‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 214 sur 221 · DEVANT L'OUBLI DÉMOCRATIQUE. Ô · texte numérisé non relu

DEVANT L'OUBLI DÉMOCRATIQUE. Ô

lante, la plus fière, la plus souple et la plus active. Or, il reconnaît que de nous-mêmes, démocrates d'une pure démocratie, nous n'avons ni ne pouvons avoir celte politique-là. Il écrit que le traité d'alliance nous imposera notre politique étrangère, notre régime douanier, nos obligations militaires, « tout ce qui est vital » : qu'est-ce à dire, sinon que, sous le pacte fédératif, devenu un simple masque, nous nous trouverons sous le contrôle, disons net : sous le protectorat de l'Angleterre et de l'Italie ?

On pouvait lire de sang-froid des histoires pareilles il y a quelque vingt-cinq ou trente mois, mais, après la Marne, après l'Yser, après Verdun et quand l'univers a tous les jours la preuve de l'immensité des réserves d'énergie et d'esprit politique représentées par le nom de la France, il n'y a plus de place pour ces menues combinaisons ! Il nous faut un gouvernement digne de nous, digne de notre race, digne de nos héros et de tout leur sang répandu. Il nous faut un organisme proportionné à nos devoirs, à nos idées et à notre action dans le monde. Il nous faut l'unité politique, celle dont l'Italien du Risorgimento savait dire en 1860 : « et si vous la voulez royale, royale! » A aucun prix, la France victorieuse et sanglante n'accepterait une confédération qui serait une sujétion! En élaborant son système, je suis bien certain que M. Maurice Hauriou n'en a vu ni les traits réels ni les conséquences pratiques. Il s'est cru dans sa chaire, et il a fait son cours. Mais c'est du cours ues choses que s'occupent les Français qui sont dans la rue.

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