L'ŒUVRE DES CONVENTIONNELS
Sauf les cas de génie particulièrement pénétrants, les lettrés de la première moitié du xix*^ siècle n'étaient pas encore à une place d'où juger avec justice l'œuvre de la Convention. Il est bien curieux que, de nos jours, toute la France intelligente soit en réaction contre la plupart des actes conventionnels loués ci-dessus. Leur conception uniforme de l'unité et de l'indivisibilité est trouvée diviseuse et anarchiste. Le syndicalisme, le fédéralisme, le particularisme professionnel et local remontent de toute part et ils ne remontent qu'au spectacle et à l'expérience des mauvais effets du système révolutionnaire.
Que dire d'un système de législation qui, par exemple, collabore à la dépopulation et qui y collabore non par hasard, ni accident, mais de façon si
directe, de façon si nécessaire que noire natalité va s'abaissant du fait de notre régime successoral! Que dire d'un système qui tend de la même manière à l'antagonisme du capital et du travail^ du patron et de l'ouvrier, de l'employeur et de l'employé? Que dire du môme système s'il livre la vieille France aux nouveaux Français et, en moins de cent trente ans, fait du pays des Droits de l'Homme et du Citoyen le camp de V Avant-guerre et la proie des métèques!
Notez que tout ceci ne louche pas directement à la forme du gouvernement ni à la structure de l'État : un État, cependant, si étendu, si étiré, si accru, si développé à Tintérieur pour toutes les besognes qui ne le regardent pas, mais si mal composé pour ses trois fonctions essentielles (diplomatie, armée, marine) que nous avons été cinq fois envahis depuis que l'État de ce type est constitué parmi nous!... Le Rappel comprend-il que je sois sans admiration devant la singerie de Richelieu et de Louis XIV, qui émerveillait Toussenel?