CE QUI SÉPARE
Des hommes comme les républicains patriotes du Rappel nous sommes séparés (exactement comme, du président de la République) par a toute l'étendue de la question religieuse ». Nous nous sommes expliqués plus d'une fois, et à fond, sur ce sujet, du point de vue « politique national » qui était celui de Rivaroi en 1789 et qui est le nôtre aujourd'hui. Mais il y a un autre fossé, peut-être abîme, dans l'intervalle : c'est le culte un peu forcené de nos confrères pour les hommes et les choses de la Convention.
On ne nous accusera pas du préjugé contraire équivalent. Nous avons plusieurs fois rendu honneur et justice au Comité de Salut public pour son œuvre fiscale et pour sou œuvre militaire. Nous avons même été tentés de lui faire trop large mesure par notre horreur justifiée de la Constituante et de ses libéraux. Mais un bon citoyen prévoyant doit se rendre compte des dégâts de toutes sortes que le fétichisme de la Convention peut coûter à la France. Sans le vouloir, le Rappel d'hier nous mettait en mémoire le plus grave de ces périls ; car, si le Rappel a raison, si l'union s'impose à l'intérieur devant lennemi, il n'y a pas de plus cruel exemple de discorde civile que l'histoire de cette assemblée
A BAS LES FACTIONS : LA NATION. iiO
depuis la mi-septembre 1792, date de sa réum'on, à la fin octobre 1795, date de sa dissolution.