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SE LA GÉHÉBATION DANS LES DEDX BÈGUES

L'accroiseement n'est qu'un excès de nutrition, et la génération n'est qu'un eicès d'accroiasement. Accroissement et génération ont pour raison d'être une sTirabond&nce de matériaux nutritifs. Cette surabondance a pour effet, d'abord, de porter- les éléments nnatomiques à leur volume maximum, puis de provoquer la formation d'éléments nouveaux. Tant que l'individu organisé n'a pas atteint tout le développement compatible avec le plan de son Atre, les éléments nouveau-nés restent agrégés aux éléments préexistants ; quand la limite d'accroissement est atteinte, quand il n'y a plus de place dans l'indivitlu organisé pour une nouvelle adjonction d'éléments histologiques, les nouveaux venus se détachent de leur souche organique et constituent de« individus indépendants, qui évoluent k leur tour.

La génération est si bien nn accroissement conlinué, que ses procédés sont ou identiques ou analogues à ceux de l'accroissement. En défmitive, dans l'accroissement, comme dans la génération, ces procédés se ramènent à deux, le procédé de la segmentation et celui de la genèse, qui, d'ailleurs, peuvent s'entr'aider et combiner leur action.

Lu division, scissiparité, fissîparilé, etc., s'observe chez le plus grand nombre des représentants les plus inférieurs des deux règnes. C'est habituellement la division en deux parties qui est alors en usage, la bipartition, tantôt longitudinale, comme chez les vorlicnlles, fantât transversale, comme chezleshydree, lesacalëphes (fig.67). C'est par

DE LA GENERATION DANS LES DEUX RÈGNES. 301 bipartitiou que se produisent les polypiers et que se mulfi tiplient les algues et les champignons les plus humbles.

RioitiAs psr ua sillon médian; C, 1h dam moiUis ■« eout lépiirée* et

A un degré d'organisation plus élevé, ce n'est plas l'organisme tout entier qui se divise. La fonction est localisée. 11 se Torme, souvent par genèse, une cellule spéciale, l'auu/e, chargée de reproduire un individu organique nouveau. Cette cellule commence toujours son travail d'édification organique par une série de bipartitions, par une segmentation, d'où résultent déjà un grand nombre de cellules nouvelles, de briques, qui sont les premiers matériaux du futur édiGce. Mais, d'ordinaire, pour être apte à parcourir son cycle évolutif tout entier, la cellule ovulaire a besoin de recevoir une impulsion spéciale. Elle doit se fondre avec un autre élément anatomique, spécial aussi. L'élément qui se segmente et se multiplie est dit femelle. Celui qui lui imprime l'impulsion évolutive est dit élément mâle, et le procédé d'union est des plus simples, c'est le procédé de conjugaison, dont nous avons précédemment donné un exemple. Les deux cellules arrivent au contact ; l'élément femelle absorbe l'élément mâle, «'en imprègne, et à partir de ce moment il est fétondé et poursuit le cours de son travail formateur. Dans

les deux règnes, partout où il y a sexualité et Técondation, quelle que soit la complicalioa des appareils organiques accessoires, le phénomène fondamental se ramène toujours et partout à la conjugaison de deux cellules avec absorption de l'une par l'autre. Les noms changent; mais le phénomène est essentiellement le même, qu'il s'agisse de l'oosphère et des anthérozoïdes des algues, du sac embryonnaire et du pollen des phanérogames, de l'ovule et des spermatozoaires des animaux. L'oosphère, le sac embryonnaire, l'ovule sont de simples variétés de l'élément femelle, comme les anthérozoïdes, les cellules poUiniques, les spermatozoaircs sont des variétés de l'élément m&le.

Entre les organismes, chez qui la reproduction s'effectue par simple bipartition, et ceux chez qui elle n'est possible qu'après la fusion d'une cellule femelle el d'une cellule mAle, c'est-à-dire après une fécondation, on peut placer les cas de parthénogenèse, dont l'exemple le plus célèbre est la parthénogenèse des pucerons. Ici l'intervention de la cellule m&le n'est nécessaire que de loin en loin. S'est-elle produite une fois, cela sufGt à la formation d'une série d'ovules, auxquels elle ne sera plus indispensable, et la femelle pourra ensuite engendrer sans le concours du m&le toute une lignée de petits. Hais peu à peu le champ de l'évolution se raccourcira pour chaque nouvel ovule; les produits seront de plus en plus imparfaits, de plus en pins incomplets ; enûn la force évolutive des ovules s'éteindra, s'épuisera etleur reviviQcation par une nouvelle imprégnation sexuelle deviendra la condition même de la génération (1).

Chez la plupart des plantes, chez un grand nombre d'animaux inférieurs bisexués, les appareils m&les et femelles sont réunis sur le mÈme individu. Alors l'auto-

[1] Voir Cl. Bernard, Du fiMnomiiut iilatit commiow mue anl- «MU! «I aux erf^Aauii! (flcDiM jdmlMïiw, 1874).

Cîooglc

DE LA GÉNÉRATION DANS LES DEUX RÈQNES. 3S3 fécondation est souvent possible, parfois aussi elle est impossible. Mais, même dans le premier cas, la diversité d'origine des éléments sexuels mAles et Femelles est une condition le plus souvent Favorable, parfois indispensable à la Fécondation. Les observations et les expériences de Sprengel et de Darwin ont démontré que la plaparl des plantes hermaphrodites ont besoin, pour fructider, d'une fécondation croisée. « La Nature, selon l'expression de Darwin, nous dit de la manière la plus évidente qu'elle a horreur d'une perpétuelle autofécondation. »

L'ovule femelle peut être fécondé à divers moments de son évolution, à divers degrés de maturité, et il est vraisemblable, que l'époque de la fécondation a une influence sur la future direction de cette évolution, qui n'a rien de fatal. Nous verrons en effet, plus loin, que des causes perturbatrices, même fort légères, agissant sur l'œuf fécondé, peuvent faire varier dans une trfes-lai^e mesure le développement embryonnaire. Que la production même de l'un ou de l'autre sexe puisse être liée au degré de maturité de l'ovule fécondé, il n'y a là, à priori, rien d'inadmissible.

Giron de Buzapeîngues avait constaté sur des pieds femelles de plantes dioïqnes phanérogames à inflorescence en grappe, que les cellules niàles ou polliniques, alor» qu'elles pieuvaient sur la grappe entière et en Fécondaient tontes les fleurs, produisaient des résultats très-divers suivant le degré de maturité des ovules. Au bas de la grappe, où se trouvent les fleurs les plus avancées, ta Fruc> tiflcation donnait des graines mâles, tandis que les fleurs moins mûres, celles dn haut de la grappe, produisaient des graines femelles.

Partant de celte idée, et supposant que la maturité complète d'un ovule Femelle pmivait être très-favorable à la production du sexe mâle et inversement, M. Tbury, de

3H UVU tV, CHAPITHE U.

Geoive (1863), fit uillir des vaches, tantôt an commence* ment, tantôt à la fin de la période da rut, el il obtint dans le premier cas des veaux femelleB ; dans le second, des veaux mâles. L'expérience fut recomiseocée par un agrODODie Suisse, M. Cornay, qui, vingt-neuf fois sur vingt-neuf cas, réussit ainsi k produire i volonté tel ou tel sexe (1). Ce sont là des faits positifs, que n'infirment pas sufCsamment des oliservations contradictoires, susceptibles presque toutes d'inlerpréEations diFFéruntes, et la question mérite à coup sûr d'être reprise et sérieu- «emenl étudiée. '

Dans le fait précédent, une observation faite sur le développement ovulaire, dans le règne végétal, a pu être étendue et appliquée au règne animal. C'est qu'en effet, à l'on remonte au phénomène primordial de la génération sexuée, on le trouve k peu près identique dans les deux règnes. L'ovule animal et l'ovule végétal sont rigoureusement comparables.

L'ovule animal est une cellule, qui, tout d'abord, ne se distingue de beaucoup d'autres éléments histologiques par aucun caractère observable. Celte cellule se compose esflenliellement d'une paroi enveloppante, d'un contenu protoplasmique, d'un noyau. On a à tort donné à ces ■diverses parties de la cellule ovukire des noms spéciaux, tendant kfaire croire qu'elles représentent des cboses sans analogie, tandis qu'en réalité les différences sont purement virtuelles. La faculté de reproduction, de génération, considérée d'une manière générale, n'est nullement spécialeà la cellule ovulaire. Elle est seulement plus développée, à portée plos longue danst'ovuleque dans les antres cellules.

Quoi qu'il en soit, il est indispensable de connaître les noms donnés par les embryologistes aux diverses pallies ide la cellule ovulaire. La membrane enveloppante, qui est , {!) Cl. Bernard, Im. Ht.

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