on et ctreulalion de la live
Prenons pour type une plante complète, une dicotylédonée, plongeant ses racines dans le sol, Étalant ses rameaux dnns l'air. Au printemps, une telle plante s'impr&gne incessamment des matériaux qu'elle dérobe au milieu extérieur. Elle en absorbe par les racines, par les feuilles, par l'écorce. C'est par le procédé osmotique, que les racines puisent dans le sol les premiers matériaux de la sève. Ce sont les délicates cellules des extrémités des racines, des spongioles radiceUaires, qui sont lea prîncipaui agents de l'absorption. Ces cellules contiennent un protoplasme den3eetalbnmineux,coaguIable par l'acidenitrique ; elles sont en contact avec le sol par leur membrane cellulaire, par les poils qui les garnissent; elles sont donc dans des conditions très-favorables à l'absorption osmotique. Il est, d'ailleurs, facile de prouver que c'est bien grâce au procédé tout physique de l'endosmose, que les racines s'abreuvent de l'humidité dn sol, puisqu'il suffit de les plonger dans une solution sucrée et dense pour arrêter leur travail d'absorption. Dans le sol, au contraire, l'eau, relativement peu chargée de substances dissoutes, mouille les extrémités des racines, pénètre par endosmose dans leurs éléments anatomiques, et s'y mélange à leur proto-
WUTBITION VEGETALE. lUS
plasme, ec eatralaant avec elle des sels ammoniacaux, des phosphates, des sels de potasse, etc.
Mais, pour accomplir leur office, les poils des racines ont besoin, comme toutes les cellules organisées, de se nourrir, e'eat-à-dire de s'oiyder, d'absorber de l'oxygène et d'exhaler de l'acide carbonique; aussi la pénétration de l'air dans le sol où plongent les racines, est-elle indispensable h l'entretien de la vie des plantes. L'eihalalion de l'acide carbonique par les racines a aussi son utilité. En effet, c'est gr&ce à la présence de cet acide carbonique que certains sels deviennent solubles dans l'eau, et peuvent ainsi pénétrer dans les cellules radicales. Il en est ainsi, par exemple, pour certains phosphates et sans doute aussi pour la silice, etc. Une fois introduites dans les cellules des spongioles, des poils radicaux, les substances entraînées par l'eau, qui les tient en dissolution, passent de cellule en cellule, chacune les empruntant aux autres, à mesure que se produit l'usure nutritive. Chez les plantes à racines, ce mouvement ascensionnel des liquides puisés dans le sol est facilité par la présence de ces vaisseaux et faisceaux vasculaires, que nous avons décrits précédemment; il n'y a même de racines que chez les plantes dont le tissu cellulaire est parcouru par des vaisseaux. Au printemps, le Ûot du liquide séveux est si abondant, qu'il envahit tout : cellules, fibres, vaisseaux, même les interstices des cellules ou méats intercellulaires. Ce flot monte ainsi de la racine aux feuilles, mais eu circulant plus vite dans les vaisseaux, où il rencontre moins d'obstacles et est, dans une certaine mesure, soulevé parla capillarité. Le grand mouvement d'ascension se fait par la partie centrale, par le corps ligneux ou par sa zone extérieure, plus jeune et moins incrustée, si le végétal est déjà figé. Très-certainement des causes multiples, l'endosmose, la diffusion, la capiUarilé, la fixation nutritive
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ion UV«E H. CHAPITBC II.
des matériaux alîbilee dans les boargeoiu, l'éraixvation à la surface des f«aiUes, concourent à l'ascension de la sève; maiB la cause la plus paissante est sûrement l'absorption exercée par les cellules terminales des ntdnes. En ^let une plante peut ^ivre, et vivre activement, alow que ses extrémités radicales plongent seules dans l'eau.
Outre ce grand mouvement général du liquide séveui, il en est d'autres plus intéressants peuMtre, ce sont ceux du couteau des cellules, du protoplasme. Ce liquide, que Dous savons être habituellement un liquide albumiaolde, est granuleux, et l'on voit, dans presque tous les végétaux, ses granulations exécuter le long des parois de la celhile ou de la tibro-c«!luIe un mouvement giratoire. Elles montent d'un cAté et redescendent de l'autre. Ce mouvement protoplasmique est un mouvement vital, lié vniiseffibÛ)lement aux échanges et aux réactions moléculaires de la nutrition, il ne s'effectue, en effet, que dans des limites thermométriques déterminées. La limite minimum est aux environs de 0 degré, la limite maximum vers 15, 47 degrés. C'est vers 3S à 37 degrés qn« la vitesse du courant protoplasmiqne atteint son maximum. Quand c'est le froid qui arrête ce mouvement giratoire, on peut, en rédiauffant le sol, remettre le liquidées mouvement (1).
En regard de cette action manifesta de la chaleur, il est curieux de voir que la lumière semble influer peu ou point sur le mouvement protoplasmique, qui s'opère sans modi- Ilcalion apparente, alors même que la plante est maintenue dans l'obscurité.
Après avoir tournoyé dans les c«llules, cheminé dans les vaisseaux et les méats, avoir pris et abandonné aux déments, qu'elle a traversés ou côtoyés, certaines des matières qu'elle charrie, la sëve arrive «i&a à la partie
{1] Nlfeli, cité par Sachs, Traité àt tolanique, p. 85C, SB8.
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NUTKinON V^ÉTALE. f«T
Tniment aérienne du végétal. Là elle subit de tr^B-iraportantes modifications, grâce k l'action spéciale d'nne substance, dont il nous faut maintenant parler. Cette substance est la matière verte des feuilles, k chlorophylle.