UN NOUVEAU MINISTRE DE LA GUERRE
17 mars 1016.
On vient de lire les lettres qui ont été échangées entre le général Gallieni et M. le président du Conseil. On trouvera plus loin la note d'un organe bien informé, la Renaissance, précisant l'état de santé de l'ancien ministre de la guerre. L'organisateur de Madagascar, le vainqueur de l'Ourcq n'a pas résisté aux fatigues d'une administration que le régime adopté depuis la fin décembre 1914 rend particulièrement difficile : les armées ! les bureaux \. les commissions parlementaires ! les réunions des Chambres ! les conseils du gouvernement ! Tout cela vaudrait la peine d'être simplifié. Ni en haut ni en bas, nous n'avons avantage à gaspiller les hommes. Comme dans la tranchée, économisons-les au pouvoir. Quatre ministres de la guerre en moins de vingt mois d'hostilités, c'est beaucoup, je crois que c'est trop. La leçon serat-elle comprise cette fois ?
La nomination du général Roques a l'intérêt de mettre à ce rude poste un homme jeune, arrivé très jeune au commandement supérieur. Il n'a pas soixante ans. Il a été nommé général de brigade avant d'avoir atteint à la cinquantaine (1900), ce qui, en temps de paix, est naturellement fort rare. Colonial, comme le général Gallieni, il est du génie, comme Joffre, et, comme Castelnau, il est originaire d'une province du midi de la France. On a dit tant de mal de nos pauvres pays de Languedoc et de