FAUT-IL PAYER LES PETITS PROGRÈS D'UNE GRANDE RUINE
La critique est possible, les campagnes d'améliorations sont souhaitables et nécessaires à la condition que le résultat ne soit pas d'entraîner, d'autre part, des dommages supérieurs au progrès qu'on veut obtenir. La campagne de Barrés, par les qualités de mesure et de courtoisie que j'ai dites, a obtenu un produit net, un produit pur de toute perte, franc de tout résidu négatif l'équilibrant et l'annulant. Qu'attendre, au contraire, du système des diatribes contre « les états-majors de châteaux » ou inculpant les généraux de pusillanimité, sous prétexte qu'ils n'ont pas été vus dans tel ou tel secleur depuis telle époque, ou criant qu'on ne voit «jue des « petits gradés » là où il y a du danger.
Ces didamations continuelles de l'armée française procèdent toutes de la même méthode : d'un cas exceptionnel, souvent réprimé avant d'être dénoncé, on tire une loi générale, d'application universelle, de manière à détruire partout le respect cl l'estime pour peu qu'ils aient élé relâchés quelque part. Cetlo méthode est celle de tous les ennemis publics, tournés dès leur naii^sance contre les conditions essentielles de l'ordre. Elle sort de l'esprit libéral et démocratique. C'est l'esprit de pure anarchie. On doit vouloir, on peut obtenir des soldats mieux vêtus,
mieux logés, mieux chauflés et mieux protégés. Mais tout cela doit se vouloir et s'obtenir, cela se veut, s'obtient, en fait, sans aucune anarchie. Dans quel intérêt mele-t-on à d'utiles réclamations ce génie diviseur qui satisfait tous les calculs de Guillaume II, expose la France à la ruine, l'armée à la destruction Nous sommes quelques-uns à nous le demander.