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de plus, si l'opération vient par malheur à échouer, non seulement le patient n’y aura rien gagné, mais sa situalion sera même pire après qu'avant. « Des gens ayant perdu totalité ou partie du nez, des lèvres ou des paupières, dit excellemment M. le Professeur Berger (1), se sont accoutumés à cet aspect; ils se complaisent encore dans la contemplation de telle ou telle partie de leur physionomie, qui n’a point été ravagée comme le reste; pour peu qu'on y touche, ils sont profondément affectés et ne pardonnent jamais au chirurgien, surtout si l’opération plastique que l’on a tentée ne réussit pas à leur gré, ce qui est fréquent... Les procédés ordinaires de blépharoplastie, dans lesquels on se sert de lambeaux taillés à la région temporale ou à la joue, déterminent des cicatrices qui ne peuvent être dissimulées... Si le résultat laisse à désirer à ce point de vue, même quand l'opération réussit, que dire de ceux où elle échoue et où l’on a le regret d’avoir aggravé les déformations préexistantes! »
La méthode italienne, au contraire, est à l’abri de ce reproche. Elle ne crée pas, à part les deux étroites lignes de suture, de cicatrices au visage, ce qui à une certaine importance au point de vue du résultat esthétique de l'opération, surtout chez un sujet jeune, et à plus forte raison s’il s’agit d’une jeune fille. Seulement elle exige de la part des malheureux patients qui s’y soumettent une telle fatigue et une telle force d'endurance que malgré tous ses avantages, elle est et restera comme opération de choix une méthode exceptionnelle, ne s'adressant qu’à des sujets à la fois extraordinairement dociles et très soucieux de la forme de leurs visages, au point de supporter les pires épreuves pour la conserver. De plus, la blépharoplastie par cette méthode constitue une opération compliquée qu’il n’est pas donné à tout le monde de pratiquer. Mais, une fois effectuée, elle donne des résultats excellents, tant au point de vue de l’intégrité fonctionnelle de l’organe qu'au point de vue esthétique.
(*) Congrès français de chirurgie, 4889, p. 376.
Il est cependant un cas où elle semblerait, d'après Valude (), présenter quelques dangers : c’est après l’ablation d’une tumeur
maligne des paupières; pour cet auteur, en effet, les lenteurs
des préparatifs de l'opération s'accordent mal avec la rapidité d'intervention qu’exige toute tumeur maligne une fois constatée, et de plus, avant de coapter ainsi une partie saine avec une plaie aussi suspecte, le chirurgien doit songer à la répullulation possible du néoplasme, — même après son ablation, — ce qui, en ces circonstances, présenterait les plus graves dangers.
En résumé donc, la blépharoplastie par la méthode italienne . est applicable dans la plupart des cas relevant des autres méthodes. Seulement, ainsi que nous l'avons vu, les difficultés de son application doivent limiter celle-ci, à part de rares exceptions, aux cas où elle est une mesure de nécessité. Dans la grande généralité des autres cas, d’autres procédés opératoires, d’une exécution plus simple, peuvent être avantageusement employés : citons entre autres le procédé par méthode indienne de Denonvilliers, ingénieusement modifié par M. le Professeur Badal (de Bordeaux), et le procédé d’autoplastie oculaire palpébro-palpébrale, à pont transbordé, décrit et appliqué également par M. le Professeur Badal ().
(:) De la restauration des paupières. Gazette des hôpitaux, 1889, CXIV, 1034. () V. Thèse Mapauer, Bordeaux 1903-190#.