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Seule la méthode de greffe cutanée sans pédicule pourrait alors être mise en parallèle avec la méthode italienne. Examinons donc sa valeur et son opportunité.
La greffe cutanée, ou hétéroplastie, quel que soit le procédé particulier que l’on emploie, présente sur la méthode italienne l'avantage de ne pas nécessiter de longs préparatifs ni d’appareils de contention et de ne pas contraindre le patient à une position forcée, toujours extrèmement pénible. Mais les greffes sans pédicule ne sauraient être employées efficacement à la restauration des paupières. Blandin disait même «qu’il y aurait folie » à considérer une telle méthode comme moyen admissible d’autoplastie. Et en effet :
Les greffes épidermiques et dermo-épidermiques de Reverdin et de Thiersch ont pour but d'aider au processus de cicatrisation d’une ulcération étendue et torpide, d’un ulcère variqueux par exemple. Elles paraissent agir en activant la cicatrisation par bourgeonnement, mais ne donnent rien dans leurs résultats qui rappelle une réparation cutanée ; le tissu qui en résulte est fragile, parcheminé. En un mot, on se propose, dans cette méthode, de favoriser la formation d’une cicatrice ; dans les opérations autoplastiques, au contraire, et, pour le cas qui nous occupe, dans la blépharoplastie, on cherche précisément à supprimer le tissu cicatriciel existant pour le remplacer par un tégument sain et souple ayant toutes les propriétés du tissu normal : aucune comparaison n’est à faire entre les deux méthodes.
Nous ferons le même reproche, quoique moins marqué, à tous les autres procédés de transplantation d’un lambeau cutané non pédiculé (de Wecker, Le Fort-Wolfe): ils contribuent à la formation de tissu cicatriciel, rétractile, ce qui est justement à éviter. De plus, les lambeaux utilisés présentent tous un autre grave inconvénient : c’est de subir un processus plus ou moins complet de résorption, de sorte qu’un lambeau taillé par le procédé de Le Fort-Wolfe peut se réduire dans toutes ses dimensions au point de devenir inutilisable. M. Monod, dans un rapport à la Société de chirurgie sur cette
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question (:), considère que cette réduction considérable du lambeau constitue la pierre d’achoppement de la méthode de greffe cutanée, et, dans la discussion qui suivit ce rapport, M. Berger (?) établit une très intéressante comparaison entre une greffe cutanée exécutée chez une femme à la paupière gauche et une blépharoplastie par méthode italienne pratiquée à l’œil droit chez la même malade. La comparaison est toute au désavantage de la greffe : tandis que le lambeau rapporté sur l’œil droit avait conservé toute son étendue et sa souplesse, le lambeau non pédiculé s’était presque complètement résorbé.
En résumé donc, dans une région comme la paupière, où, par suite de la grande mobilité du revêtement cutané sur les plans sous-jacents, celui-ci doit être parfaitement sain et normal, la méthode hétéroplastique n’est pas applicable : c’est donc la seule méthode italienne qu’il convient de mettre en œuvre.
Mais, en dehors des cas que nous signalions plus haut et où nous proclamions la méthodeïtalienne une méthode de nécessité, la blépharoplastie pourra ètre pratiquée par les procédés des autres méthodes: c’est alors ici une question de choix.
Nous ne reviendrons pas sur la greffe cutanée, nous ne parlerons ici que des méthodes autoplastiques: à savoir les méthodes indienne et française.
Celles-ci ont sur la méthode italienne les mêmes avantages que les greffes cutanées, savoir de ne nécessiter ni éducation préalable du membre d'emprunt, ni posilion forcée, ni appareil de contention.
La méthode française mème, ou par glissement, qui ne cause aucune perte de substance, convient à merveille pour les ectropions peu étendus de la paupière inférieure, les cicatrices linéaires qui en résultent étant peu appréciables. Mais quant aux procédés de la méthode indienne, ils déterminent tous sur le visage des cicatrices indélébiles toujours disgracieuses ; et,
(*) Moxo», Bulletin de la Société de chirurgie, 1881, p. 647 et suivantes. (2) Bercer, /bid., p. 681.
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