A VERDUN : L' « ABSENCE DE FIÈVRE
(5 mars 1916.
Voici le moment de demander : qui avait raison, V Action française ou les journaux qui raisonnaient de Verdun comme la Gazette du Rhin et de Westphalie, le journal boche qui, après avoir cite les appréciations de notre excellent collaborateur militaire le commandant Z élevait au ciel des vœux ardents et d'ironiques espérances pour que « la raison et la clairvoyance » finissent par rentrer « chez ces messieurs de ï Action française » ?
On dit en Bochie des bêtises plus fortes encore. On contait, par exemple, dans les Mûnchener Nachrichlen d'octobre dernier que Barres et moi, en l'extraordinaire compagnie de M. Paul Adam, nous nous réunissions près de l'Odéon, dans l'arrière-boutique d'un café « aménagée en tranchée » pour 1' « excitement » du civil et, là, en ses interminables parties de dominos, le nouveau triumvirat faisait de la haute tactique et réglait le sort de l'Europe. Ces gaietés munichoises ont l'avantage de manquer de sérieux. Mais la Gazette du Rhin et les journaux français qui faisaient les raisonnables et les entendus ont fait les sots. L'événement rend justice à la défense de Verdun. Un autre juge compétent, le colonel Grouard écrit :
Il est clair que le premier acte de l'ofiensive allemande s'est terminé en notre faveur.
Quant au terrain perdu, c'est sans importance; si
les Allemands veulent gagaer 4 kilomètres par semaine en perdant 100 000 hommes, ii n'y a qu'à souhaiter que cela continue. Il leur faudrait 500000 hommes en un mois pour gagner 20 kilomètres, et après nous aurions beau jeu....
M. de Bourcet, écrit au Nouvelliste : « Ce qui stu- « péfie les Allenaands en 1916, c'est le calme avec « lequel les armées françaises font face aux exi- « gences d'une situation sérieuse et compliquée. « Cette absence de fièvre, c'est le salut. »