‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 150 sur 221 · CENTRALISATION ET DÉMOCRATIE · texte numérisé non relu

CENTRALISATION ET DÉMOCRATIE

L'assistance, rôle naturel de l'État ! e Vous êtes des étatistes, » s'est écrié M. de Lamarzelle. Tous les démocrates le sont. Toutes les démocraties centralisent, maintiennent et accroissent la centralisation. Il y a des démocraties décentralisées mais qui vont se centralisant. Il n'y en a pas de décentralisatrices. L'acte décentralisateur est réservé par définition à la Monarchie. Non seulement, comme le dit très bien M. Charles Briand, dans un fo'rt bel article du Rappel d'hier, « la monarchie peut être plus différenciée que certaines républiques », mais toutes les républiques démocratiques sont animées de cette fatale tendance à l'uniformité étatisle.

Pourquoi? — Barrés, oui, Barrés l'a dit :

Parce que les démocraties — électives — ont besoin, du fait de leur institution, du sou du franc électoral. Le parti au pouvoir veut y rester. Pour y rester, il doit s'assurer de la bourse et de la conscience des électeurs. De là, nécessité de créer des fonctions, d'y mettre des fonctionnaires capables de faire bien voler, voter pour lui.

Supposez qu'on élise une assemblée de libérauxfédéraux : pour éviter, au tour suivant, l'élection d'une assemblée de radicaux centralisateurs, ils centraliseraient tant et plus!

Voilà donc bien vérifiée l'une des théories fonda-

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