CHAPITRE I
COnSTITDTlOIf SS L& HATIÂRE
IIII1t£ de substance dans le monde OEGimODE
ET DAIIS LE MONDE IHORGANIQOE .
Les sciences d'obserYation exigent tout d'abord, de quiconque les veut cultiver, un acte de foi. Quoiqu'il soit parfaitement incontestable que le monde extérieur se manifeste à nous uniquement en suscitant dans notre esprit une incessante série de pbénomËnes de conscience, de phé> Qom&nes dits tubjeetifs, force nous est bien pourtant, sous ' peine de nous abîmer dansle doute préconisé par Pyrrhon et Berkeley, de croire nos sens, comme d'honnêtes et sincÈrea témoins, alors qu'ils nous signalent l'existence, en dehors de notre être, d'un vaste univers matériel, dont les éléments sans cesse en mouvement éveillent en nous, en agissant sur notre organisme, des impressions, des sensations, et par suite des idées et des désirs.
Le monde extérieur existe, indépendamment de notre vie de conscience ; il était quand nous n'étions pas encore ; il sera quand nous ne serons plus. Sans nous arrêter, comme le faisùt, il y a quelques années, M. Littré, à dis-
UOLOGIE. 1
aerter pour savoir si la certitude de l'eiistence du monde exlérieur est de p'Oiii^e oa de;sac()Dde quaËtë, laissant de côté tout rariinement métaphysique, nous devons croire fermemenl à l'existence réelle du monde extérieur; parce qne tous nos sens ne cessent de nous crier sur tous les tons que Vobjectif, le non-moi des psychologues, n'est point uDe chimère, parce que la iH'eyaiice contraire frapperait de nullité toute observation, toute expérience, tout raisonnement et 'teut savèh-.
La rftilité du monde extérieur une fois admise, et l'homme n'arriva jamais à en dovter que par une sorte de dépravation intellectuelle, on s'est naturellement demandé quelle pouvait ôtre la constitirtion intime de l'étoffe de l'univers. On a soupçonné que, dendère l'apparence infiniment mobile et variée des phénomëikes extérieurs, il ponvah exister une trame commune. Notre Lut, dans ce trava'd , n'étant pas de passer en revue les opinions ou les rSveries des diverses écoles pbil«ophli|iie8,'n3U9'n«us fa&lerons d'eipoaer les Ihéoiies, im systàaes iee pins vraîsembkblefi, ceux Qcel'slHerrBtionaciHiânnés etqm, fieu à peu, ont conquis dans laaoience leur -droit de-cilë.
Leucippe aamble avoir eti, le premier, l'iiAultiini 4e la théorie la jilue rationnelle :sar la .OMisthatiia de ila. anlbfltance unjveraelle. Peiu- lui, cette «nlotRiice est un anns discoulinu de gcanoies solides, infintioent petite, séparte pu- des espaces widee. Cieat it le videmélangé .de aahâe a, lui.vaot uœ expression lie Bacoa.
Démocrite «âBiellaiit que ces grasales pcimocAoBc étaient pleùB, in^énétraMes, de phis, inséosbleB, A, pour celte ^derBlène rd»on, rï les appela otaMi it).
(1] Car qu'est-ce gtie dil DâmoorituB? « Qu'i! y s. des subatanow en nombre innny, qui s'appellent ofomM, parce qu'elles ne aepeuveat^iiiiser, dilTéreDtea tontarois, sans qjialité quelconque, irapaanUIm, qoi M menvent, diafBMtei gL et LA «n vuide mSinj, et tfMaà
coNSTiinmON de u matière. :s
Muek'SiiBce^itw-â'KtoiReeiilmns, dispersa dant le -«âe jam Umitefl de l'unÎTers, mt rendait pRB encore an compte suffisitmineiit précis de bt aoustitution des ovps. Vint %ki]re, dont 1k dootrhM fat si 'magnifiquement chantée ;«r le grand po6te Ijiorëce. H ût faite no grand pas à la jbéorie alamiqne de Leaaippe et de Démocrite, en ybà- Sfiaift les atomeE, en Ibe aupposont doués de monveomit spontnné.Bela oiobilité des atomes résultaient leursagiéfntioDE diverses et les drâsemblaiices des corps. L» atomes devaient, selon Épicnre, s'emmèlerj s^triquer, s'aecFocber littéralameot. Un philosophe, qui ent le talent de prêcher et de ^p%er en France la théorie atomique, sans paraître ofTenser l'orthodoxie de ;aofi époqae encore IlirtEoupçQnneuse, Oaasendi, remit en honneur la doctrine atomique des anciens. 11 admet, seltp rexpresslon d'Épianne, que a ce qui est se meut en ce qui n'est pas » , c'està-dire que les atomes ne sont point en contact, mais ^'ils sont séparés par des espaces videa.
Atnà donc, d'après cette Âéorie, le monde serait composé d'une innombrable quantité d'atomes mobiles, m&~ niment petits, distaats les ans des autres. Ces atsmes seraient dans un perpétuel état de mouTemffat, se cher~ i&snt on se repoussant matueSement, car ils arm?aieDt lencB sympathies et leurs antipathies. C'est de la diversité de leurs af Suites qne résulteraiestleuFs modes si divers de ^groupement et la vaiàété du monde extérienr. C'eti par leurs, vibrations, leun 'OsdllatianG qu'ils se décèlent k
eHa» s'approchent les unes des autres, ou qu'elles s'assemblent et coDjoigneat, que de tels assemblements l'un apparoiat eau, fiutn fm, l'autre ithrt, l'autre bonntie, et que tant est atomas, qnlli^ jiaUe aiiMi ûMm, -.tt qu'il D'est rien aolrn, parce qu'il ne se peutt iain Bênêcation de ce qui n'est pas, comme aussi ae qui eel ne peiilt d&veuir rien, parce que les atomes sont si fermes, qu'ils ne peuvent SB Bd changer et altirei-, ny smitrpir. » fFÎntarque, (EuTros mSléa», Contr» ColûlUs. Trad. Amyot, édit. Clavier, t. XX. Parii, tUI.)
Cîooglc
i LITRE I. CHAPITRE I.
l'homme, en impressionnnnt ses organes des sens. Ils auraient pour qualités essentielles l'inaltérabililé, l'éteroîté. Quand ils s'agrègent, des corps nouveaux se forment; quand ils Ee désagrègent, des corps préalablement existants se dissolvent et semblent s'évanouir ; ce sont des moellons qui ont passé, passent et passeront toujours d'un édifice à un autre. Leur ensemble constitue le Tond commun de l'univers, et, en réalité, ce fond commun ne subit d'autres changements que des modifications dans la distribution de ses éléments constituants. Tous les phénomènes, tous les aspects variés, toutes les révolutions de l'univers se ramËnent essentiellement à de simples déplacements atomiques.
Cette grande théorie, si admirablement simple et séduisante, ne serait qu'une brillante spéculation, si des faits nombreux et rigoureusement observés ne lui servaient aujourd'hui de base et de démonstration.
Nous énumérous rapidement les plus importants de ces faits, quisont, pour la plupart, du domaine delapbysipe et de la chimie.
Wenzel, Richter, Proust prouvèrent d'abord que, dans les compositions et décompositions chimiques, les corps se combinent suivant des proportions rigoureusement définies. Daltou- formula la loi des proportions multiples et en déduisit naturellement que la matière est constituée par des atomes étendus ayant un poids constant, et que ces atomes sont de diverses espèces.
Quand des atomes de même espèce se juxtaposent, on a ce que nous appelons des corps simples, comme l'hydrogène, l'oxygène, l'azote. Au contraire, les corps dilswmposés résultent de la juxtaposition d'atomes de nature diverse, d'où les acides, les sels, les oxydes, el aussi tous les composés instables et complexes qui constituent les substances organiques.