‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 131 sur 221 · LA DISCORDE CIVILE · texte numérisé non relu

LA DISCORDE CIVILE

— Si du moins, la paix intérieure y avait gagné. Hélas ! c'est l'ennemi qui nous a mis d'accord. Sa menace nous a réconciliés. Sans lui d'absurdes déchirements menaçaient.... Et ils couvent encore.... Gela est si vrai qu'il se trouve en pleine guerre des écrivains pour glorifier Eugène Jacquet d'avoir préféré la mort sous la balle allemande à la vie obtenue par l'intervention de l'évoque de Lille! Le « Torchon » est, à ma connaissance, le seul journal qui ait produit cette version, et je la tiens pour trop fabuleuse! La vertu, le talent, le dévouement, la haute science d'un Français tel que Mgr Charost, devaient, il me semble, suffire à rendre agréable ou (allons plus loin) tolérable à tout autre Français, une action de lui pour la juste cause de ses concitoyens. Sur le champ de bataille, devant l'ennemi, aucun Français ne repousserait la main d'un Français quel qu'il soit, offerte et tendue pour le secourir. A moins de malentendu atroce ou d'aberration douloureuse, la version du Torchon est insoutenable ; et je ne l'ai pas aperçue dans les comptes-rendus des manifestations de la « Ligue des Droits de l'Homme », et je suppose bien que M. Ferdinand Buisson se fût fait un devoir d'en nier même la possibilité. . Cela n'est pas. Cela n'a pas été. Cela n'a pas pu être. Mais on le dit, et on l'écrit. On le dit, on l'écrit au nom de ces principes de la démocratie qui, selon les propres définitions de M. Marcel Sembat, ont pour effet d'exalter les luttes intérieures au détriment de la défense contre l'étranger. Je le demande à

M. Ferdinand Buisson, comme je le demande aux mânes d'Eugène Jacquet, des héros de l'an II : — Ces façons, façons légales et constitutionnelles, de se ,

regarder avec cette haine farouche entre citoyens ^ créent-elles de bonnes conditions d'existence pour «

la patrie mère commune, pour la patrie terre des pères, où les rejoindront leurs enfants?

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