‹ La biologieChapitre 4 sur 136 · CONSTITUTION DE LA MATIERE. H · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DE LA MATIERE. H

Ce n'est pas tout : à la loi de Daltoo vient s'ajouter celle d'Avogadro et d'Ampère ; celle dernière loi établit que tous les gaz, à égalité de température et de pression, ontia même force élastique. Mais, comme cette force est due vraisemblablement au choc des atomes ou des groupes d'atomes, des molécules, sur les parais des vases qui emprisonnent les gaz, i[ faut admettre que, dans les conditions précitées, tous ces gaz contiennent, sous un même volume, un même nombre de molécules ou d'atomes.

Enfin, Dulong et Petit ont pu établir, expérimentalement, que les atomes des corps simples possèdent tous la même chaleur spécifique.

Toutes ces grandes lois, lentement dégagées de l'observation et de l'eipërience , ont transformé en une théorie scientifique solide la brillante, mais vague intuition des penseurs de la Grèce antique. Avec un point d'appui aussi ferme, la chimie a pu particulariser davantage, étudier en quelque sorte le caractère individuel des atomes ; on langage scientifique, elle est arrivée à la notion â'alomicité.

Les atomes ont pour caractères communs d'être étendus, impénétrables, indestructibles et éternellement actifs. Mais ce fond commun n'exclut pas nombre de différences spécifiques. La chimie future nous apprendra, sans nul doute, ce qu'il peut y avoir de fondé dans les hypothèses de Dumas, de LoJiyer, suivant lesquels les corps simpleii de la chimie actuelle seraient seulement des corps indécomposés. Dans cette donnée, nos métaux et nos métalloïdes seraient do simples modifications d'une substance unique, vraisemblablement de l'hydrogène, dont les atomes formeraient des groupements moléculaires différents. Dans l'état actuel de la science, cesidées, purement hypothétiques encore, sont négligeables, et, appuyés, quant à présent, sur les grandes lois de Dalton,

<r uwe t. CKAPiTU t.

d'Ampère, de Ddoi^ et Petit, nous avons le droit de osnadérer les corps amples de 1& idiiinie ooaliemporatSB' osoime représentant des groupes d'atoram idantîqnm entre eux dans chaque corps simple, mois ^riciQi{ii»meot divers, d'an corps simple à un autre. Or cbacuse de ces espèces atomiques a son énergie propre, ses alfinités à eile. Dana le groupF! des autres espèces atomiques^ elle a des amis, des iodifféreats et des eusemis. El)es'uoit Tolonliers nnx uns, néglige les seconds, ref^ee an CBRtraipe de se combiner avec les derniers. En antre, crttB fïiculté d'attirer et d'êlte attiré atteint dans chaque espèce atomique un différent degré d'énei^e. D'où l'on peut induire qu'U y aentreles diverses e^èces atomiques des différences de masse et de forme. En s'agrégeant ainsi, selon leurs affinités, Ins atomes se disposent en petits systèmes a^nt dans chaque corps une stnwtape spéciftie. Ces systèmes atomiques sont appelés molécules.

Les atomes des métaux alcalins, comme le potassiumet le sodinm, ne peuvent Qx«r chacun plus d<'uQ atome de chlore ou de brome; ils sont monoatomiques, eomm<e l'hydrogène. Le calcinm, le baryum, le strontium, etc., ont besoin, pour que leur puissance attractive soit sat«^- rée; de fl.xer deux (rtomes de chlore; ils sont rfi'atomi^uri, comme l'oxygène ; tandis que le phosphora, 'qui parvieDt à fixer, dans le perchlorure dephosphore, cinq atomes de chlore, est penlatomique.

Ce sont ces inégalités dans le mode et la puissanee deonmbinaison, dnas la capacité de saturation, que l'on appelle l'flftwKeiïe dfe chaque espèce atomique; en désigntmt spécialement par cette expression la capacité de saturatien maximum. Ce qui n'impiiqite d'ailleurs auounemsnt qu'une e^èce penfatomique, comme l'azote, par exwnple, ner puisse pas se combiner avec moin& de ainq. atonies. Ainsi l'azote, qui fixe cinq atomesdansle oUop-

CONSTirOTIDRi BE LA HKTIÈBE. T

bpAtttt d'amiRBOiaque (A^PC]), n'est plus qaB irmtlh M'fw dans ]e gBE &mn«niac (AeH*)^ et iT est senCeiBent «KbOMM^uedaiwlfl bÎDxyde d'azote: Pourplus db elort€,itti vtMtw la dénomination atomicité pour d^gner la'capacité * ntiirationi abeolne^ Les capacités de satorntiDtis inf8rîvwes saort a^ipetées qumttiveiences. Ainsi l'szote est pen- Urtomlque, mais il e&t tnv^nt dans le gaE ammoniac, ete. Ctotte notion d& r&tomioité a jct^ un grand' jour snr la tiBiâii>e intime des oopps et anesi sur le va-et-vient des atomes dans le» diverses combinaisons. Eh' effet, libre on cm&bieé, tout atonie tend' à' se setarar par ranoexion d'anttas atomes. Si, par exemple, un atome tétratnmiqne s'est dombin^' à deux atomes' seulement, il ne cessera db tendre à saturer sa force attractive', il' voudhi User ifemt aMmes encore, Hfci», wne fois ces dieui atomes trouvés, tout autre corps simple' ne pourra plu» se combiner avec notre atome tétratemiqrne, à' moins de déplacer un ou pinaiems de ses ntame», di»' se' stibstitoer à eux. 9î, par exemple, on efflSve ï an carbure dTlydrogfene satnré' un atome d'hydrogènei In mdécale ainsi mutilSe pourra s'unir à un' atome db dHore^ Shis V& dilore est monooto- ^qne, néanmoins H' apB'flserlIii molCcnle complexe- dn carbure appauvri d'un atome d'hydrogène. C'est que cer. tains groupes atomiijnes, certaines molécules, peuvent jouer dans les combinamons le rClle d'un seul atome. Ils sont ce qu'on appelle des radicaux, compotes. Cette notion des radicaux composés a nue iiu^tulaoce majeure dans la • chimie dus substances arganiqves, ainsi appelées parce qu'elles forment en presque totalité l'étoffe des corps vivants. Elle en simplifie extrêmement la complexité apparente. C'est ainsi que, pour Mulder, la formule de l'albumine serait 10 (C'*H"N'0'») + S'Ph. Si l'on se bornait à totaliser des atomes, cette formule donnerait c*'«H'"'N"'0"' + S*Pli, une- molficuîe d'une effrayante complicatiwi ;

8 UVHE 1. CHAPITSE I.

mm, à l'on admet un radical composé, la protéine (C*°H*'N*0'*), se comportant comme dd atome simple, la structure moléculaire de l'albumÎDe bb simplifie énormément; elle se rapproche de celle des composés que nous sommes babllués k rcnconlror dans la chimie dite minérale. C'est vraîsemhlablement aussi k cette notion des radicaux composés qu'il faut demander l'explication de ce qu'on a appelé Yisomérie. Si des corps ayant même composition élémentaire, comme les acides tartrique et paratartrlque, malice et citrique, comme les sucres et les gommes, ont pourtant des propriétés dlfTérentes, il faut vraisemblablement l'attribuer à des difTérences de structure moléculaire, à l'existence, au sein de ces corps isomères, de radicaux composés dissemblables.

11 est une autre notion non moins importante que celle des radicaux composés pour la Tacite intelligence des formules de la chimie dite organique, c'est la notion de l'autosaluration. En effet, l'atomicité d'un corps simple ne s'exerce pas toujours sur des atomes d'espèce différente ; elle peut se manifester entre atomes de même espèce. Les atomes du carbone, par exemple, peuvent se saturer eux-mêmes. Un atome de carbone, qui est tétrato-

mique, — c — , peut s'unir, en dépensant senlement le

quart de son atomicité, avec un autre atome de carbone, qui, lui aussi, neutralisera dans cette combinaison un quart de son énergie attractive; il en résultera donc une molécule hexavalente, c'est-à-dire capable d'enchaîner encore six atomes :

Qu'un troisième atome de carbone s'onisse enBDîle à

D.,-:..Jt,C.OOglc

gonshtotion de la matièhe. 9

cette molécule, on aura alors une molécule octovalente :

EnOn rafIjûDCtion d'un quatrième atome de carbone donnera un composé décavalent :

Cette notion de l'autosaturation a permis de systématiser quantité de faits de la chimie organique, de créer rationnellement des composes nouveaux, déclasser et de sérier des groupes. On lui doit la théorie des alcools, celle des hydrocarbures (1).

Les quelques pages précédentes renferment les principales notions de chimie générale, sur lesquelles nous devrons ultérieurement nous appuyer. Il nous faut pourtant, avant de clore ce chapitre, dire quelques mots de ce qu'on a appelé les eaialytts. Certains corps mis en contact avec d'autres corps déterminent par leur seule présence, et sans prendre aucune autre part aux réactions, soit des combinaisons, soit des métamorphoses, soit des dédoublements. Il semble que, dans ces cas, le corps, intervenant par sa seule présence, mette en jeu une force attractive suffisante pour troubler l'atomicité du corps sur lequel 0 influe, sans néanmoins arriver à se combiner avec lui. Ainsi le platine détermine, par sa seule présence, la combinaison de l'oxygène et de l'hydrogËne, la

(1) Consulter, pour pins de détails, Wurtz, PMotOfMt chimiqat, Chirnit noiiwlto, etc. Naquet, article Atomiodb ( Théorit) de rJTMirclop^dte génirait.

10 LIVRE P. ciAPrraE ii

form^on de l'eau ; il tnuiBfQpnie anssi l'alcecd ax- ae^S» acétique, en délenninant son oxydation.

Ce sont là des catalyses de combinaison.

Les substances albnminoïdes introduites dans l'estomac s'y imprègnent de suc gastrique, su gonflent, et par auitft Ift si^tanoe organique du sac gaabnym- amèina au sein de ces substances aliiawlureauiteinodiQcalii«iiaa^ mérique, qui les rend liquides, absorbables, en un mot, les traosrorme en albuniinose. De mfime, sous riafluence de l'actde sulfurique affaibli, le ancre de canne, la cellulose, les gommes et les fécules se méEamorpbosent d'abord en dextrine, puis en glycose, ou sucre de raisin.

Ce sont là des catalyses isomériqnes.

L'acide hippurique des. urines d'heri)ivore se dédbuble, sous l'influence des mucns allures par l'air, en acide bip"pnrique et sucre de gélatine ou glycocoDe.

C'est 1^ une catalyse dédoublante:

En résumé, l'univers doit Être envisagé comme un tout composé d'atomes dissemblables et ^versement gronpfo suivant leurs affinités. Ces atomes aclil^ sont \h ^nd', \k substance, la raison d'être de tontes choses : ce sont àee géants travestis, suivant l'expression dé Tjndall.

Les divers aspects des corps résultent des divers modes d'agré^tion des atomes constituants.

« Tous les changements qni s'opèrent à la surface db globe sont dus à des combinaisons qui se font ou à des combinaisons qui se défont. » (DUmas, Traita de chimie^

t. vm.}

Tons les phéhomènes chimiques sont donc l'expressisn des combinaisons atomiques et se peuvent ramener à quatre types généraux :

i" Siwjjfi chuiganiQot de structurs molÂculaiTO ou

2* Dédoublement des molécules composées;

Cîooglc

Page 1