LEURS POSSIBLES ET LES NOTRES
La tendance historique des Allemagnes à la dissolution, vérifiée dans tous les cas jusqu'à présent, que celte unité se formât sur le Danube ou sur le Rhin, est une de ces données régulatrices. Une autre donnée maîtresse tient à la forme du sol. La forme des Gaules dessine une possibilité éternelle d'unité française, comme la figure contrefaite et biscornue des Allemagnes dessine une difficulté constante et une objection permanente aux desseins d'unification.
Si pour résoudre la difficulté, il a fallu l'aide absurde et le concours idiot de près d'un siècle de fausse politique française, il va sans dire que cette unité, ainsi faite, ne se brisera pas toute seule; il faudra que l'Europe entière y travaille, qu'après les armes, elle y emploie une habile et active diplomatie. Mais la pire des opinions (entendez par là ou la plus paresseuse ou la plus légère, ou la plus perfide), et l'opinion la plus propice au salut des Boches, c'est celle qui, devant l'évidence du magnifique mais dur labeur à entreprendre et à réussir, commencerait par dire qu'il n'y a rien à faire, et que Bismarck, Moltke et leur vieux roi ont ouvré pour l'éternité! Il faudra savoir négocier comme il aura fallu savoir se battre et se bien battre. Mais ni les matériaux ne seront rebelles, ni les conditions hostiles : nous travaillerons au rebours de Bismarck, avec la faveur et le concours de l'éternelle nature des choses. Ce qui est à changer d'abord, c'est l'opinion germanique
L'ÉGOISME SACRÉ A NEW-YORK. If^r.
sur les bienfaits de l'unité, et c'est à quoi travaillent sept ou huit peuples allies, décidés à ne déposer les armes qu'après la défaite du commun ennemi. Est-ce qu'après cela le plus dur ne sera pas fait?