LE PROBLÈME EST D"ÉTAT
M. Deschanel le conteste, il chante môme un hymne à la Constitution de 1875. Et cependant c'est aux vices de ce régime que tout le monde applique sa réflexion aujourd'hui. On sait bien que l'élection de M. Pierre Renaudel à la Commission de l'armée n'est pas ce qui améliorera les rouages, on se doute même qu'elle pourra les détraquer encore ; mais si Maurk-^s. — IV. 4
peu! C'est aux rouages et à leurs rapports que chacun s'intéresse, qu'il soit que^^tion de faire un meilleur avenir ou de juger au net le passé.
Voyez en preuve les Suisses de langue française, sympathiques à la cause des Alliés^ et, s'ils vous semblent trop durs, lisez les réflexions du socialiste Lysis parues dans la Revue de V Enseignement primaire. « Les théories du droit, dit-il, nous apprennent que VÈtat a été inslihtp itour veiller aux intérêts généraux des citoyens et 2iouv assurer la
l. II avait suffi en effet à nos amis de Suisse, de Texpérience de la première année de guerre, pour discerner les conditions dinfériorilé où nous placent, vis-à-vis de l'Allemagne, et l'essence démocratique de notre Étal, et les conditions d'éparpillement, inhérentes à notre coalition' d'États à peu près égaux, et jaloux de leur égalité.
" Il faut aux Alliés avant d'agir, écrivait la Gazette de Lausanne, se concerter entre innombrables anonymes et forger laborieusement une responsabilité grâce au concours d'irresponsables de toute sorte.
Dans la maison d'en face, cependant, un chef qui sait ce qu'il veut a mis tous ses alliés dans sa poche. Ses plans valent ce qu'ils valent, sa volonté vaut ce quelle vaut ; mais il a des plans et il les exécute, il a une volonté et il l'impose. )
Au même moment, le ^Tournai de Genève écrivait de son côté :
Il est évident que, Ipour conduire la guerre, une [volonté unique obéie par tous, constitue une supériorité sur des pouvoirs émiettés. commis à discuter de toutes choses et tenus de se mettre laborieusemenl i'ai-cord avant d'agir.
<• A cet égard, concluait la feuille romande, l'inégalité des Jeus coalitions aux prises saute aux yeux. »
Il n'a cependant fallu rien moins que l'enfoncement du front italie.a, en octobre 1917, pour rendre cette inégalité sensible à,la masse de l'opinion publique chez les Alliés, et pour induire leurs gouvernements à tenter un premier effort d'unification de nos divers États-Majors !
UN PROBLÈME D'KTAT. 51
préservation de l'idée nationale à travers les âr/es. S'il en est ainsi, nous n'avons pas d'État ».
Ces idées que Lysis dalo .le {916, il y a quelque vingl ans que nous les défendons. On s'est beaucoup moqué de nous pour avoir pris lourdement au sérieux le bon mot de M. Anatole France en 1896 : « Nous n'avons pas d'État. » Le voilà endossé par Lysis à son tour en 1910. Tout le monde y viendra.
Question : Croyez-vous qu'une Autriche républicaine et centralisée serait aujourd'hui maîtresse du mont Lovcen? En gucire comme en paix et en paix comme en guerre, l'action politique est œuvre de volonlé. Les lois des volontés heureuses sont toujours les mêmes : unité, liaison, permanence, liberté, secret