L'OFFENSIVE DES FACTIEUX
50 janvier 191G, C'EST LA GUERRE
Cette nuit, Talerle, la surprise des zeppelins, et, avant-hier soir, la circulaire de M. Appell, au nom du Secours national, en faveur des Français envahis, qui grelottent de fièvre ou de froid, les pieds nus dans leur terre humide que les malheureux n'ont pas voulu ou n'ont pu quitter, ce sont deux nouveautés instructives : elles avertissent le public distrait de l'arrière que le moment n'est pas encore venu du « tout à la joie », ni même du retour aux petites guerres civiles. Le conquérant, l'assiégeant boche rappelle à la mémoire des distraits leur devoir.
La loi de l'Allemagne est simple. Il faut nous résigner à dépendre de son épée, ou, si l'on met à plus haut prix l'indépendance nationale, il faut nous résigner aux justes conditions de lépée française: discipline et ordre.
Notre armée sera libre des indiscrets, des envieux, des jaloux, des bavards, des espions et des traîtres, ou notre pauvre armée.... Je n'achève pas l'hypothèse, mais j'ai le droit, j'ai le devoir de dire que notre armée est clairement visée dans sa force par les Allemands de l'intérieur.