PLAIDOYER POUR L'ORDRE
L'Avenir Gourdonnais possède le mystérieux « document » que M. Sébastien Faure « adressa à ses amis », « immédiatement » après sa sortie du ministère de l'intérieur.
« Arrivée » cl salutation :
M. Malvy entreprit alors de me convaincre r-ue, si mon manifeste, très beau, très étudié, très cloquent (c'est lui qui parle), est inspiré par une pensée généreuse et un motif louable : hâter la fin des massacres, il est dangereux et nuisible parce qu'il est prématuré.
Devant ce tribunal imprévu, le ministre expose alors les arguments connus des enfants de six ans au fond de l'Ouganda et de la Mandchourie.
Lui. — La France n'a pas voulu la Guerre. Elle a tout fait pour l'éviter. Elle a été victime d'une agression aussi préméditée que brutale. Aucun des hommes qui sont au Gouvernement n'aurait souscrit à une guerre offensive; nulle alliance n'eîH suffi à "nous y entraîner. Mais, la France attaquée, il était de noire devoir d'appeler la Nation à prendre les armes pour sa sauvegarde et son avenir. Nous avons, mes collègues et moi, assumé devant les citoyens de ce pays de redoutables responsabilités, et ces responsabilités nous imposent des devoirs auxquels nous ne pouvons manquer sans tr?hir, etc. ...
Et M. Malvy développa cette idée avec chaleur, pour en arriver à cette conclusion
« Je vous demande, et c'est dans ce but que j'ai voulu vous voir, je vous demande non pas seulement comme membre du Gouvernement de la Défense Na-
Maubras. — IV. j
6o LES CONDITIONS DE LA VICTOIRE.
tionale, mais encore et surtout comme démocrate et libre-penseur, de cesser en ce moment toute propagande en faveur de la Paix. Je ne vous demande pas d'y renoncer de façon définitive, mais simplement d'en ajourner la mise à exécution. »
Je doute qu'une autorité ait jamais réussi à se faire plus petite,