UN DUEL JUDICIAIRE
L'excellente combinaison stratégique de Salonique étant suivie delà menace évidente d'une offensive où tous les alliés auraient combiné leur effort, l'Allemagne a été obligée, obligée par nous, à nous attaquer, pour mettre hors de combat son « principal ennemi ». Et par là, elle a subi, déjà, notre volonté. Mais en la subissant, elle a fondu sur nous avec toutes ses forces.
LA FOI DANS LA NATION FRANÇAISE. m
Elle a donné, par conséquent, à cet assaut le caractère d'un duel judiciaire devant le monde. Et, comme il apparaît de plus en plus au monde, voilà qu'elle s'y brise le front. La France ne recule, dit le Journal de Genève, « que de façon imperceptible », et dans ce recul calculé apparaissent des têtes et des Ames de chefs qui égalent et surpassent ce que la Germanie avait de plus fameux.
Guillaume verra tout ce que son empire compte d'écrivains militaires porter aux nues (et peut-être pas dans la mesure souhaitée par son gouvernement) les vertus militaires de la race française, thème du major Morath au Berliner Tayehlalt:
« Nous coiislatons chaque jour plus clairement que les petits-fils devant Verdun dépassent de beaucoup les grands-pères devant Metz. »
Aura-t-on la naïve faiblesse d'esprit d'avancer que ce sont de simples propos pour nous amadouer et nous détacher de notre alliée anglaise? Alors, pourquoi ces politesses ne sont-elles prodiguées que depuis Verdun ?