EXERCICE ET DISCIPLINE : LES ASSASSINS
Un vieux soldat, capitaine de chasseurs à pied, nous écrit que Tcxercice n'est si décrié des anarchistes amateurs, provisoirement désœuvrés par la guerre, que parce qu'il n'y a pas de plus grande école de discipline :
En faisant colonne dans le Sud algérien comme souslieutenant, en exécutant des marches en forêts montagneuses comme capitaine, j'ai remarqué, toutes lesfois qu'on avait passé 15 à 20 jours sans exercice, sans maniement d'armes surtout, que l'indiscipline montrait le nez et les punitions augmentaient. Au bout de deux jours de manœuvres strictes, vigoureuses, serrées, tout rentrait dans l'ordre et les punitions redevenaient rares.
Cela ne signifie nullement qu'il faille abrutir les troupes de travaux et d'efforts inutiles. Cela signifie qu'il ne faut pas abrutir les chefs de reproches inconsidérés, ni diminuer leur autorité de façon dangereuse.
Une troupe exercée et disciplinée sur un seul mot, sur un seul geste, se précipite au lieu voulu, dans la formation voulue, soit pour éviter un danger pressant, soit pour s'emparer d'un point, soit pour en secourir un autre. La discipline et l'exercice servent à ne pas se faire tuer bêtement. Les prêcheurs d'anarchie répandent une doctrine de mort. Leurs premières victimes, avant l'armée, avant la patrie française, seront les malheureux enfants qui les auront écoulés. Nous n'aurons aucune pitié pour les assassins.