LES DEUX DISCOURS
On admirera le discours du général Roques. C'est le modèle de cette éloquence militaire nouvelle (et bien ancienne aussi) pleine de choses et qui ne demande qu'aux choses son ornement. Voici le lieutenant-colonel Gallieni au Soudan ;
Déjà, dans son administration du Soudan, apparaissent les grandes lignes de son système, si tant est que l'on puisse appeler « système », un ensemble de conceptions dont la variété et l'à-propos sont les caractéristiques essentielles.
Le souci du lendemain, les ménagements envers le pays et les difficultés spéciales à ces pays lointains, où il faut tirer tout du néant, l'amènent à ces trouvailles « politiques de race >,de < villages de liberté» où sont éduqués et formés, à notre mentalité, les fils de chefs... et combien d'autres innovations, . L'indigène prend conscience de lui-même et de l'utilité de son effort, les voies de communication se créent, les marchés s'ouvrent, le commerce prend naissance : la France a une colonie.
Plus l'exposé libre de tout retour et de tout effet personnel s'attachait simplement à la vérité historique, mieux la brève émotion qui éclate à la fin nous saisit, nous unit aux exclamations de l'adieu :
— Mon général! mon maître!...
M. Mithouard, au nom de Paris, a su glorifier la haute « passion de servir », et très dignement célébrer, en quelques mots qui disent l'Allemagne vaincue et chassée, « toutes les maisons, tous les monuments de cette Cité » dont l'existence est désormais comme < l'ouvrage », comme la nouvelle création du chef qui les conserva à la France.