LES RESPONSABILITÉS
Si ce n'est pas pure folie, c'est désir de couvrir les fautes que l'on a commises en en imputant do chimériques à autrui. Quand on songe que le philoboche Hervé, qui travailla quinze ans à notre dissolution militaire, sociale et civique, remplissait hier deux colonnes dïnvectives contre les grands cl les petits chefs de larmée, mais qu'en avant de sa diatribe, il cotait froidement qu'un seul point noir pourrait retarder la débâcle allemande : « l'affaiblissement moral de notre armée » ! Que fait le malheureux Hervé, s'il ne travaille pas à affaiblir le moral de cette grande armée? Et que signifie son
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travail d'aujourd'hui, s'il ne tend à faire prévaloir à tout prix le parti contre la patrie, le régime contre la France?
Les chefs politiques dont le passé est grevé de fautes criminelles n'ont pas le droit de prendre à partie un commandement improvisateur et réparateur. Ils n'ont qu'un droit. C'est leur devoir. S'il n'est pas d'aller se cacher et de courir se faire oublier, ce devoir est de s'humilier, de s'agenouiller, de demander pardon à la France pour tant de sang et pour tant de morts que leur légèreté féroce nous a infligés. Les Allemands sont à Noyon? Ils seraient à Paris, à Orléans, à Bordeaux et à Pau peut-êlre, sans JolVre, sans Gallieni, sans Castelnau, sans Foch, sans Dubail, sans Sarrail. Ils ne seraient pas à Noyon si d'immenses erreurs politiques ne leur avaient ouvert le chemin!