AUD; FA
mise en tête des œuvres d'Ambroise Paré : « J'ai regardé comme méritant un souvenir spécial les deux Branca, père et fils, chirurgiens distingués de ce siècle, dont le père imagina une chose admirable et presque incroyable. Il rechercha par quel moyen il referait et remplacerait des nez réséqués et mutilés, et il y réussit de la façon la plus ingénieuse. Au reste, Antoine, son fils, n’ajouta pas peu à la belle découverte du père. Car, outre le nez, il trouva le moyen de restaurer et les lèvres et les oreilles mutilées. De plus, le lambeau que son père découpait, pour tailler le nouveau nez, sur la figure mème du malade, il le prit sur le bras, de telle sorte qu'il ne s’ensuivait aucune difformité sur la figure. Sur le bras disséqué et dans la plaie même, il fixait les restes du nez mutilé en retenant les parties en contact par un bandage étroitement serré, de telle sorte que l’opéré ne püt en aucune façon mouvoir la tête. Passé le quinzième et quelquefois le vingtième jour, il détachait peu à peu le lambeau, qui avait contracté des adhérences avec le nez ; puis enfin le séparait tout à fait du bras et lui donnait la forme du nez avec tant d'art que les yeux pouvaient à peine reconnaitre ce qui avait élé rapporté, et que toute difformité avait disparu. »
Après Antoine Branca, on cite comme un de ses élèves un Sicilien nommé Balthazar Pavone ; puis, au xvr° siècle, on trouve l'opération de Branca transportée à Tropæa, en Calabre, entre les mains d’une famille du nom de Vianeo, Vioneo ou Bojano. Le premier d’entre eux est un certain Vincent Vianeo de Maida, qui eut pour succe$seurs son neveu Bernardin et le fils de celuici, Pierre Bojano, tous deux également de Tropæa, d’où le nom de magia Tropæensium donné à la rhinoplastie, tant cette opération paraissait prodigieuse aux contemporains des Bojani.
Mais tous ces opérateurs, pour si habiles qu'ils fussent, n’ont rien écrit sur les procédés de leur art; plus soucieux de leurs bénéfices que de leur gloire, ils ont au contraire cherché à entourer soigneusement de mystère le secret de leurs pratiques, que quelques rares disciples, seuls, ont pu connaitre. Peut-être Gaspard Tagliacozzi, né à Bologne en 1546, professeur de méde-