L'ENTERREMENT DU GÉNÉRAL GALLIENL
La pompe militaire était digne de la nation. Je n'oublierai jamais cette belle harmonie du quadruple cordon de troupes couleur de ciel alignées depuis la Seine tout le long de la belle esplanade nue. Soudain ces lignes se mirent en mouvement ; vétérans, jeunes gens commencèrent à défiler à la suite de leurs chefs et de leurs drapeaux : beaucoup de citoyens durent aller au delà du simple sentiment qui leur prenait le cœur, ils comprirent enfin la loi des équilibres éternels auxquels la vie et la mort d'un Gallieni fut vouée.
Les beautés de la discipline consentie étaient naturellement représentées par quelques éléments du monde parlementaire. Le vrai est que cette partie du cortège aura trop ressemblé à un troupeau de moutons. J'ai regretté (ju'il n'y eut ni universitaires ni juges en robe pour montrer que les soldats n'ont peut-être pas le monopole de l'ordre, fût-il quelque peu imposé au for intérieur. Ces réflexions m'ont conduit à me demander s'il ne fallait pas regretter que MM. les sénateurs et MM. les députés n'eussent pas un costume pour les solennités.... Les démocrates me pardonneront cette audace, puisque leurs grands ancêtres en eurent la pensée et que même ils l'exécutèrent.