LA LETTRE ET LA SAISIE
H avril 1916.
Les chefs socialistes paraissent traverser une crise d'aveuglement tellement rageur qu'il y a peu de fond à faire sur la réflexion dont ils sont capables. On pourra s'en convaincre par le texte de la lettre adressée au président du conseil et que nous reproduisons ci-dessous*. En deuil d'une autorité qui fut réelle et qu'ils ont perdue par l'évidence de leur erreur, ces messieurs ont voulu avoir du galon.
1. Une délégation du groupe socialiste composée des citoyens Barabant, Biacki'. Lafont, Renaudel, Sixte-Quenin, Valière et Varenne s'est rendue, le 8 avril, chez le président du conseil, afin de déposer entre ses mains une superliflcoquenlieuse lettre qui commence en ces termes :
i avril.
« Monsieur le président du conseil,
« Les groupes de droite vous ont interrogé sur les sanctions à apporter contre les propagandes qui peuvent menacer l'union de la France dans le péril de guerre.
« Le parti socialiste n'a pas réclamé — et ne réclame pas — des poursuites contre ceux qui, depuis la guerre, n'ont pas cessé d'affirmer, de continuer, d'aggraver une propagande qui, celle-là, peut vraiment paraître « infâme «, contre la République, qui ne peut pas être séparée de la France, contre les républicains et les socialistes. Mais, puisqu'il plaît à ceux-là mêmes de se lever en accusateurs, nous tenons à remettre entre les mains du gouvernement un dossier des documents les plus caractéristiques distribués à profusion depuis vingt 7nois, et qui ne représentent qu'une faible partie de ce que nous pourrions rassembler encore ».
A cette place le Parti citait un certain nombre d'idées dont il jugeait la propagande incompatible avec l'union sacrée: notamment l'expiation par la guerre et l'origine allemande des idées révolutionnaii'es. 11 ajoutait :
« Nous ne parlons que pour mémoire dune propagande royaliste qui s'affirme avec impudence, spéculant sur notre volonté de ne pas répondre à des polémiques, souvent ordurières, auxquelles, si on parlait du même ton, il ne serait possible de répliquer que par la violence.
« Le Groupe socialiste peut dire que, dans tout le pays, intérieur