CHAPITRE IV D£s GanomoKS g£h£bales de l'accroissement
L'accroissemenl râsulle essenliellemeiit de la prédominance de l'assimilation sur la désassimilation ; c'est dire qu'il ne saurait s'efTectuer sans le concours, la présence immédiate d'une suffisante provision de matériaux assimilables. Mais les éléments anatomiques vivants semblent parfois capables do modlQer profondément, de mëlamorphoser ces matériaux dans une large mesure. Suivant M. Cl. Bernard, les larves de mouches formeraient leurs tissus organisés aux dépens de substances solubles dans l'alcool et privées par conséquent de matières albuminoïdes proprement dites. Pourtant, en règle générale, une certaine analogie de constitution chiitiique est nécessaire entre les diverses espèces d'éléments liistologiqucs et les blaslèmes aux dépens desquels ces éléments vivent et se développent. Si, par exemple, on transplante par greffe animale des éléments anatomiques d'un animal à un autre, l'opération a d'autant plus de chances desuccès que les espèces animales sont plus voisines.
Quiint aux conditions générales de chaleur, de lumière, d'oxygénation, d'alimentation, nous devons encore une fois renvoyer aux chapitres traitant de la nutrition, et nous borner à signaler ici les faits particuliers en rapport direct avec l'accroissement lui-même.
On a prétendu que certains animaux, que certains lissns pouvaient vivre et se développer sans oxygène. Ces faits paradoxaux ne sauraient être accueillis qu'avec une extrême réserve. Ils ont été sans doute insuffisamment observés, - mal élucidés, el rentrent vraisemblablement
CONDITIONS GENERALES DE L'ACCROISSEMENT. 341 dans la loi générale suivant laquelle l'oxygène est indispensable à la nutrition, par suite h la vie des êtres organisés et de ieurs éléments anatomiqnes. C'est bien de l'oxygène que l'on peut dire ce que les anciens disaient de l'air en général, qu'il est le pabulum cUœ.
De même que les.éléments anatomiques végétaux, les . éléments animaux ne peuvent se développer et se multiplier qu'entre certaines limites de température. Il y a, pour le développement animal et végélal, des points thermiques cardinaux qui semblent très-voisins les uns des autres. La température de 30 h. 35 degrés parait être une des plus favorables, puisque c'est celle que maintiennent les animaux à sang chaud, en dépit des variations thermiques du milieu extérieur. Dans ses expériences d'embryogénie, M. Dareste a va que les températures élevées déterminaient constamment d'abord une accélération des phénomènes évolutifs, puis leur arrêt prématuré, d'où le naniame. Au contraire, les températures inférieures ralentissent beaucoup la marche du développement ; elles arrêtent même l'évolution et ne permettent pas à l'embryon de dépasser une certaine période (1),
L'inQuence des saisons se traduit par des résultats analogues. Pour l'homme et pour la plupart des animaux, le maximum de croissance tombe en été et le minimum en hiver.
Si, au moyen d'une couveuse artiCcielle, comme l'a Eait M, D.aresle, on limite l'influence de la source de chaleur à un point déterminé de l'embryon, on peut, en variant la position de l'œuf, déterminer tous les types de monstruosités simples décrits dans les traités de tératologie.
La rapidité des échanges nutritifs, et par suite celle de (I] Exfoii dit Mrei tt dn travaux tcimliliquf* do M. Camille Dareite. Paris, 1868,
Coogk
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l'accroissement, se rattache aussi étroitement à l'abondaoce des liquidée au sein des tissus vivants. Chez les végétaux ligneuï, les llhres vivent d'autant moins qu'elles se durcissent davantage. Les plantes à tissus mous, chargés de sucs, croissent plus vite que les végétaui à tissus denses.
De même, chez les animaux, les éléments histologiques , sont d'autant moins imprégnés d'humidité que l'animal est plus âgé. La libre musculaire d'un jeune animal renfermait 26 pour 100 d'eau ; celle d'un animal adulte de la même espèce n'en comptnit plus que 23,5. Haller, comparant entre eux les divers degrés de cohésion des cheveux humains suivant les âges, trouva qu'à huit ans cette cohésion était représentée par 10, h vingt-deux par 17, à cinquante-cinq par 25 (1).
Le degré de fluidité des éléments anatomiques est d'autant plus grand que ranimai est plus jeune, et la rapidité delà rénovation et de l'accroissement luj est corrélative. D'après les tables de Quételet , l'accroissement de l'homme est de deux cinquièmes la première année, d'un septième dans la seconde, d'un onzième pour la troisième, d'un quatorzième pour la quatrième, d'un quinzième pour la cinquième, d'un dix-huitième durant la sixième et la septième. Il n'est plus que d'un soixante-huitième à dix-huil ans et d'un deux-centième à dix-neuf.
 propos de l'influence avantageuse d'une humidiûcatien convenable sur la croissance, Burdacb fait remarquer que, chez beaucoup d'animaux aquatiques, poissons, ampliibies, cétacés, l'accroissement dure autant que la vie, ense ralentissant seulement graduellement et de plus en plus.
La caractéristique nutritive de la jeunesse est la rapi-
(1) Burdacb, Traité da pht/siologie, t. V, p. 4yi.