‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 200 sur 221 · LES REPRÉSENTANTS AUX ARMÉES · texte numérisé non relu

LES REPRÉSENTANTS AUX ARMÉES

obscur du régime démocratique : les commissaires aux armées ajouteraient des éléments nouveaux à notre pire ennemi de l'intérieur, qui s'appelle le conflit de souveraineté. En Allemagne le grand bienfait de la monarchie est qu'il n'y a pas de doute sur le souverain : c'est Guillaume II. Oui a droit de commander? L'empereur et roi, président héréditaire de la Confédération germanique. Cette définition résout d'avance, par un seul mot impérieux, toutes ces difficultés de principes qui sont mères des autres. Avec nos commissaires, on portera au point aigu, et sur les matières aiguës des opérations, de l'organisation, du commandement militaire la haute, centrale et difficile question : quel est le souverain français?

— La nation, direz-vous? Mais qui'la représente? Le président de la République? Le président du Conseil? Le ministère tout entier? Et s'il est divisé? Le Parlement? Et si la Chambre n'est pas d'accord avec le Sénat?... Ces questions restent dans le vague et dans l'obscur si l'on se borne à les agiter dans quelques couloirs ou dans quelques journaux de Paris. Avec l'institution des commissaires aux armées, elles deviennent précises, elles deviennent pratiques, on les transporte sur le front à cent ou cinquante mètres de l'ennemi....

Je me borne pour aujourd'hui à crier : casse-cou, mais c'est un énorme danger.

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