A BAS LES FACTIONS : LA NATION
29 février 19J6.
A la bonne heure. « Personne, nous dit le Rappel, n'avait pensé à un complot royaliste. » C'était donc un complot démocratique et républicain que notre confrère patriote craignait d'avoir à subodorer dans celte heure critique où tous les nerfs auraient dû être tournés du côté de Verdun ? c Le collaborateur de VAction frcmraise, ajoute le Rappel, ne peut ignorer jque beaucoup d'ambitions politiques se sont donné cours depuis dix-huit mois. » Hélas ! Mais transcrivons ces justes maximes cinglant tous nos conspirateurs, qu'ils soient rouges ou verts :
Pour notre part, nous n'avons jamais cru à l'avenir d'un impossible complot. 11 n'en serait pas moins cruel de constater que quelques velléitaires auraient pu céder aux sollicitations du démon de l'aventure.
Quand la France, assaillie, verse le meilleur de son sang, espérons que tous les fantômes de luttes civiles se sont évanouis.
Ne faisons à personne l'injure de croire qu'aujourd'hui, pour quelque Français que ce soit, il y ait d'autre cause que celle de la Patrie.
Tout pour la Patrie! Tout pour la Victoire! Nous verrons ensuite que nous avons plus de raisons de nous entendre et de nous aimer que de nous déchirer et de nous haïr.
C'est la vérité même. L'avenir est à la Nation. Les hommes d'un certain tempérament politique sont
faits pour s'entendre sur de telles bases, en une heure comme celle que nous vivons. Mais pourquoi n'en profiteraient-ils pas pour jeter sur ces bases mômes les grandes lignes d'un programme d'intelligente action politique commune?