‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 3 sur 221 · VI DÉDICACE · texte numérisé non relu

VI DÉDICACE

l'humanitarisme sont d'accord avec funion sacrée? La répression de i' espionnage hâterait la libération du territoire et la victoire définitive. Elle épargnerait des fleuves de sang et de larmes. On pourrait dire : « Daudet exagère » si les Boches ne pullulaient. Ils pullulent^. C'est le fait, tout le crie, tout Vatteste. Pourquoi Us Chambres n'en ont-elles aucun souci? Pourquoi, sauf les frères Delahaye et M. Gaudin de Villaine, pourquoi les Chambres n'abordent-elles jamais ce terrain, ces Chambres qui n'hésitent jamais à se précipiter sur d'autres, sur les plus délicats, sur des terrains où pour un peu de bien, la publicité de tribune et de presse risque de causer une m.ultitude de maux ? »

Et c'est le 2 mars suivant que nous adjurioyis Clemenceau et Hervé de dépenser leur activité patriote, leur ' zèle humanitaire « contre les espions qui nous font tuer beaucoup de monde, gênent nos opérations et causent de cruels retards à la victoire ».

Voilà ce que nous disions alors. Voyez ce qu'on fait aujourd'hui. Nous le disions sans grand espoir. Mais, grâce à Léon Daudet, cette blessure de l'arrière que nous appelions le dernier recours de Guillaume II, la blessure intérieure de la patrie, a fini par être aperçue. Elle est l'objet de soins. Mais est-elle vue tout entière? Oui, il y a l'action allemande à Paris, il y a ses connivences publiques et privées avec la Révolution; il y a le fonctionnaire infidèle, le magistrat qui prévarique et le ministre qui trahit. Mais il y a aussi la cause générale : idées nuisibles, principes faux, institutions faibles ou pernicieuses qui multiplient les conséquences des moindres coups de l'ennemi ou annxdent rapidement nos plus beaux avantages.

Nous n'avons pas craint de sonder cette grande plaie, car nos vues générales éclairent les esprits et ne les troublent pas. Pourquoi? Parce que nous ne sommes pas doctrinaires de la défaite. Paixe que notre devise a toujours été : Périssent les principes plutôt que les colonies!

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